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[Fic]L\'Avènement des Dieux, Rebirth
heart earth
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[Fic]L'Avènement des Dieux, Rebirth posté le [01/07/2019] à 18:48

Chapitre 12 : Affrontement titanesque



Spoiler :



Nous avions perdu. Nous ne pouvions pas vaincre cette créature. Personne ne le pouvait. J’étais résigné. J’allais mourir ici, en même temps que ces milliers de gens innocents, sans avoir rien accompli, sans savoir pourquoi j’étais ici, sans avoir pu retrouver mon monde…

Pourtant, alors que j’avais accepté l’idée d’une fin imminente, je voyais Angéla à côté de moi, le regard brillant de peur… mais également d’une détermination sans faille.

Shadow, malgré l’explosion et les flammes qui l’encerclaient, restait parfaitement calme. Il n’avait pas subi une seule égratignure malgré sa proximité avec le serpent divin et seule la haine se lisait sur son visage.

« Alors ce n’était pas du bluff…Tu as vraiment réussi à trouver un dieu…Rugit Shadow.

-Exactement, et tu vas être le premier à subir sa fureur de plus de dix mille ans ! En avant Apophis, Anéantis Shadow ! Chaos Venom ! »

De la gueule de la créature s’échappa un liquide violet qui fusa vers l’ennemi d’Hélios. D’un claquement de doigt, ce-dernier se protégea d’une barrière d’énergie. La salve de venin rebondit sur cet écran sombre et fut déviée droit vers les spectateurs sans défense.

Réagissant au quart de tour, Angéla claqua une Shungite sur le sol et, pendant que les morceaux de pierre noire s’éparpillaient, la jeune fille fut enveloppée par une énergie colossale. Ses cheveux se dressèrent sur sa tête, son manteau se mit à voler derrière elle tel une longue cape beige, ses yeux bleus s’illuminèrent d’une lueur intense et dans ses mains apparurent deux sphères d’énergie dorée.

« Perfect Shield ! »

Un mur de lumière se dressa tout autour du champ de bataille, protégeant les spectateurs du venin mortel. Et mortel était un faible mot. Car à peine le poison eut-il touché le sol que la terre se mit à brûler et disparut purement et simplement, ne laissant derrière elle qu’un cratère fumant et dénué de vie.

Je déglutis. Sans la réactivité d’Angéla, des milliers d’innocents auraient péri en une fraction de seconde…

Ne se laissant pas impressionner, Hélios ordonna à son reptile de repasser à l’attaque immédiatement. Le colosse se jeta sur Shadow et réduisit en poussière son bouclier d’un simple battement de queue.

Le chef ennemi fut projeté en arrière avec une violence inouïe mais utilisa la limitation du terrain pour rebondir et retomber sur ses jambes avec légèreté.

« Encore…Tu détruis encore tout sur ton passage dans l’espoir d’atteindre ta cible…Cela ne m’étonne même pas de toi, Hélios…Cracha l’homme avec mépris.

-Allons, ne joue pas au justicier entre nous, Shadow, ricana le roi d’un calme tel qu’il me donna des frissons. Ne te l’ai-je pas déjà dit ? Nous partageons des objectifs communs. Alors…

-Silence ! Rugit l’homme au manteau sombre. Tu es celui qui m’a fait ouvrir les yeux sur ce monde, Hélios…Alors pour cette raison, tu vas être le premier à subir ce que je réserve au reste de l’humanité ! »

Lorsqu’il prononça ces mot, l’œil droit de Shadow se mis à briller d’une lueur inquiétante. Tout son corps luisit d’une inquiétante lumière noire et l’air se mit à tourbillonner tout autour de lui.

Le serpent divin tenta de repasser à l’attaque mais le poison fut comme absorbé par cette aura de ténèbres, sous le regard effaré du roi fou.

« Hélios. Sache que tu n’es pas le seul à avoir obtenu un Spiritual Divin !

-Ridicule, un misérable comme toi ne peux avoir…

-Chers Spectateurs du monde entier, observez. Observez la chute du seigneur soleil d’Héliopolis…Et soyez témoin de l’avènement de Shadow ! »

Une onde de choc balaya le stade. La barrière d’Angéla, qui avait survécu miraculeusement aux assauts d’Apophis, se fissura et mon amie grimaça.

« Nourris-toi de la lumière qui t’a donné naissance et renvois ce monde aux ténèbres originelles. Je te libère de ta prison éternelle, Darkness ! »

Le sol devant Shadow se fissura et une lumière noire en sortit. Apophis siffla furieusement mais même lui recula d’un mètre lorsqu’une immense patte noire et griffue sortit des entrailles de la terre. Puis une deuxième, deux ailes immenses et enfin une tête.

Un immense Dragon de pierre noire s’éleva au milieu du stade en proie aux flammes. Il se tenait sur ses pattes arrière. Son regard, rouge, était encore plus maléfique que celui d’Apophis. Ses cornes, il devait en avoir cinq, étaient aussi tranchantes que des couteaux. Comparé à Apophis, il était minuscule mais cela n’empêchait pas le colosse de continuer à reculer et à siffler furieusement.

Lorsque le reptile ailé poussa un rugissement à déchirer les cieux, la Shungite qui se trouvait dans ma main vola en éclats et le regard de Darksky passa de l’incompréhension à la terreur.

« Un Spiritual…Composé de Shungite pure…Murmura-t-il, interdit.

-Tu…Tu es sûr de toi ? S’étrangla Angéla. La Shungite n’est qu’un prototype créé par Violet ! Comment Shadow…

-Non…La Shungite de Violet…N’est qu’une réplique…Une réplique des pierres composant le noyau d’Izrath…Une réplique du pouvoir de Noun…

-Noun…Tu veux dire…Le Spiritual Originel ? Répéta la blonde, livide.

-C…C’est terminé…Nous ne pouvons pas lutter contre ça… »

Tous ces noms ne m’évoquaient rien mais à en juger par les réactions de mes deux partenaires, la situation, déjà catastrophique, venait de virer à l’enfer sur terre. Et le regard d’Hélios ne faisait que confirmer mes craintes. Pour la première fois, je pus lire de la peur dans les yeux du roi.

« Shadow…quelle est cette abomination ?

-On fait moins le fier maintenant ! N’oublie pas qui je suis : Shadow, l’émissaire du démon originel ! Tu n’es rien face à moi, rien du tout !

-Silence ! Tu n’es qu’un misérable Shadow ! Tu veux vraiment que je crois que tu as été élu ? Laisse-moi rire ! Je suis le seul et unique maitre de ce monde et je vais le prouver devant le monde entier !

-Viens, je t’attends, Hélios ! »

Alors que les deux titans se jetaient l’un sur l’autre, ma sœur qui était restée silencieuse jusqu’ici, saisit le sceptre Héqa dans ses mains et immédiatement, le pendentif brilla d’une lueur aveuglante. Le corps translucide de Théa se matérialisa physiquement à mes côtés tandis que l’artefact grandit jusqu’à avoir la taille réelle du bâton emblématique des pharaons.

« Moi, Théa d’Héliopolis, t’ordonne de te montrer et de protéger ce monde des forces obscures qui le menacent ! Descends sur terre, Osiris !

Alors que ma sœur brandissait le sceptre vers le ciel, une lueur bleutée illumina les ténèbres et entoura le stade, venant renforcer le bouclier protecteur d’Angéla.

Un instant plus tard, les pouvoirs de mon amie s’évanouirent et elle posa un genou à terre, à bout de forces, tandis que la barrière érigée par Osiris absorba l’attaque ayant eu raison de la protection de la jeune fille.

Dans les gradins, la panique continuait à semer le Chaos parmi les spectateurs alors que les hommes d’Hélios bloquaient les sorties. Et bien que des membres de la fédération Ether caché parmi les civils aient entamé le combat avec eux, la situation n’évoluait pas. Les hommes d’Hélios résistaient sans broncher aux assauts des employés de Violet, débordés par le nombre et par la panique qui les empêchait de se battre pleinement.

« Reflect Tornado ! »

Darksky sauta devant moi et, utilisant ses propres pouvoirs, dévia une rafale de flammes noires prêtes à s’abattre sur moi.

« Bon sang, nos chances de victoires sont déjà quasi nulles, ce n’est pas le moment de t’endormir Drago ! Me Hurla-t-il.

-Mais…Que pouvons-nous faire ? La situation nous a totalement échappé…

-Meurs ici si tu le souhaite Drago, mais moi, j’ai encore des choses à accomplir, des gens à retrouver, des proches à sauver… Alors si tu es résigné à mourir, très bien mais ne te mets pas en travers de ma route ! »

Ni Hélios, ni Shadow ne semblèrent remarquer notre intervention. Leurs deux monstres continuaient à s’échanger des coups, plus violents les uns que les autres. Apophis enroula son long corps tout autour de celui de Darkness et tenta de l’écraser sous la pression. A ce moment-là, des craquements sourds se firent entendre tandis que de minces filets de lumière blanche s’échappèrent du corps du dragon de pierre.

« Tout le monde, à T… »

Je n’eus pas le temps de terminer ma phrase que mon intuition se confirma. Une explosion sourde. Une lumière aveuglante. Une chaleur inimaginable. Une tempête de poussière et de terre. Un champignon atomique.

« Time Skip. »

A ce moment-là, le temps s’arrêta. Tout se figea autour de moi. J’ignorais si j’étais le seul à avoir encore conscience du monde mais j’étais incapable de faire le moindre mouvement.

Soudain, alors que le temps ne s’écoulait plus, quelqu’un apparut au milieu de la pelouse dévastée, à la source même de l’explosion.

Avec la distance, je fus incapable de distinguer son visage, dissimulé derrière un masque d’ébène. Cette personne était habillée d’une longue robe sombre de style médiéval, fendue de lignes rougeoyantes. Dans son dos, une longue chevelure sombre flottait au gré du vent inexistant pour moi tandis que, dans sa main gauche brillait une épée dorée.

Lentement, la femme s’approcha de la bombe vivante et posa sa main dessus.

« Ceux qui tentent de modifier l’histoire…doivent-être supprimés de l’histoire. Gardez cela en tête, Hélios, Shadow. »

Une nouvelle lueur aveuglante s’échappa de cette personne… et le temps reprit son cours…Ou presque. En un clignement d’œil, l’explosion qui aurait dû raser le stade, et peut-être même la ville, s’était volatilisée.

Je tombai au sol, abasourdi. Des deux colosses, il ne restait plus rien qu’un stade en ruines. Hélios et Shadow eux-mêmes semblaient choqué de la tournure que venaient de prendre les événements.

« Qui…Qui était cette personne…Bégayai-je.

-Qui ça ? S’étonna Angéla.

-Elle ! Là, sur le stade, la femme qui a arrêté… »

Je m’arrêtai net. Il n’y avait plus personne. L’étrange femme s’était volatilisée de la même façon qu’elle était apparue. Non, je n’avais pas rêvé. Il y avait quelqu’un !

« Théa, tu l’as vue toi aussi ! Dis-moi que tu l’as vue !

-L’explosion…Elle a disparu…Mais comment… »

Etais-je en train de devenir fou ? La peur m’avait-elle fait délirer ? Personne d’autre que moi n’était-il resté conscient pendant l’arrêt du temps ? je ne comprenais plus rien…

Lentement, la barrière érigée par Osiris se dissipa et finalement, la fédération Ether réussit à repousser l’ennemi. Le public s’enfuit sans demander son reste et bientôt, il ne resta plus que nous dans les ruines du plus grand stade du pays.

Hélios et Shadow se retirèrent également sans ajouter un seul mot. La destruction de leurs Spiritual les plus puissants semblait les avoir grandement affectés. Nous aurions pu nous lancer à leur poursuite à cet instant précis mais aucun d’entre nous n’avait la foi de se battre.

Nous n’étions pas prêts. Je n’étais pas prêt. Je le savais depuis mon arrivée ici… Mais voir ces créatures divines s’affronter… venait de me faire réaliser le fossé…non, l’abime qui nous séparait, Hélios et moi.

Et pourtant, je ne comptais pas abandonner malgré la peur qui me nouait le ventre. Au contraire, je n’étais que d’autant plus déterminé à arrêter ces deux cinglés.

Car cette journée m’avait fait réaliser une chose. Ce monde était le mien. J’ignorais s’il était possible pour moi de retourner un jour dans mon monde d’origine… Alors que je le veuille ou non, ma place était ici désormais. Je devais protéger…mon nouveau chez moi.






http://forum.duelingnetwork.com/index.php?/topic/157103-the-wrap-up-red-lust-circuit-series-miami-edition/#entry2134192
le bon temps…

heart earth
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[Fic]L'Avènement des Dieux, Rebirth posté le [01/07/2019] à 23:49

Chapitre 13 : mensonges et vérité…



Spoiler :



Alors que tout le monde était encore sous le choc de l’affrontement des deux titans, je me précipitai vers l’endroit que Shadow venait de quitter. Comment Laura pouvait-elle s’être alliée à un homme tel que lui ?

Sans notre intervention, le stade entier aurait été détruit, et les spectateurs avec. Et malgré cela, mon ancienne amie n’avait pas levé le petit doigt pour l’arrêter. Elle s’était contentée de regarder calmement, sans même prêter attention aux cris de terreurs et aux pleurs des enfants, prisonniers de cet enfer.

Il me fallait des réponses et ce que m’avait dit Laura ne me satisfaisait pas. Personne ne peut changer à ce point. Je connaissais Laura et elle aurait été la première à tenter de mettre fin à ce combat par ses propres moyens, même si sa vie était en jeu.

Je ne pouvais tout simplement pas concevoir que mon amie d’enfance soit morte, laissant place à cette personne froide et dénuée de sentiments. Il fallait que je découvre la vérité cachée derrière toute cette histoire.

Cependant, alors que j’étais perdu dans mes pensées, cherchant un moyen pour aborder le sujet en finesse, je me heurtai à deux hommes encapés qui se retournèrent et me lancèrent des regards assassins.

Evidemment, les hommes de Shadow…J’avais presque oublié leur présence, étant concentré uniquement sur Laura.

« Eh, le microbe, fais un peu attention où tu mets les pieds, pesta le premier.

-Heureusement que nous sommes de bonne humeur, sinon on t’aurait déjà mis une bonne raclée, enchaina l’autre.

Je soupirai. Je n’étais pas d’humeur à me disputer avec deux ratés dans leur genre. J’étais venu dans le seul et unique but de parler à Laura et faire la lumière sur tout ce qu’elle m’avait dit, je n’avais pas de temps à perdre avec eux.

Les ignorant totalement, je les bousculai afin de me frayer un passage mais une main puissante me retint par le col.

« Eh, on essaie d’être poli avec toi le microbe, la moindre des choses serait de nous respecter un minimum ; protesta le plus grand.

-Je pense qu’une bonne correction pour monsieur « je me fiche de tout » serait la bienvenue, ricana l’autre en faisant craquer ses doigts.

-Je n’ai vraiment pas le temps, soupirai-je en me défaisant de leur prise d’un seul geste. «

Cela eut l’air de les contrarier encore plus que je me sois dégagé aussi facilement alors qu’ils s’apprêtaient à me donner une leçon, mais j’avais vu bien pire avec Hélios. Ces deux gars n’étaient que de la rigolade, une perte de temps tout au plus.

Mais alors que je sentais qu’ils allaient me sauter dessus, une voix les interrompit dans leur élan et ils se figèrent aussitôt.

« Laissez, je m’occupe de cet idiot ; déclara la nouvelle venue.

-A vos ordre mademoiselle Laura ! Répondirent les deux gaillards d’une seule voix avant de se retirer. »

Une fois encore, je me retrouvai face à face avec Laura et je fus à nouveau pétrifié par son regard aussi froid que la glace.

Une fois que ses deux sous-fifres eurent disparu, mon ancienne amie croisa les bras sur sa poitrine et me dévisagea avec mépris.

« Qu’est-ce qui cloche avec toi Michael ? Finit-elle par déclarer. Y a-t-il quelque chose que tu ne comprends pas dans « adieu » ?

-Exactement, il y a bien quelque chose qui m’échappe : comment cette petite fille que j’ai connue à ce tournoi peut-elle me dire adieu sans sourciller ?

-Tu n’as toujours pas saisi ? Tu es décidément bien lent à la détente mon pauvre : cette fille est morte et ne reviendra jamais. Je ne suis plus que haine et destruction, c’est tout ce dont je suis capable après tout, blesser mes proches…

-Si tu dis ça, pourquoi ne m’as-tu toujours pas tué ? Pourquoi continues-tu à m’écouter ? Pourquoi essaies-tu de me raisonner ? Ripostai-je. »

Laura détourna le regard en grimaçant. Apparemment, je venais de toucher un point sensible, mais cette faiblesse venait de me confirmer ce que je pensais : mon amie d’enfance était toujours présente quelque part. Il suffisait juste de la faire ressortir.

« Que veux-tu exactement ? Finit-elle par dire dans un murmure.

-Je veux simplement comprendre ce qui est arrivé à mon amie.

-Un dernier regard en arrière vers ce passé que j’essaie d’oublier ? Je peux bien t’accorder cette dernière faveur comme cadeau d’adieu, en souvenir de ce que tu as été pour moi… »

Laura me tourna le dos et me fit signe de la suivre. J’obéis sans poser de question, voyant uniquement cette occasion qui se présentait à moi et que je devais saisir à tout prix si je voulais avoir une chance de revoir mon ancienne amie.

La jeune fille marcha au milieu des ruines du stade, dans un long couloir dévasté par le combat entre les deux divinités, jusqu’à une petite porte proche de l’entrée du stade que je n’avais pas remarquée en arrivant et entra à l’intérieur de la salle.

La pièce n’était pas très grande. Il n’y avait aucune fenêtre et la seule source de lumière provenait d’une lampe qui pendait du plafond. Contre le mur en face de moi, des dizaines de livres poussiéreux s’entassaient, ainsi que de nombreuses boites tandis qu’au centre se trouvait une petite table en bois et deux chaises.

Au début, je pensais qu’elle m’avait simplement amené dans un placard à balais pour pouvoir parler sans être dérangée, mais je changeai rapidement d’avis en voyant la porte disparaitre purement et simplement lorsque Laura la referma derrière moi.

« Ne pose pas de questions dont tu ne comprendrais pas la réponse, lança la jeune fille avant même que je n’aie eu le temps de dire un mot. »

Elle s’assit sur l’une des chaises et m’invita à prendre la seconde. Cela me faisait étrange de me retrouver à nouveau en face d’elle comme lorsque nous mangions ensemble dans la salle de classe et Laura dut avoir la même pensée que moi car elle passa lentement ses doigts sur la table poussiéreuse, regardant dans le vide, comme si elle nous revoyait, quatre ans auparavant.

« Alors Laura, raconte-moi, que s’est-il passé après ton départ ?

-Tu m’obliges à me souvenir de choses que je préfèrerais oublier, tu es vraiment cruel tu sais…Mais si cela me permet de tirer un trait dessus, je veux bien me remémorer une dernière fois.

-Laura… »

Mon amie prit une grande inspiration et commença son long récit que j’écoutai attentivement, prêtant attention au moindre détail qu’elle évoquait, dans l’espoir de déceler la raison de son changement brutal.

« Lorsque nous nous sommes installés en Angleterre, je pensais pouvoir repartir à zéro, me construire une nouvelle vie sans oublier ces jours que nous avions passés mais c’était impossible. J’avais beau me plonger corps et âme dans la musique avec mon partenaire…J’étais incapable de donner le meilleur de moi-même…et j’ai finalement échoué…Par ma faute, parce que je n’étais pas pleinement concentrée, parce que je pensais à un passé révolu au lieu de penser au présent, nous avons échoué en finale…

-Tu…Tu as échoué…par ma faute ? Bégayai-je interdit.

-Oui. J’étais incapable de jouer une note sans penser à ce que tu aurais pensé de moi, sans me demander si tu aurais aimé, sans craindre d’oublier tout ce que nous avions vécu si nous réussissions, lui et moi…Je ne voulais simplement pas…tourner la page… »

Je restai sans voix. Moi qui pensais qu’elle aurait fini par m’oublier et que j’étais le plus sentimental, je me trompais lourdement. Jamais je n’avais réalisé à quel point Laura tenait à moi tant j’étais aveuglé par le simple fait d’avoir enfin trouvé une amie sincère.

« Il ne m’a jamais pardonné, reprit mon amie d’une voix triste et mélancolique. Alors nous avons coupé les ponts et je me suis isolée. Je n’avais plus d’ami avec qui parler. Plus de compagnon avec qui rire. Plus de confident devant qui pleurer. Je n’avais plus que ma propre famille à qui je ne pouvais parler de mes problèmes par pure fierté. Et alors que je m’étais enfermée dans mon cocon, j’ai été ramenée à la réalité le jour où la brute de l’école, John m’a provoquée en combat, en détruisant ce à quoi je tenais le plus. »

L’expression de Laura se durcit se je vis son poing se resserrer, comme si elle se retenait de laisser exploser une rage enfouie depuis plusieurs années.

« Ce qu’il a fait…Jamais je ne lui ai pardonné, et toujours pas aujourd’hui. Je ne pouvais tout simplement pas laisser passer ça, alors j’ai accepté et je l’ai affronté, guidée uniquement par la rage et la haine que je lui vouais et c’est là que tout a basculé… »

Le ton de Laura changea et je pus discerner à présent comme de la peur de sa voix, ainsi que des regrets et de l’amertume.

« J’ai laissé exploser toute ma colère…et…Je l’ai blessé…Grièvement…Il s’est écrasé contre la tour de big ben…et là…J’ai souri… »

Mon amie s’était mise à trembler de tous ses membres et croisait les bras comme quelqu’un essayant de se réchauffer en hiver.

« J’avais tellement honte de moi…Et j’avais si peur…Qu’avais-je fait ? Quel genre de monstre étais-je devenu pour me complaire dans la souffrance des autres ? Comment avais-je pu me laisser aveugler de la sorte par la rage et la haine ? Se demanda-t-elle à elle-même, oubliant totalement ma présence, quelques larmes commençant à couler sur ses joues. »

Même si je n’avais pas été à ses côtés à ce moment-là, je comprenais exactement le sentiment qu’elle éprouvait. Alors que je n’étais guidé que par la rage, j’avais moi-même éprouvé cela lors de mes premières missions…

Je voulus lui attraper la main pour la réconforter, ne voyant en face de moi que cette petite fille qui n’arrivait plus à se comprendre et qui se détestait d’avoir blessé son camarade. Mais, alors que mes doigts frôlèrent les siens, Laura se reprit et redevint aussi distante.

« Désolée, je me suis encore laissé emporter ; reprit-elle en évitant mon regard.

-Tu n’as pas à t’excuser, au contraire ; lui répondis-je, heureux d’avoir revu mon ancienne amie quelques brefs instants.

-Mais après cela, je… je me suis enfuie de la maison. »

Un temps d’arrêt. Laura avait marqué un temps d’arrêt. Essayait-elle de se souvenir de cet épisode flou de sa mémoire…ou tentait-elle de me dissimuler quelque chose d’inavouable, même à moi ?

« Pour aller où tu me demanderas ? Reprit-elle. Je n’en avais pas la moindre idée. Je voulais simplement partir loin, très loin, le plus loin possible pour ne plus blesser ceux qui m’entouraient. Combien de temps ai-je marché ? Des jours ? Des semaines ? Des mois ? Je n’avais plus aucune notion du temps, je voulais simplement fuir toute civilisation. Mais comme tu t’en doutes, une enfant n’est pas faite pour voyager seule, et je sentais mes forces diminuer de jour en jour et heureusement pour moi, je fus recueillie par de vieilles connaissances qui m’hébergèrent et prirent soin de moi. Ils étaient si attentionnés…Je les considérais presque comme ma nouvelle famille. »

Laura marqua une pause et leva les yeux vers le plafond, un léger sourire sur les lèvres, un sourire qui me fit chaud au cœur, le premier que je voyais sur sa figure depuis nos retrouvailles. Certes, il ne m’était pas adressé, mais il me confirma que Laura n’était pas celle qu’elle prétendait être. Une part de mon amie d’enfance vivait encore à travers elle.

« Je leur ai promis de revenir les voir un jour…Murmura-t-elle. Mais quoiqu’il en soit, j’ai repris ma route jusqu’à arriver dans une région reculée. Elle ne figurait sur aucune carte routière et je n’avais jamais entendu parler d’un tel endroit malgré sa beauté. Je m’en souviens parfaitement : une vaste prairie s’étendant à l’infini, un petit fleuve la traversant, le tout entouré par une épaisse forêt impénétrable. J’en suis même venue à me demander comment j’avais atterri là. »

Laura plongea à ce moment ses yeux verts dans les miens. Ils dégageaient une telle tristesse et une telle solitude que peinais à soutenir son regard sans broncher.

« Quatre ans. Cela faisait quatre ans que nous nous étions quitté mais ma blessure était toujours aussi profonde dans mon cœur. Et c’est là qu’il est apparu, l’homme que tu connais sous le nom de Shadow. Il m’a fait réaliser la futilité des rêves et leur fragilité et comme pour confirmer ses paroles, j’eus une vision au même moment. »

Je déglutis et une goutte de sueur perla sur mon front. La solitude du regard de Laura venait de se muer en haine farouche à mon égard et je voyais qu’elle faisait tout pour se retenir de m’étrangler sur le champ.

« Je t’ai vu, toi, dans un souterrain, aux côtés de cette fille blonde. Tu la tenais dans tes bras alors qu’elle dormait paisiblement sur tes genoux !

-Qu’est-ce que…Attends Laura, tu te méprends…Cette fille, c’était…

-Tu m’avais promis Darksky…tu m’avais promis d’attendre mon retour…Et pourtant…Pourtant…Tu as… »

Des larmes se mêlèrent à la colère de mon amie. Tout cela était si stupide et tout était de ma faute ! Mais…même si tout jouait contre moi, Laura se trompait et il fallait que je lui fasse comprendre. C’était peut-être ma seule et unique chance de tout arranger.

Cependant, contre toute attente, son attitude changea brutalement et elle se mit à rire nerveusement.

« J’ai vécu toutes ces années avec comme unique objectif de te retrouver un jour et en une seconde, pendant que j’avais le dos tourné, tu as brisé tous mes rêves Darksky ! S’écria-t-elle en abattant son poing sur la table. Shadow a raison, il est inutile de s’accrocher à un idéal, tout ce qui compte est l’instant présent. Il ne suffit pas d’espérer pour atteindre un but, il faut tout faire pour le réaliser, quels que soient les sacrifices nécessaires ! »

Laura se leva brutalement de sa chaise et, ne m’y attendant nullement, je tombais de la mienne. Je frissonnai en voyant le visage fou de Laura au-dessus du mien.

« Michael, sache que depuis ce jour, j’ai trouvé un nouvel objectif grâce à toi ; déclara-t-elle avec une voix lente et un sourire fou.

-Attends Laura, écoute moi je t’en supplie, je peux t’expliquer…

-Encore et toujours sur la défensive ! Tu sais que le fait que tu tentes de te justifier ne fait qu’amplifier ce sentiment de haine et de mépris que j’ai envers toi et ces sentiments que je croyais vrais ?

-Mais tu vas m’écouter à la fin ! Cette fille que tu as vue, oui, elle était dans mes bras, oui tout semble indiquer le contraire, mais crois-moi, Saya ne t’a jamais remplacée ! »

Laura eut un mouvement de recul lorsque je dis cela. Peut-être se rendait-elle compte que je ne mentais nullement et qu’elle était celle qui était dans l’erreur depuis le début, mais je profitai de ce moment de faiblesse pour attaquer à mon tour.

« Ouvre les yeux Laura, c’est une jalousie insensée qui t’a aveuglée depuis tout ce temps ! Il n’y a jamais rien eu entre Saya et moi !

-Non…Shadow…Ne peut pas avoir tort…Tu mens…Comme Hélios lui a menti…

-Ton Shadow te manipule Laura, il se sert de toi pour arriver à ses fins !

-Non…il ne ferait jamais…car Shadow est…Il est… »

Laura se prit la tête dans les mains en titubant. Elle était en plein conflit avec elle-même une fois de plus, mais cette fois-ci, j’étais là, et il était hors de question que je la laisse tomber une seconde fois !

« N’approche pas Michael, je t’interdis de me toucher ! S’exclama-t-elle.

-Mais Laura…

-Va-t’en, tu es en train de me rendre complètement folle !

-Non, je…

-J’ai dit dehors ! »

Laura fut soudainement entourée d’une étrange lueur violette tandis que ses yeux virèrent au rouge sang et une vague d’énergie s’échappa de son corps avant de venir me percuter de plein fouet. Je n’eus pas le temps de réagir et je fus projeté en arrière avec une force incroyable.

Mais, alors que je pensais m’écraser sur le mur, je le traversai simplement comme s’il n’existait pas et je me retrouvai à l’extérieur, de retour dans le stade.

Je ne perdis pas une seconde pour me remettre sur pied et je me précipitai sur le même mur…Sur lequel je rebondis cette fois-ci.

Je jurai.

J’étais si proche du but, comment avais-je pu la laisser m’échapper une nouvelle fois ?

Mais maintenant que je connaissais la cause de sa souffrance, j’étais d’autant plus déterminé à faire revenir mon ancienne amie. Il fallait simplement que je réussisse à la convaincre de m’écouter plus de trente secondes sans me couper la parole…

Dépité d’avoir échoué, je tournai les talons, laissant Laura entre les griffes de Shadow qui, j’en étais sûr, la manipulait comme Hélios m’avait manipulé pour arriver à ses fins.

Sur le chemin du retour, je repensai à tout ce qu’elle m’avait dit et je me rendis compte que ce que j’avais vécu avec ma sœur puis avec Saya n’était rien par rapport à elle…Cependant, je sentais qu’elle me cachait toujours quelque chose.

Je connaissais Laura, du moins mon amie d’enfance, et j’étais persuadé qu’elle était encore présente au moment où elle avait rencontré Shadow. Alors, comment avait-elle pu se laisser embobiner aussi facilement ? Plus j’y pensais et plus je sentais que je m’éloignais de la vérité…

Je finis par retrouver les autres à la sortie du stade. Violet était assaillie par les média désireux de dénicher le scoop du siècle mais tous étaient repoussés fermement par Elwood. La millionnaire était étrangement calme devant ces assauts de journalistes posant des questions toutes plus indiscrètes les unes que les autres. Son visage ne laissait paraitre aucune émotion, comme si elle était habituée à ce genre de situation.

Avec grande peine, nous réussîmes à nous frayer un chemin au milieu de la foule et à rejoindre la voiture.

Personne ne dit un mot pendant tout le trajet. Violet et Ryoko regardaient frénétiquement leurs portables alors que les nouvelles pleuvaient concernant le fiasco de l’événement, tandis que Drago et Angéla semblaient encore sous le choc de l’affrontement.

De retour au château, la présidente de la fédération fonça jusqu’à son bureau sans se retourner et le professeur lâcha un long soupir.

« Encore…Il faut croire que l’histoire se répète…Déclara-t-il d’une voix éteinte.

-Est-ce que ça va aller pour elle ? Demanda timidement Angéla.

-Ne vous inquiétez pas. Ma chère élève n’est plus l’amatrice qu’elle était il y a vingt ans, elle saura gérer la situation cette fois-ci…Mais je me demande si… »

Le professeur fut interrompu dans sa phrase par un bruissement de feuilles dans les buissons entourant la résidence.

Je me figeai. Encore des hommes de Shadow ou d’Hélios venus se battre ? Ou bien d’autres journalistes avides et sans scrupules ?

« Si c’est encore la télévision, ils vont m’entendre, vous pouvez me croire, grogna Ryoko. J’en ai plus qu’assez de leurs articles à sensation sur Violet. »

Alors que l’homme s’apprêtait à faire sortir le mystérieux journaliste de sa cachette, une ombre surgit d’entre les arbres et le bouscula avant de s’arrêter net en me voyant.

Mon cœur fit de même lorsque je reconnus la personne qui me faisait face : une petite fille vêtue d’un manteau en lambeau, un jean troué et un tee-shirt en lambeaux, aux cheveux noir ébène, autrefois coupés courts mais aujourd’hui aussi longs que ceux d’Angéla, et des yeux tout aussi sombres, un visage rond mais déformé par la fatigue et les joues creuses.

« M…Marie ? Bégayai-je. »

Avant d’avoir pu me répondre, ma sœur perdit connaissance et s’effondra sur le sol.


Chapitre 14 : Marie



Spoiler :



Avant que sa tête ne heurte le sol, je me précipitai sur elle et je réussis à la rattraper in extremis. Cependant, je pouvais sentir son pouls, il était très faible et elle sa respiration était saccadée. Je mis immédiatement ma main sur son front avant de la retirer aussitôt : elle était brûlante.

« Marie ? Cette fille est ta sœur ? S’étonna Angéla, visiblement perdue.

-Oui, mais je vous expliquerai plus tard, pour le moment elle a besoin de soins de toute urgence ! »

Sans poser de question, Elwood prit ma sœur dans ses bras et la transporta en quatrième vitesse dans la salle de soin du château, la même que celle où Violet avait soigné mes blessures.

La propriétaire, en voyant l’état de Marie, cessa immédiatement toutes ses activités et coupa toute communications avec ses partenaires commerciaux qui l’assaillaient de question pour s’occuper de ma sœur.

Dans le salon, je faisais les quatre-cents pas, ne pouvant pas m’asseoir et attendre tranquillement que les choses se passent. Je voulais faire quelque chose aussi, n’importe quoi qui aurait pu aider ma sœur mais Violet nous avait formellement ordonné d’attendre à l’extérieur.

Pendant que je tournais rond, mille questions me tiraillaient l’esprit en plus de mon inquiétude. Comment Marie avait-elle pu s’échapper si elle était prisonnière ? L’était-elle réellement au moins ? Yusei affirmait l’avoir vue, libre de ses mouvements.

Une pensée affreuse me traversa l’esprit. Se pouvait-il qu’elle ait eu la possibilité de s’échapper depuis le début mais restait aux côtés d’Hélios à cause de moi, parce qu’il la menaçait de me faire du mal si elle partait ? Était-ce de ma faute si Marie avait vécu prisonnière de cet homme toutes ces années ? Les dires du professeur ne faisaient que renforcer cette horrible pressentiment…

« Darksky, arrête de tourner, tu me donnes mal à la tête, râla Angéla, allongée sur un canapé.

-Ça se voit que ce n’est pas ta sœur qui est entre la vie et la mort ! Répliquai-je sèchement.

-En effet, mais je sais aussi que ce que tu es en train de faire ne fera qu’abimer la moquette, alors assieds-toi et fais confiance à Violet.

-Qu’est-ce que tu en sais ? Tu as déjà vécu ça peut-être, la peur de la perte de la personne qui t’est le plus proche ? Rétorquai-je en serrant le poing, prêt à laisser exploser ma colère.

-Non, jamais…Mais j’ai perdu celles qui m’étaient le plus proche. »

Ses mots me laissèrent bouche bée. Je n’imaginais pas une seule seconde que derrière son apparente insouciance, Angéla pouvait cacher une telle douleur en elle. Elle devait être vraiment forte pour arriver à dissimuler ses émotions alors que j’étais un livre ouvert.

« Je…Je suis désolé…je ne savais pas… »

Devant mon malaise, la jeune fille se reprit.

-Enfin bon, tout ça pour dire que tu peux me faire confiance : détruire la moquette ne changera rien à la situation, j’ai essayé moi aussi, ça ne les a pas ramenées ; termina-t-elle avec un léger sourire. »

Au même moment, alors que j’allais suivre le conseil d’Angéla, j’entendis une porte s’ouvrir et nous nous retournâmes immédiatement pour voir Violet sortir, accompagnée d’Elwood.

Je ne perdis pas une seconde et je lui posai la question qui me brûlait les lèvres.

« Alors, comment va-t-elle ? Elle va s’en sortir ? Dites-moi qu’elle va se réveiller !

-Calme-toi Darksky, me répondit la jeune femme d’une voix douce. Ta sœur est vivante, mais elle est à bout de force. J’ai fait ce que j’ai pu, mais malgré tout ce que j’ai appris pour sauver des vies, je ne suis pas médecin. Il faudrait quelqu’un de plus expérimenté que moi pour lui donner un traitement approprié. »

Lorsque j’entendis ces mots, mes jambes ne me soutinrent plus et je m’écroulai sur le sol. Presque toute la pression montée pendant toute cette journée venait de retomber d’un seul coup. Marie était vivante, c’est tout ce qui m’importait à ce moment-là.

Quelques larmes se mirent à couler le long de mes joues, mais pour la première fois depuis une éternité, il s’agissait de larmes de joie.

« Je ne veux pas casser l’ambiance, mais trouver un médecin en pleine nuit, ça risque de ne pas être facile et… »

Angéla interrompit Drago en lui donnant un coup de coude dans les côtes avant de déclarer à son tour :

« J’en connais un qui accepterait certainement de se déplacer jusqu’ici.

-Parfait, appelle-le tout de suite ! M’exclamai-je en me relevant d’un bond.

-Mais je dois vous prévenir, je ne suis pas…comment dire…en très bon termes avec lui en ce moment, donc il risque de ne pas être de très bonne humeur, déclara la blonde en grimaçant.

-S’il te plait Angéla ! La suppliai-je.

-Très bien, mais je ne vous promets rien, soupira-t-elle. »

La jeune fille sortit son portable et composa le numéro tandis que mon cœur s’accélérait. La vie de ma sœur dépendait de cet homme et j’espérais sincèrement qu’elle était sûre de ses informations.

Après quelques secondes, un homme décrocha…Ou plutôt hurla dans le téléphone.

« Angéla, je peux savoir où tu étais passée tout ce temps ? Ta mère et moi nous sommes faits un sang d’encre pour toi ! Alors je te préviens, tu as intérêt à appeler pour t’excuser ou alors ce n’est même pas la peine de revenir ! S’égosilla l’homme à l’autre bout du fil.

-Comment ça m’excuser ? C’est entièrement de votre faute tout ça ! S’étrangla Angéla. Si vous n’aviez pas fait autant d’histoires, je serais peut-être restée !

-Notre faute ? Répliqua-t-il. Est-ce que je dois te rappeler que…

-Non, ça ira, mais je vois que cette conversation est inutile, donc au revoir ! »

Sans laisser le temps à l’homme de répondre, Angéla raccrocha et jeta son téléphone sur le canapé, rouge de colère.

« Ce type, je vous jure ! Cracha-t-elle. »

Aucun d’entre nous ne lui répondit et elle pencha la tête sur le côté, surprise devant nos expressions consternées.

« Bah quoi, c’est si surprenant que ça que je sois en conflit avec mon père ? Demanda-t-elle.

-Dis…Angéla, rappelle-nous pourquoi tu as appelé ton père ? Déclara calmement le professeur.

-Bah, pour qu’il vienne soigner la sœur de Darksky et… »

La jeune fille marqua un temps d’arrêt puis écarquilla les yeux en se rendant compte de ce qu’elle venait de faire.

« Je le rappelle, lança-t-elle en reprenant son téléphone.

-Je pense qu’il vaut mieux que je lui parle, l’interrompit Elwood. »

Angéla ne broncha pas et lui laissa son portable avant d’aller s’asseoir dans un coin. J’allais lui demander si tout allait bien mais Drago fut plus rapide que moi.

« Je suis désolée, j’ai encore été trop impulsive, se lamenta-t-elle, la tête dans les bras.

-Angéla, que s’est-il passé pour que tu te fâches ainsi avec ton père ?

-Ah, ça Drago, ce n’est qu’une stupide querelle de famille, une de plus, ne t’en fais pas pour moi, bientôt, tout rentrera dans l’ordre et on n’en parlera plus…

-Tu dis ça comme si c’était une habitude, fis-je remarquer.

-C’est plus compliqué que ça, mon père… »

La jeune fille s’arrêta en plus milieu de sa phrase et me fixa soudainement. Je reculai instinctivement devant ce regard qui ne m’annonçait rien de bon.

« Attention, c’est une histoire qui fait peur, vous êtes sûrs de vouloir l’entendre ?

-Qu…Qu’est-ce qui peut être aussi effrayant dans ta vie ? Bégayai-je, plus très sûr de vouloir entendre la suite.

-Figure-toi que je me suis faite renvoyer de mon lycée ! »

Un court silence suivi sa déclaration comme si Drago et moi attendions qu’elle continue, mais elle semblait avoir terminé son histoire…ou du moins ne pas vouloir en dire plus.

« Et…C’est tout ? Hésita Drago, déconcerté.

-Comment ça « c’est tout ? » Répliqua la jeune fille. Tu n’as pas vu le visage de mon directeur quand il a essayé de me mettre dehors ! Rien que d’y penser, j’en frissonne encore ! »

Sans savoir pourquoi et malgré la gravité de la situation, j’éclatai de rire devant l’expression d’Angéla en imaginant les têtes que les personnages font dans les BD et un léger sourire s’inscrivit sur son visage.

« Tiens, tu as finalement réussi à te détendre un peu, déclara-t-elle.

-Comment ça ? Tout ce que tu nous as raconté était juste destiné à détendre l’atmosphère ?

-Oui…et non Darksky. Je me suis bien faite renvoyer de mon lycée, mais j’avais surtout envie que tu arrêtes de tirer cette tête d’enterrement, c’est déprimant à la longue. »

Je ne pus m’empêcher de sourire à nouveau. Angéla avait raison, grâce à elle, je me sentais un peu mieux désormais. Non pas que je ne m’inquiétais plus pour Marie, mais j’avais pu oublier mes soucis l’espace de quelques instants.

Quand j’y repensais, la dernière fois que j’avais pu rire et sourire aussi bêtement de la sorte, c’était…avec Saya.

Oui, jusqu’à présent, Saya avait été la seule à avoir été capable de me soutenir et me remonter le moral. C’était uniquement grâce à elle que j’avais pu éviter de sombrer dans la folie. Mais étrangement, je ressentais la même sensation d’apaisement aux côtés d’Angéla et Drago. Lorsque j’étais avec eux, mes pensées noires disparaissaient en même temps que la plupart de tous mes tracas pour que je redevienne ce petit garçon maladroit et rêveur que j’étais cinq ans auparavant.

« Merci…Murmurai-je alors.

-Merci pour quoi ? Répéta Angéla, confuse.

-J’ai de la chance de vous avoir rencontrés ce jour-là, me contentai-je de répondre. Il faudra que je vous rende la pareille un jour.

-Et bien, si tu pouvais affronter Hélios en finale à notre place, ça m’arr… »

Drago arrêta Angéla avec un coup de coude dans les côtes et reprit :

« Tu l’as déjà fait en te battant à nos côtés, nous sommes quittes maintenant il me semble.

-Mais si tu veux, tu peux affronter Hélios aussi si tu te sens encore redevable !

-Mais arrête Angéla, il affrontera Hélios s’il se sent prêt ! La rabroua Drago.

-Mais il est prêt je suis sûr, pas vrai ?

-Arrête de faire les questions et les réponses, soupira mon ami. »

Je ris une nouvelle fois devant cette scène de ménage stupide. Je voyais bien qu’Angéla faisait tout pour me changer les idées et que Drago se prêtait volontiers au jeu et cela me faisait chaud au cœur de les voir ainsi. J’avais vraiment de la chance de les avoir rencontrés…

Finalement, après une bonne vingtaine de minutes à se chamailler, Elwood revint dans le salon accompagné d’un homme qui était certainement le père d’Angéla.

C’était un grand homme au crâne dégarni, possédant uniquement quelques cheveux blancs à l’arrière et sur les côtés de la tête. Il possédait les mêmes yeux que sa fille mais son expression était beaucoup plus dure et de nombreuses rides parcouraient son visage.

Lorsqu’il passa devant Angéla, je sentis la tension monter d’un cran entre le père et la fille, c’était presque comme si je voyais des éclairs entre leur regard mais il ne s’arrêta cependant pas et continua son chemin jusqu’à la chambre où se trouvait ma sœur.

Pendant qu’il examinait Marie, je tremblais de tous mes membres. Je m’attendais déjà au pire avec un verdict catastrophique mais, après avoir pris son pouls, sa température et écouté sa respiration, le médecin se tourna vers nous, l’air plutôt détendu.

« Bien, ce n’est pas aussi grave que ce que je pensais en parlant au téléphone, déclara-t-il.

-Donc Marie s’en sortira ? M’exclamai-je, prêt à m’écrouler.

-Oui, il n’y a aucune inquiétude à avoir, ses jours ne sont pas en danger. Elle est juste à bout de forces, déshydratée et manque cruellement de nourriture, mais puisque vous êtes là, elle ne risque rien. Apportez-lui simplement de l’eau et surveillez-là et elle devrait se réveiller d’ici quinze-heures. »

Je n’en croyais pas mes oreilles. Marie était revenue parmi nous, saine et sauve, sans blessure ni maladie…Mes jambes faillirent lâcher une seconde fois, mais je tins bond. Je ne voulais pas paraitre faible si ma sœur venait à se réveiller, elle m’aurait encore lancé des piques toute la soirée sinon…

« Tu vois Darksky, Angéla avait raison, tout a fini par s’arranger, déclara Drago en me souriant.

-Ou…Oui, lui répondis-je d’une voix brisée par l’émotion. »

Tout le monde repassa dans le salon à l’exception d’Angéla qui ne semblait pas avoir envie de rester avec son père, et moi qui préférais rester guetter le réveil de Marie. Cependant, la jeune fille m’avait aidé à surmonter mon angoisse et je me sentais mal de la voir encore en conflit avec son père sans rien faire pour l’aider.

« Tu sais Angéla, tu devrais parler à ton père, finis-je par déclarer après une bonne dizaine de minutes.

-Hein, quoi, parler avec lui ? T’es fou, ça va encore se finir en pugilat ! Répliqua-t-elle, les yeux exorbités. Et puis, il finira bien par se calmer avec le temps comme toujours.

-Mais, tu ne trouves pas ça dommage ?

-Dommage ? Pourquoi donc ? Ce type ne me laisse jamais une seule seconde de répit et est toujours sur mon dos je te signale !

-Et si un jour, pour une raison quelconque, il n’était plus sur ton dos, que ferais-tu ?

-ça voudra dire qu’il a enfin confiance en moi !

-Ce n’est pas cela que je voulais dire. »

Angéla ne répondit pas immédiatement et fixa le parquet quelques instants.

« Tu as perdu tes parents il y a longtemps il me semble, n’est-ce pas ? Finit-elle par déclarer timidement.

-Oui, il y a cinq ans. Ils ont disparu lors d’un voyage… »

La jeune fille laissa un autre blanc avant de répondre :

« Je vois où tu veux en venir et tu as raison, c’est stupide, mais c’est comme ça depuis toujours avec mon père. En réalité, je pense que si un jour il arrêtait de me crier dessus, j’aurais très peur, dit-elle en riant légèrement. »

Elle se leva alors d’un bond et m’adressa un large sourire.

« Allez, je vais faire un effort et faire le premier pas pour une fois ! S’exclama Angéla. »

Sans me laisser le temps de répondre, la jeune fille sortit de la pièce et fila dans le salon. J’étais content d’avoir pu aider mon amie après ce qu’elle avait fait pour moi et puisque je n’entendais aucun cri provenant d’à côté, j’en conclus que cela ne se passait pas trop mal.

Peu à peu, le salon se vida de ses occupants mais je continuai à veiller ma sœur. Mais, alors que je pensais être le dernier réveillé, la porte de la salle de soins s’ouvrit et Drago entra.

« Je venais simplement voir si tout allait bien ici.

-C’est gentil mais même si je le voulais, je ne pourrais pas dormir.

-Je te comprends ; déclara le jeune garçon en s’asseyant à côté de moi. Et au passage, je suis venu te donner un message de la part d’Angéla : elle te remercie pour ce que tu lui as dit.

-ça veut dire qu’elle s’est réconciliée avec son père ? Demandai-je, plein d’espoir. »

Drago prit un air gêné avant de répondre :

« Pas tout à fait. Ils se sont disputés et Angéla est partie bouder dans son coin.

-Dans ce cas-là, pourquoi me remercie-t-elle ?

-Oh, j’imagine que c’est parce qu’elle refusait d’admettre que son père avait raison devant lui mais qu’au fond d’elle, elle le comprenait, me répondit Drago en haussant les épaules.

-Dans ce cas, je suis content d’avoir été utile à quelque chose. C’était le moins que je puisse faire pour elle. Et je dois te remercier aussi pour ce soir.

-Ne t’embête pas avec les remerciements, nous étions aussi inquiets que toi. Mais il se fait tard, demain est une grosse journée encore, ne veille pas trop tard.

-Je suis plus résistant que j’en ai l’air. »

Drago se leva et sortit de la pièce, me laissant à nouveau seul avec ma sœur, toujours dans un profond sommeil et, regardant une vieille photo trainant sur mon téléphone, je repensai à ma partenaire de toujours dans l’armée d’Hélios, l’esprit léger.

« Dis Saya, tu te souviens que tu m’avais souhaité de retrouver ma sœur avant de partir ? On dirait bien que ton souhait s’est réalisé, dis-je à mon ancienne amie, espérant qu’elle pouvait m’entendre. Et toi, as-tu trouvé le bonheur là où tu es maintenant ? Je l’espère sincèrement en tout cas. Et te rappelles-tu de notre exploration ? Je t’avais dit qu’il fallait que tu rencontres Laura un jour et que vous vous entendriez bien…Je me suis trompé apparemment ; continuai-je en riant intérieurement. Mais je suis sûr qu’un jour, je parviendrai à la raisonner, et ce jour-là, je te la présenterai. Enfin, il faudrait d’abord que tu reviennes de ton voyage pour cela…

-Tiens, tu parles tout seul maintenant ? »

Cette voix sarcastique mais si douce…Impossible de s’y tromper…

Je lâchai immédiatement mon portable et mon cœur fit un bond dans ma poitrine en relevant la tête vers le lit où se trouvait ma sœur. Marie venait de se réveiller et me lançait déjà des piques…

Je ne savais pas si je devais en rire ou en pleurer mais je finis par faire les deux à la fois en m’effondrant sur le lit, incapable d’en supporter davantage.

« Bah dis donc, qu’est-ce qui t’arrive encore Michael ? On dirait que tu as vu un fantôme.

-Non…rien…tout va bien désormais… »

Immédiatement, je serrai ma sœur dans mes bras et sous l’effet de surprise, ne protesta pas et déclara d’une voix remplie de joie et de soulagement :

« Je suis enfin rentrée, grand frère. »


Chapitre 15 : le calme avant la tempête



Spoiler :



Une heure du matin : je m’effondrai sur mon lit, vidé de toutes mes forces. Il venait de se passer tant de choses en une seule journée que rien que d’y repenser me donnait mal à la tête. D’abord deux créatures divines, puis la sœur de Darksky qui réapparaissait subitement et enfin la dispute familiale entre Angéla et son père…J’avais vraiment besoin de repos pour pouvoir digérer tout ça…

Mais au fond de moi, j’étais assez satisfait. Il n’y avait eu aucun mort à déplorer lors de l’affrontement des deux monstres selon les médias, seuls quelques blessés mais aucun en état critique. La fédération Ether été incroyablement efficace pour contenir les hommes d’Hélios. Marie allait s’en sortir et Angéla, même si elle refusait de l’admettre, avait reconnu sa part de torts au fond d’elle. Tout aurait pu aller bien plus mal…

Finalement, épuisé par cette journée éprouvante, je finis par tomber de sommeil et m’endormir tout habillé.

Je fus réveillé le lendemain aux aurores par quelques rayons de soleil passant par ma fenêtre. Je n’avais vraiment pas dormi longtemps, mais des bruits de pas provenant du rez-de-chaussée ainsi que le mélange de plusieurs voix attirèrent ma curiosité et me poussèrent à me lever malgré la fatigue.

Dans le salon, je trouvai Violet, Elwood et Ryoko courant dans tous les sens à cause des médias qui continuaient à s’affoler sur tous les réseaux sociaux tandis que Darksky prenait son petit déjeuner avec sa sœur, l’air détendu et…Une minute, sa sœur ?

Je fis un bond de trois mètres en arrière en réalisant cela et je lâchai un cri de surprise, ce qui attira l’attention de tout le monde sur moi.

« Eh, Drago, tu as vu, ma sœur s’est réveillée ! S’exclama Darksky d’un ton bien plus enjoué que d’habitude.

-O…Oui, j’ai vu, difficile de ne pas le voir…Bégayai-je, ne sachant quoi répondre.

-Drago ? Répéta sa sœur à voix basse en fronçant les sourcils. »

Je dévisageai Marie, surpris d’une telle réaction de sa part. La jeune fille me fixait en fronçant les sourcils, l’air pensive. Elle donnait l’impression d’avoir déjà entendu parler de moi, ce qui ne m’aurait pas étonné si elle était captive d’Hélios connaissant l’obsession de ce type pour ma famille…

Cependant, après quelques secondes de silence, la sœur de Darksky se détendit et reprit la parole, changeant totalement d’attitude :

« Ravie de vous rencontrer ! S’exclama-t-elle avec un grand sourire.

– « Vous rencontrer » ? Répéta Darksky, sceptique. Tu t’es déjà présentée à…

-Ce n’est pas eux que je saluai, continua sa sœur, sans cesser de sourire. »

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine et ma sœur apparut immédiatement à mes côtés, l’air tout aussi consternée que moi. Comment cette fille pouvait-elle savoir pour la présence de Théa ? Je n’en avais parlé à personne ! Pouvait-elle la voir elle aussi ?

Comme lisant dans mes pensées, Marie reprit :

« Si tu veux savoir, non, je ne vois pas les esprits et je ne lis pas dans les pensées.

-C…Comment…

-Tes émotions sont tellement visibles, tu es comme un livre ouvert, il en va de même pour la personne qui t’accompagne, lança-t-elle en riant. »

Je ne savais vraiment plus quoi penser concernant cette fille. Elle semblait pouvoir deviner toutes mes pensées et toutes mes actions et avait même pu détecter Théa…Peut-être possédait-elle un pouvoir particulier, ce qui aurait expliqué pourquoi Hélios la retenait prisonnière…

Mes réflexions furent rapidement interrompues par un bâillement provenant de derrière moi. En me retournant, je vis Angéla encore à moitié endormie, les cheveux en bataille, de grosses cernes entourant ses yeux entrouverts.

D’une démarche plus qu’aléatoire, elle parvint miraculeusement jusqu’à la table du salon, s’assit sur une chaise et commença à se servir en céréales tandis que je me prenais la tête dans les bras devant l’aveuglement de la blonde.

« Bonjour, Angéla, finit par dire Marie d’une voix tout aussi enjouée que pour moi. Bien dormi ?

-Bonjour Marie, répondit-t-elle en baillant. Ça allait, même si je dois t’avouer que quelques heures supplémentaires ne m’auraient pas fait de mal. »

Mais, alors qu’elle prenait une cuillerée de céréale, Angéla s’arrêta net et ouvrit enfin les yeux en grand avant de laisser tomber la cuiller qu’elle tenait dans les mains et de recracher tout d’un coup.

« Marie !? S’exclama-t-elle, les yeux exorbités. Quand est-ce que tu t’es réveillée ?

-Vers deux heures du matin je crois, lui répondit cette dernière en faisant semblant de réfléchir.

-Drago, Darksky, vous avez vu, Marie s’est réveillée, mon père avait raison finalement !

-Merci Captain Obvious pour cette information, raillai-je.

-J’ai le droit d’être étonnée alors qu’elle était dans le coma hier, rétorqua-t-elle en gonflant les joues. »

Marie se remit à rire de bon cœur. Mais Angéla n’avait pas tort, qui aurait cru que la sœur de Darksky se remettrait aussi vite alors qu’elle semblait à moitié morte en arrivant la veille.

« Je suis désolé d’interrompre ces heureuses retrouvailles, mais Marie, peux-tu nous expliquer comment tu as réussi à t’échapper ? Lui demanda soudainement Ryoko.

-Oh, mais je me souviens de vous, vous étiez ce type qui fabriquait des Shungite pour Hélios, c’est cela ?

-Oui, oui, mais passons ce détail peu glorieux, grogna le professeur en serrant les dents.

-Pour votre question…Il m’a simplement mis à la porte, répondit Marie en haussant les épaules.

-Pourrais-tu…Répéter ça, j’ai peur d’avoir mal compris…Hésita son frère pendant quelques secondes.

-Tu as très bien entendu Michael, je me suis simplement servi de mon pouvoir sur Hélios et ça lui a déplu donc il m’a dit de dégager, fin de l’histoire.

-Ton…Ton pouvoir ? Bégaya Angéla, déconcertée.

-Oh, tu ne leur en as jamais parlé Michael ? S’étonna Marie. »

Darksky grimaça, gêné tandis que sa sœur soupira.

« Comment tu as pu oublier ça…

-Je…Je n’y ai pas pensé, c’est différent, se défendit-il. Et puis, même moi je ne comprends pas ce don que tu possèdes.

-C’est pourtant très simple, il me suffit de voir quelqu’un pour comprendre ses véritables sentiments et émotions. Tout le reste n’est que déduction et suppositions.

-En effet, c’est très simple, tu crains vraiment Darksky pour ne pas comprendre ça ! S’exclama Angéla.

-J…Je ne t’ai rien demandé ! Répliqua-t-il en s’empourprant.

-Enfin, vous comprenez pourquoi Hélios m’a enlevée j’imagine, continua Marie en ignorant son frère. Mais bon, c’était amusant, il n’est vraiment pas celui qu’il parait être.

-Tu…Tu peux répéter ça s’il te plait ? M’étranglai-je, interdit.

-Il vous l’expliquera mieux lui-même j’imagine. »

Alors que nous la dévisagions tous comme si elle devenait folle, la sonnette d’entrée retentit et Violet fonça les sourcils, pensant aussitôt à la télévision ou un quelconque journal à sensation venant réclamer sa part du butin dans « l’affaire Ether » comme le drame était appelé sur les réseaux.

Elwood se leva prudemment et nous ordonna de rester là où nous étions pendant qu’il allait vérifier qui pouvait être notre invité surprise, et le dégager de force si besoin.

Cependant, alors que Darksky, Angéla et moi affichions des mines angoissées, Marie continuait à prendre son petit déjeuner, l’air détendue, comme si de rien n’était.

Tout à coup, j’entendis un cri provenant de l’entrée alors que la porte venait de s’ouvrir. Sans perdre une seconde, nous nous précipitâmes tous pour voir ce qui avait pu causer un tel raffut, mais Marie ne bougea pas d’un pouce.

Lorsque je vis qui se trouvait sur le pas de la porte, je crus que mon cœur allait s’arrêter de battre. Elwood, Ryoko et Violet étaient prêts à se battre, Angéla serra immédiatement son bracelet et Darksky écarquilla les yeux car, juste devant nous se tenait notre ennemi : Hélios.

Etrangement, ce dernier ne nous attaqua pas et resta calmement sur le pas de la porte, penchant la tête sur le côté, comme s’il était surpris d’un tel accueil. Plus étrange encore, il n’était ni accompagné, ni protégé et aucun Spiritual n’était à l’horizon.

« Si…Si vous êtes venus reprendre Marie, vous devrez me passer sur le corps ! S’exclama Darksky, prêt à se jeter sur lui s’il bougeait le petit doigt.

-Eh bien, quel accueil, on ne sait plus recevoir les gens à cette époque je vois, déclara le roi maléfique d’un ton neutre.

-Arrêtez de jouer à l’idiot Hélios et dites-nous ce que vous êtes venu faire ici avant que je ne vous fasse votre fête ! Rétorqua Angéla.

-Jouer à l’idiot ? Vous avez de bien drôles de jeux aussi, continua-t-il toujours aussi détendu.

-Hélios, que voulez-vous ? Finis-je par lui demander.

-Je veux beaucoup de choses mon cher Drago. »

Violet décocha un regard noir au roi qui frissonna.

« Bon, très bien, je ne suis pas venu ici pour parler, vous l’imaginez bien…du moins, je l’espère pour vous…

-Vous allez nous le dire oui ou non ? L’interrompit Angéla.

-Si je suis venu ici, c’est parce que j’aimerais me joindre à vous. »

Un long silence s’ensuivit, accompagné de réactions diverses. Darksky failli s’étrangler, Angéla éclata de rire, les adultes semblaient sceptiques et j’échangeai des paroles tacites avec ma sœur qui serait sûrement morte une seconde fois si elle avait pu.

« Vous…Vous pouvez répéter ? Lui demanda Darksky sous le choc.

-Tu as très bien entendu donc je ne le ferai pas.

-Pourquoi tout le monde me dit ça, râla ce dernier.

-J’imagine que je vais devoir vous expliquer mes raisons, soupira notre ennemi.

-Il vaudrait mieux, parce que pour le moment, la réponse est non, lança Angéla sèchement.

-Je ne veux pas perdre contre Shadow, voilà tout.

-Vous pensez vraiment que nous allons gober quelque chose d’aussi stupide ? M’étranglai-je.

-Et pourtant, il dit la vérité. »

Nous nous retournâmes tous vers l’endroit d’où provenait la voix ayant prononcé ces paroles insensées et nous vîmes que Marie venait de nous rejoindre, un croissant à la main, observant Hélios avec malice tandis que ce dernier grimaça en la voyant.

« ça faisait longtemps Hélios, lança-t-elle comme si elle revoyait un vieil ami.

-Pas assez longtemps à mon gout, répondit le roi avec un mouvement de recul. Si je t’ai libérée, ce n’est quand même pas pour te retrouver aussitôt !

-Je pourrais me plaindre moi aussi, j’ai assez vu votre tête et je me serais bien passée de revoir.

-Tu ne t’es pas regardée toi, tu avais une mine patibulaire à chaque fois que je venais !

-La faute à qui d’après vous ? »

Je regardai ce spectacle digne d’une dispute entre deux enfants de maternelle, interloqué. L’Hélios que nous avions face à nous ne semblait plus que le même que celui ayant invoqué Apophis la veille. Était-ce la véritable personnalité du roi ou essayait-il simplement de nous duper ?

En temps normal, j’aurais immédiatement opté pour la seconde option, mais l’attitude de la sœur de Darksky qui l’avait côtoyé tous les jours pendant deux ans me laissait sceptique. Cette conversation qu’ils avaient semblait bien trop spontanée pour qu’il n’y ait que de la comédie. C’était presque comme s’ils avaient l’habitude de se disputer de la sorte…

Pendant que les deux gamins se lançaient des piques, je fis signes aux autres de s’approcher discrètement.

« Bon, qu’est-ce qu’on fait de ce type alors ? Chuchota Angéla. Si vous voulez, je peux le virer en deux coups de pied au derrière !

-Attends un peu Angéla, si Hélios dit vrai, il pourrait être un allié de choix, répliqua Violet.

-Vous êtes en train de suggérer de lui faire confiance ? S’étrangla Darksky. Est-ce que je peux vous rappeler qu’il manipule tout le monde ?

-Pourtant…Ta sœur n’a pas l’air très inquiète de le voir, fis-je remarquer en tournant la tête vers Marie et Hélios.

-Faites comme vous voulez, mais je vous aurais prévenu, cracha l’ex sous fifre en nous tournant le dos.

-J’imagine que dans l’immédiat, nous ne pouvons pas refuser une telle proposition, même si c’est un piège, suggéra Elwood.

-Cela ne me plait guère d’accueillir le maitre de Sawyer mais l’avoir à nos côtés me semble une option plus qu’envisageable. Cependant, si cela se sait, tu vas avoir de gros ennuis avec les médias, Violet…

-Ne vous inquiétez pas pour moi, professeur. Je suis déjà au fond du trou à cause de cette affaire, je ne peux pas tomber plus bas, s’amusa la propriétaire. De toute façon, ça ne serait pas la première fois que l’on m’accuse à tort, je commence à avoir l’habitude. »

Le professeur lâcha un long soupir et finit par accepter l’idée à son tour.

Nous nous tournâmes tous en direction d’Hélios qui continuait à se disputer avec la sœur de Darksky et je toussai pour attirer leur attention.

« Hélios, nous avons pris notre décision et…

-Génial ! Vous avez entendu, on va pouvoir passer encore quelques moments ensemble ! M’interrompit Marie en donnant un coup de coude au roi.

-Tout compte fait, je vais m’éclipser je pense, on se revoit bien… »

Alors qu’Hélios tentait de s’enfuir, la sœur de Darksky le retint en lui attrapant sa cape et ce dernier s’écrasa face contre terre sous nos regards interdits. Je ne savais pas si je devais en rire ou en pleurer mais plus je restais aux côtés d’Hélios et moins je comprenais ses intentions.

« Vous n’irez nulle part, vous avez demandé, vous assumez maintenant, déclara Marie avec un sourire sadique.

-Darksky, s’il te plait, dis à ta sœur de me lâcher ! Supplia Hélios qui tentait de ramper pour échapper aux prises de Marie.

-Ça vous apprendra à enlever ma sœur, et je vous dis bonne chance avec elle, répondit ce dernier en tournant les talons et rentrant à l’intérieur du manoir. »

Devant cette scène ridicule, Angéla s’approcha de moi et me chuchota à l’oreille :

« Drago, tu es sûr que nous avons bien fait de recruter un guignol pareil ? Il pourrait être gênant à la longue.

-Je ne sais pas, mais je préfère toujours voir ça qu’un dieu maléfique qui détruit tout un stade, soupirai-je, fatigué.

-Dans ce cas, je vais aller en rajouter une couche moi aussi ! »

Avant même que je n’aie eu le temps de tourner la tête, Angéla se précipita vers Hélios et Marie et fit une sorte de prise de judo au roi qui visiblement, ne s’y attendait pas et se retrouva une fois de plus le nez dans la boue.

« Quel étrange spectacle, déclara soudainement Théa, perplexe. Je me demande si quelqu’un ici se souvient de qui est vraiment Hélios.

-Je suis sûr qu’ils s’en souviennent tous, et c’est justement pour ça qu’ils agissent de la sorte, lui répondis-je.

-Je ne me souvenais pas que tu étais sociologue.

-Je ne le suis pas, j’aurais juste agi de la même façon qu’eux à leur place. »


Le reste journée passa à peu près de la même façon. Nous avions prévu de nous entrainer pour notre prochain match, mais l’arrivée d’Hélios chamboula nos plans, si bien qu’à la place, nous dûmes faire garderie…du moins, c’est l’impression que j’eus à courir dans tous les sens.

Entre Angéla et Marie qui poursuivaient le roi pour je ne sais quoi, je devais être constamment sur le qui-vive. Heureusement, Darksky semblait bouder dans son coin…même si un peu d’aide aurait été la bienvenue.

Vers dix-sept heures, je finis par m’écrouler dans l’un des fauteuils du salon, trop épuisé pour continuer et je laissai Hélios se débrouiller seul pendant qu’il essayait d’échapper à Marie.

C’était vraiment ce type qui faisait régner la terreur la veille encore ? Difficile à croire même en le voyant. On aurait vraiment dit qu’Hélios possédait deux visages totalement opposés : l’un cruel et sans merci, celui m’ayant attaqué à mon arrivée, et l’autre enfantin, voire même boulet sur les bords, celui que Marie avait dû côtoyer durant sa captivité.

Un souvenir me traversa alors l’esprit. Ce n’était pas la première fois que je remarquai cette double personnalité. Lors de notre duel en duo avec Angéla, Hélios avait également subitement changé d’attitude lorsque cette chose sombre s’était élevée derrière lui…Se pouvait-il qu’Hélios n’ait pas agi seul depuis le début ?

« Hélios, votre petit jeu ne marchera pas avec moi, marmonna Darksky qui me fit sursauter.

-De…Depuis quand tu es là toi ? Bafouillai-je, ne l’ayant même pas vu arriver.

-Drago, rassure-moi et dis-moi que je ne suis pas le seul à douter.

-Je n’ai que très peu de confiance en lui…Mais ta sœur, elle a bien dit qu’elle pouvait voir les véritables intentions des gens ? Si Hélios essayait de nous prendre par surprise, tu ne penses pas qu’elle l’aurait senti depuis le début ?

-Marie ne lit pas dans les pensées, tu l’as entendu toi-même. Il suffit qu’Hélios ait appris à la duper pour qu’on croie justement à sa bonne foi, rétorqua-t-il, toujours aussi méfiant.

-Tu ne penses pas que tu vas un peu loin ? S’il savait faire ça, pourquoi l’aurait-il renvoyée aussi subitement ?

-Va savoir, ce type est tordu, il ne faut pas lui faire confiance. »

Sans ajouter un mot, Darksky tourna les talons et remonta dans sa chambre sans adresser un seul regard au roi qui venait d’entrer dans la pièce, essoufflé. Ce dernier referma précipitamment la porte dans l’espoir d’avoir quelques instants de répit.

-J’aurais mieux fait d’aller régler mes comptes avec Shadow, ça aurait été moins fatigant, haleta-t-il en reprenant son souffle.

« Mais…Qu’est-ce que vous fabriquez depuis tout à l’heure ? Lui demandai-je, curieux de connaitre la raison de tout ce remue-ménage.

-Je crois que Marie veut continuer à lire en moi et Angéla…Je crois qu’elle veut simplement me tuer…

-C’est…Compréhensible après ce que vous avez fait, lui répondis-je sans savoir vraiment quoi dire.

-Ouai, ouai, je sais tout ça, mais j’ai quelque chose d’amplement plus important qui me tracasse !

-Qu…Quoi donc ? Bégayai-je, m’attendant déjà au pire.

-Darksky, je crois qu’il ne me fait pas confiance du tout… »

Je restai quelques instants à fixer Hélios d’un regard vide sans rien dire, ayant eu peur d’avoir compris quelque chose de travers, mais le roi en rajouta une couche.

« Bon, c’est vrai que je l’ai trahi, mais c’est mon f…enfin, maintenant que nous sommes à nouveau dans le même camp, je pense qu’il serait bon que nous nous fassions tous confiance !

-Est-ce que…vous vous êtes entendu au moins ? Soupirai-je, désespéré.

-C’est pour ça que j’ai eu une idée qui devrait nous permettre de nous rapprocher ! Continua Hélios en m’ignorant totalement.

-Je crains déjà le pire…

-Mais je ne te le dis pas tout de suite. Je voudrai juste que demain à la première heure, vous vous rassembliez tous devant le château ! Tu penses pouvoir le faire ?

-Ça sent le plan foireux à plein nez… »

Sur ces belles paroles, Hélios s’éclipsa et Marie et Angéla rentrèrent dans le salon une seconde plus tard.

-Ah vous tombez bien vous deux, demain Hélios nous donne rendez-vous aux aurores devant le château.

-Ce boulet a accepté finalement, il veut sa revanche, il l’aura ! S’exclama Marie en éclatant de rire.

-Se revanche ? Sur quoi ?

-Oh, tu verras demain Angéla, mais on va s’amuser ! Surtout avec Michael, je prépare mon appareil photo. Ça ira dans le dossier que j’ai déjà sur lui !

Je comprenais de moins en moins ce qu’il se passait, mais visiblement, la surprise d’Hélios n’en était pas vraiment une. En un sens, j’étais rassuré. Si Marie savait de quoi il parlait, cela ne pouvait pas être si terrible que ça.


Nous allâmes ainsi tous nous coucher de bonne heure après un diner mouvementé entre Hélios qui mangeait comme quatre, Darksky qui faisait la tête et Angéla qui complotait avec Marie dans leur coin. Du moins, c’était ce qui était prévu. Comme je n’arrivais pas à trouver le sommeil, j’avais décidé de me rafraichir l’esprit avec une bonne boisson. Mais alors que je m’apprêtais à remonter dans ma chambre, je vis la porte de la bibliothèque entrouverte et remarquai que la lumière était restée allumée.

Par réflexe, je voulus éteindre la pièce mais alors que je m’en approchai, j’entendis un bruit de papier provenant à l’intérieur, comme si quelqu’un feuilletait un vieil ouvrage.

Je passai timidement la tête à l’intérieur et là, j’y vis le professeur Ryoko, assis à son bureau, les yeux rivés sur ce qui me semblait être un vieil album photos.

Mon arrivée le tira de ses pensées. Il tourna la tête vers moi avant de lâcher un long soupir fatigué.

« Oh, ce n’est que toi Drago. Tu ne dors pas à cette heure-ci ?

-Non, et vous non plus à ce que je vois.

-Oui. Je n’arrivais pas à trouver le sommeil…Ce qu’il s’est passé hier et aujourd’hui…tout cela me fait remonter de mauvais souvenirs.

-C’est en rapport avec la catastrophe d’il y a vingt ans ? »

D’un signe amical, le professeur me fit signe d’approcher. Je réprimais un hoquet de surprise. L’album photo qu’il tenait entre les mains était ancien. Les photos contenues à l’intérieurs remontaient à vingt ans pour les plus récentes, presque trente pour les plus anciennes. Sur toutes, je pouvais reconnaitre Violet dans sa jeunesse, entourée de personnes souriantes et joyeuses, tantôt à l’école, tantôt dans un laboratoire, tantôt à l’université. Je pouvais également voir sur plusieurs d’entre elles le professeur, à l’époque encore jeune et l’air bien plus déjanté que maintenant.

« Ma pauvre Violet en a traversé des épreuves dans sa vie…

-Dites, professeur, comment avez-vous rencontré Violet si ce n’est pas indiscret ?

-Tu serais prêt à écouter les mémoires d’un vieil homme accablé par les tourments des années, Drago ? Alors assieds-toi, et écoute attentivement. Ecoute l’histoire de cette femme qui a bâti un empire sur les ruines d’un royaume déchu. »






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[Fic]L'Avènement des Dieux, Rebirth posté le [02/07/2019] à 23:57

attention! Arc inédit qui n'était pas présent jusqu'ici! j'invite donc tout le monde, même ceux qui ont lu l'original, à lire cet arc consacré a violet lebanc, anciennement sherry :3


Violet Leblanc, aux origines d’un Empire


Prologue



Spoiler :



Des flammes. De la fumée. Un cratère. Des pleurs. Du sang. De la peur. Des sirènes de pompier. Une odeur nauséabonde de mort. Une immense faille scindant la terre en deux. Un colosse sortant des entrailles de la planète.

Telle était l’image qui me hantait à nouveau. Ce jour-là, ma vie avait basculée. Ce jour-là, le monde avait souffert. Ce jour-là, le destin avait été ébranlé. Ce jour-là, le réacteur de Kvantiki avait implosé.

Tout était allé si vite. Je n’avais rien pu faire pour éviter la catastrophe. Et aujourd’hui, le drame s’était reproduit.

Une fois de plus, malgré tous les efforts, tout le temps et tout l’argent que j’avais mis dans la création de cette fédération, j’avais été incapable de prévenir le chaos.

J’étais assise à mon bureau, dans cette immense pièce qui me servait de chambre désormais, seule, comme je l’avais toujours été depuis vingt ans, perdue dans mes pensées.

Je regardais fixement les trois cadres photos posés devant moi, ces trois photos marquant les trois périodes les plus heureuses de ma vie, avec regret et nostalgie.

A côté de moi, les notifications pleuvaient en masse, dans un flot interrompu de bip sonore. Vingt ans avaient passé et pourtant, rien n’avait évolué.

Mais je ne devais pas me laisser distraire par la bêtise humaine. Dans ce reflet désagréable du passé qui s’offrait à moi, un élément avait changé. Et cet élément, c’était moi, Violet Leblanc.

Je n’étais plus la scientifique naïve et fragile de cette époque. J’étais la présidente et fondatrice de la fédération Ether, l’organisation la plus influente de France, et parmi les plus puissantes mondiales.

Ce scandale à cause d’Hélios n’était qu’une pluie battante dans l’océan que je devais traverser afin de rejoindre l’homme qui avait sombré par ma faute lors du « Purple Requiem » de Yokohama qui avait scindé Tokyo en deux.

Si je devais chavirer, alors j’allais continuer mon périple à la nage. Il était hors de question de s’arrêter après toutes ces années alors que je touchais du doigt mon but.

Tout en repensant au passé, j’attrapai l’un des cadre photo d’une main et ne pus m’empêcher de sourire bêtement en revoyant cette bande de joyeux étudiants que nous étions.

Lentement, je passai mes doigts sur la vitre et m’arrêtai sur le visage d’un de mes anciens camarades en particulier.

« Ne t’inquiète pas, bientôt, je laverai ton nom tout comme tu as lavé le mien, Namatame Soichiro. »


Violet : Naissance



Spoiler :



Une journée comme les autres au laboratoire de l’école venait de commencer. Le club de science, ou plutôt l’équipe technologique et historique de l’académie Rikoukei, s’était rassemblée comme chaque jour afin de planifier les activités pour la fin de l’année qui approchait à grand pas.

Nous étions chargés de toute l’organisation – et quand je disais toute, je parlais bien de faire le travail de l’administration à sa place grâce aux brillantes idées de notre bien aimé fondateur – de la cérémonie de fin d’année.

Mais entre la théorie et la pratique existait un fossé abyssal et cela faisait maintenant presque une semaine que nos réunions tournaient en rond.

Alors que Akame, le savant fou du club, souhaitait utiliser de la TNT en guise de feu d’artifice, Laure, la maniaque de chimie et fan de peluches, penchait plutôt pour le laisser se débrouiller seul. Hakaze, la fiancée de notre superviseur, toujours en troisième année depuis sept ans, voulait faire un copier-coller des sept précédentes cérémonies Masamune, l’homme à tout faire et amateur de thé, voulait transformer ce jour en banquet géant et nous imposait par la même occasion de faire la cuisine pour tous les élèves, professeurs et corps enseignant.

J’ignorais ce qui me retenait dans ce club stupide, sincèrement. Heureusement, notre leader, Soichiro Namatame, relevait légèrement le niveau. Il était le plus normal de la bande bien que facilement influençable.

Il était encore tôt ce jour-là…enfin, tôt pour cette bande de cas désespérés. Car pour moi, Midi était une heure plus que raisonnable pour commencer les réunions. Mais malheureusement, seuls Soichiro et notre superviseur, le professeur Ryoko Seiu, semblaient partager le même avis que moi.

Lorsqu’une explosion au bâtiment principal retentit, je me pris la tête dans les bras et le professeur lâcha un long soupir avant de se lever pour aller constater les dégâts causés par Masamune et Akame.

Mon portable vibra au même instant et je reçus un message de Laure qui s’excusait pour leur « retard imprévu ».

« Quelle bande de bras cassés, grognai-je sans même ouvrir complètement ce SMS. Qu’est-ce que je fais encore là ?…

-Je me le demande moi aussi. Ca doit être au moins la septième fois de la semaine que tu me poses la question, me répondit Soichiro d’une voix légère.

-Ce club est stupide. Il ne nous apporte rien de bon à part des heures de colles et des avertissements.

-Vraiment ? Dans ce cas, pourquoi ton fond d’écran est-il cette photo que nous avons prise tous ensemble il y a trois ans ? »

Je ne pus m’empêcher de sourire en regardant ladite photo sur mon téléphone. C’était vrai…Pourquoi l’avais-je mise en fond d’écran ? Je ne le savais pas moi-même.

Malgré tout ce que je pouvais dire, je me souvenais parfaitement du jour où le club s’était formé. L’enchainement d’action qui lui avait donné naissance était tellement improbable d’un point de vue statistique qu’il n’aurait jamais dû se former… Et pourtant, j’étais là, dans cette chambre miteuse réaménagée en laboratoire, en compagnie de Soichiro, préparant le festival de fin d’année.

« Le destin est décidément bien étrange… »


Je marchais dans le long couloir de l’académie, un lourd dossier sous le bras, en direction du bureau de direction. L’endroit était tel que me l’imaginais depuis maintenant dix ans. D’immenses baies vitrées, un sol flambant neuf, des murs placardés d’affiches et d’offres d’emplois, une odeur de produit d’entretien embaumant l’air ambiant et des étudiants courant dans tous les sens.

A mon passage, les élèves s’écartaient et les murmures s’élevaient mais je n’y prêtai pas attention. Il fallait dire que je devais paraitre étrange pour eux. Après tout, je n’étais pas habillée de l’uniforme de l’école mais d’une simple blouse de laboratoire au-dessus d’une chemise et d’un jean tout ce qu’il y avait de plus classique.

Et pour cause. Ce jour-là était ma première journée en tant qu’étudiante à Rikoukei, la plus prestigieuse académie scientifique au monde, située à Yokohama, près de Tokyo.

J’avais rendez-vous avec l’un des plus éminents professeurs de l’académie, le professeur Ryoko Seiu, un vieil ami de mes parents, grâce à qui j’avais pu rentrer sans même passer le test d’admissibilité. Après tout, je n’aimais pas le faire valoir auprès des autres, mais j’étais sortie diplômée du bac à quinze ans seulement et ce n’était pas les offres qui manquaient quant à un choix pour mes futures études.

Toute ma vie, j’avais reçu une éducation assez stricte, fortement axée sur les études. Mes parents, bien qu’aimants, n’avaient que peu de temps à me consacrer à cause de leur travail. C’était donc mon majordome, Elwood, qui s’était occupée de moi depuis ma plus jeune enfance.

Malheureusement, être fille de millionnaire avait aussi ses défauts, si bien que peu de gens osaient m’approcher au collège et au lycée, de peur d’avoir des ennuis s’il m’arrivait quoique ce soit. C’était en grande partie pour cela que j’avais choisi de faire mes études supérieures à l’étranger, loin de la France, là où personne ne me connaissait.

Finalement, j’arrivais devant le bureau de celui qui allait devenir mon superviseur. Je frappai trois fois à la porte et une voix grave m’invita à entrer.

Pour quelqu’un qui était l’un des scientifiques les plus éminents de notre siècle, son bureau était franchement… Quelconque. Un petit vingt mètres carrés tout au plus où s’entassaient dossiers éparpillés ainsi que livres et papiers en tous genres. Il n’y avait qu’un bureau, assez petit pour quelqu’un de son rang, et deux chaises pour recevoir ses élèves comme moi. Au moins, il pouvait profiter de la magnifique vue sur la mer et sur la centrale en construction.

Le professeur, lui, était tel que dans mes souvenirs brumeux de lui. Un grand homme d’une trentaine d’année, au visage assez mince et aux longs cheveux tombant sur son front de manière désordonnée. Ses grands yeux bleus respiraient la bienveillance à mon égard.

Il m’attendait, les jambes croisées tout en fixant l’océan, assis sur sa chaise à roulettes, elle aussi, très quelconque.

« Ah, mais si ce n’est pas cette chère Violet Leblanc, déclara-t-il d’une voix franche et heureuse. Je ne t’attendais pas aussi tôt tu sais. Mes parents m’ont à peine prévenu de ton arrivée que je te vois déjà à l’académie !

-Bonjour professeur, lui répondis-je solennellement en m’inclinant. Effectivement, je suis arrivée hier mais si je suis venue au Japon, ce n’est pas pour faire du tourisme.

-Je reconnais bien là le génie que tu es ma chère enfant. Toujours aussi sérieuse, cela fait plaisir à voir ! S’amusa l’homme. La détermination, le travail et le sérieux sont deux valeurs que nous prônons, ici, à l’académie Rikoukei, je suis certain que… »

Au même moment, une explosion provenant de notre bâtiment retentit et coupa la parole au scientifique. Je sursautai, pensant à une attaque mais le professeur, lui, resta de marbre et lâcha simplement un long soupir.

« Masamune…Pourquoi me fais-tu passer encore pour un clown…

-Je vous demande pardon ? C’était normal cette explosion ? M’étonnai-je en fronçant les sourcils.

-Normal, non. Habituel, oui. Mais passons, tu t’y feras très rapidement je pense. »

J’étais sceptique. Pour une première impression dans cet établissement mondialement réputé, il y avait mieux. Mais peut-être était-ce le fameux « esprit d’innovation » qui était le plus grand atout de l’académie. C’est pourquoi, je décidai de ne pas relever.

Rien d’étrange ne survint durant la suite de l’entretien. Après avoir échangé quelques banalités, le professeur prit mon dossier et me donna mon uniforme, ma carte d’accès aux différents bâtiments, mon emploi du temps ainsi que les clés de ma chambre.

« Voila, tu es donc officiellement élève à l’académie Rikoukei ma chère Violet. Si tu as la moindre question, n’hésite pas à me demander. Je passe le plus clair de mon temps dans ce bureau en attendant la construction du nouveau réacteur.

-Justement, j’avais une question professeur. J’ai cru voir que votre club de science possédait une réputation certaine et avait remporté de nombreux prix. J’aimerais beaucoup l’intégrer et participer à ces activités qui me semblent passionnantes. »

Ryoko grimaça lorsque j’évoquais ce club puis se saisit d’un stylo qui se trouvait à sa portée et commença à le faire tourner frénétiquement entre ses doigts d’un air contrarié.

« Je suis effectivement le superviseur de ce club, me répondit-il. Et il reste également de la place…Beaucoup trop de places depuis la dernière promotion.

-Parfait. S’il y a des formalités à remplir, je les ferais sur le champ. »

Ryoko se mordit la lèvre.

« Avant de prendre une mauvaise décision, je t’invite à aller voir par toi-même ce qu’il en est, reprit-il, peu serein. Il y a des choses…qu’il faut voir pour les croire. »

Je penchais la tête sur le côté, intriguée. Pour toute réponse, l’ami de mes parents m’indiqua simplement la salle de club d’une croix rouge sur le plan de l’école, et précisa longuement que l’infirmerie était toute proche en cas de problème.

Sur le moment, je ne compris pas ses paroles et pris la direction qu’il m’avait indiquée, encore ignorante de l’absurdité de ce monde.


La salle de club se trouvait légèrement en retrait par rapport à l’académie, dans un bâtiment perdu au milieu des arbres et de la végétation. Si j’y étais allée directement, c’était surtout parce qu’elle se trouvait non loin des dortoirs… pour ne pas dire dans les dortoirs.

Mais alors que j’approchais de ma destination, quelqu’un me bouscula et me fit tomber face contre sol.

Génial. Dès mon premier jour, je me retrouvai couverte de boue alors que j’avais acheté des vêtements flambant neufs pour l’occasion.

Je cherchai du regard l’énergumène qui m’avait bousculée mais tout ce que je vis fut une blouse de laboratoire disparant entre les talus.

J’avais bien envie d’apprendre la politesse à cette personne quand je m’aperçus qu’elle avait laissé tomber quelque chose derrière elle. Une sorte de…barre enroulée dans de l’aluminium.

Lorsque je la pris dans ma main, je constatais qu’elle était chaude. Était-ce son sandwich pour le déjeuner ?

Sans trop savoir pourquoi, je pris l’objet et le mis dans mon sac avant de reprendre ma route.

Je marchais encore cinq bonnes minutes dans cet immense parc, entourée de verdure et bercée par les chants des oiseaux. Les gens étaient peut-être un peu étranges ici mais je devais reconnaitre que le cadre était magnifique. Exactement tel que les brochures le vendaient.

Finalement, j’arrivai devant ce qui était censé être la salle du club de sciences. Un laboratoire futuriste, pleinement équipé des dernières technologies de pointe, flambant neuf et…Et une minute, ce n’était qu’une remise !

Je regardai plusieurs fois le plan que m’avait donné le professeur, à l’endroit, à l’envers, par derrière et même en miroir mais rien n’y faisait. Cette cabane de jardin miteuse était la salle d’opération du plus grand club de sciences au monde.

Pour couronner le tout, le toit semblait avoir explosé récemment. De la fumée s’échappait de la charpente et par terre gisaient quelques tuiles carbonisées.

J’eus un temps d’arrêt. Peut-être devais-je faire demi-tour tout compte fait. J’avais encore pleinement le temps de découvrir les locaux. Après tout, je n’étais qu’à mon premier jour. Je m’étais certainement perdue en chemin. Mieux valait réessayer plus tard et…

Alors que j’avais déjà tourné le dos à ces ruines, prête à repartir, une nouvelle explosion retentit à quelques mètres de moi. Des bouts de verres volèrent tout autour de moi et vinrent se planter dans les troncs d’arbre comme des shurikens.

Je me figeai. Je n’osai plus faire un geste. Un mètre plus à gauche et j’aurais été tuée sur le coup.

Derrière moi, une porte s’ouvrit en grinçant et une voix aigue mais ferme prit la parole.

« Akame, sombre crétin ! Je t’ai demandé du Sodium Solide, pas ton gouter !

-C’est bon, j’ai confondu, ça arrive à tout le monde, Laure ! Geint un autre. J’ai emballé les deux dans de l’aluminium !

-Les…les gars…Je me sens pas bien… »

N’osant toujours pas me retourner, j’entendis ensuite un corps que l’on trainait au sol, puis le bruit de roulettes sur le gravier et enfin, un brancard passa en trombe à côté de moi, poussé par un scientifique aux airs crétins et une fille aux longs cheveux sombres.

Ils continuèrent leur route sans même me voir alors que l’un de leur compagnon gisait sur ce brancard en se plaignant comme un enfant.

Alors que les trois élèves sortaient de mon champ de vision, je restai bouche bée, ne sachant pas si je devais être effarée, effrayée ou juste inquiète pour eux.

« Fais comme si tu n’avais rien vu Violet, cela sera mieux pour tout le monde… »

Je sursautai en entendant mon nom. Cependant, j’avais reconnu cette voix. Et en me retournant, le visage de la personne qui me faisait face me rassura un peu.

C’était celui d’une femme de vingt-cinq ans, aux longs cheveux de feu et aux yeux bleus comme l’azur. Son nez était droit, reflétant ses origines européennes tandis qu’une fine touche de maquillage faisait ressortir ses joues roses comme à son habitude.

Comment je savais tout cela ? Tout simplement car il s’agissait ni plus ni moins que de la femme du professeur Ryoko.

« Hakaze ? M’étonnai-je. Qu’est-ce que tu fais ici ? Et qui étaient…

-Je suis élève de cette école moi aussi, tu ne vois pas mon uniforme ? Me coupa-t-elle joyeusement.

-Elève ? Tu as redoublé combien de fois pour être encore étudiante ?…

-Sept fois ! Répondit fièrement la femme. Et comme tu peux le voir, je suis également membre du club de science de l’école ! »

Elle pointa du doigt une sorte de pins doré accroché à sa blouse de laboratoire représentant une spirale légèrement en relief que je reconnus comme étant le symbole de l’Ether, le cinquième élément.

« Et ne me dis pas que…

-Ah, désolée que tu aies dû voir cela. Les trois personnes qui sont passées sont aussi membres malheureusement… »

Je lâchai un long soupir et me pris la tête dans les mains.

Alors je ne m’étais pas trompée. Je comprenais pourquoi le professeur m’avait avertie. En quelques minutes, l’image que j’avais de la plus prestigieuse académie au monde venait de voler en éclats, et ce, à peine quelques heures après mon arrivée.

« Bien, j’étais contente de te revoir, Hakaze mais je pense que je vais retourner dans mon dortoir, je dois…

-Attends Violet ! Tu étais venue pour voir le club de sciences je me trompe ? Même si les trois idiots sont hors course, je peux te faire visiter !

-Non, vraiment, je ne veux pas…

-Ne fais pas ta timide parce que tu es plus jeune, nous t’accepterons comme tu es ! De toute façon, tout le monde est étrange ici, tu te sentiras bien avec nous !

-Comment ça ? je ne suis pas… »

La femme du professeur ne me laissa pas terminer et m’entraina de force à l’intérieur de la bicoque fumante et sans fenêtre.

Aussitôt, une odeur nauséabonde de Sulfure d’hydrogène, autrement dit d’œuf pourri, envahit mes narines.

Par réflexe, je me couvris le visage avec la manche de ma blouse, espérant juste que la visite soit aussi courte que cette baraque était minable.

De toute façon, il n’y avait plus grand-chose à voir. Tout avait soit brûlé, soit était tellement quelconque que je ne m’attardais pas dessus. Ici, pas de réacteur surpuissant, de machines à RMN ou de microscope à effet tunnel. Rien que des tables, quelques chaises, un tapis brûlé, une cuisine digne d’une apocalypse et…Un garçon assis par terre.

Je m’arrêtai plusieurs secondes sur lui. Il était tellement absorbé par ses travaux qu’il ne nous avait même pas remarquées. A vrai dire, il n’avait même pas l’air d’avoir pris conscience de son environnement de travail.

Il était assez différent de toutes les autres personnes que j’avais croisées jusqu’ici. Ses cheveux étaient coupés courts, presque de façon militaire et laissaient voir un front dégagé ainsi que deux grands yeux verts. Son expression ne laissait paraitre aucune émotion. S’il ne bougeait pas ses mains sur l’objet qu’il étudiait, j’aurais pensé qu’il s’agissait d’une statue.

Hakaze toussa pour attirer l’attention du garçon et il leva finalement la tête vers nous. Et lorsque nos regards se croisèrent, mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Ses yeux…Ils dégageaient un charisme certain, une force que peu de personne en ce monde pouvaient se venter de posséder… Mais également une tristesse infinie…

« Toi…là… »

Je sursautai. Sa voix était fidèle à son regard. Lente, grave, remplie de sagesse, comme celle d’un homme ayant surmonté de nombreuses épreuves difficiles pour en être sorti bien plus fort que n’importe qui.

« Je…Je m’appelle Violet Leblanc…Bégayai-je, totalement déroutée.

-Violet, je te présente Soichiro Namatame, le président du club. Tu pourrais être un peu plus amical quand même, gronda Hakaze.

-Alors c’est toi qui as…

-C’est moi qui…Déglutis-je, écrasée par le charisme de l’homme.

-C’est toi qui as ramassé les barres d’Uranium d’Akame… »

Mon cerveau lâcha l’affaire pendant une seconde. Puis, lorsque je réalisais les paroles du Soichiro, un seul mot sortit de ma bouche.

« QUOI ?! »





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le bon temps…

heart earth
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[Fic]L'Avènement des Dieux, Rebirth posté le [03/07/2019] à 17:14

Violet : Premiers pas



Spoiler :



Hakaze passa plusieurs fois sa main devant mon visage dans l’espoir de me faire revenir à moi mais je n’avais aucune réaction, à la fois parce que j’étais consternée par ce que ce garçon venait de dire, et à la fois parce que j’étais pétrifiée à l’idée d’avoir une substance aussi mortelle à quelques mètres de moi.

Sans dire un mot de plus, le dénommé Soichiro se leva et s’empara de la matière radioactive qui dépassait de mon sac, l’empoignant à mains nues sous mes yeux ébahis.

Toujours muet comme une carpe, il retourna s’asseoir au milieu du cratère et, après avoir déballé la barre d’uranium sans aucune protection, il la plongea dans l’appareil qu’il était en train de construire. Là, pour la première fois depuis cinq minutes, son visage s’illumina d’un léger sourire lorsqu’il vit une lueur verdâtre émaner de sa boite.

« Et bien voilà, ce n’était pas si compliqué que cela finalement. »

Agissant comme si nous n’étions pas là, Soichiro continua son expérience et claqua des doigts. Aussitôt, le cube se transforma en une sorte de pierre sombre fluorescente tandis que le sourire de l’homme ne cessait de s’agrandir.

Malgré l’absurdité de ce que j’avais devant les yeux, j’étais étrangement fascinée par les travaux de ce fou dangereux. J’ignorais quelle était sa finalité mais en intégrant Rikoukei, c’était ainsi que j’imaginais ma vie. Certes, avec un peu plus de protections, mais l’idée était là. Découvrir, innover, tester, échouer et tout recommencer. Tels étaient les espoirs que j’avais en cette académie.

Soudain, le petit objet se mit à fumer avant de disparaitre dans le néant, ne laissant rien derrière lui, pas même une particule de poussière. La pierre avait été purement et simplement annihilée.

« Encore raté…Soupira le garçon, dépitée.

-C’était impressionnant. Quel était le but de l’expérience ? »

Soichiro poussa un cri de surprise et tomba à la renverse. Le pauvre ne m’avait même pas entendue arriver. Mais j’étais tellement intriguée que je n’avais pas pu m’empêcher de me rapprocher de lui pour voir l’expérience de plus près.

« Un cube pour canaliser l’énergie, grommela-t-il en guise de réponse.

-Avec de l’Uranium ? C’était en quelle matière ? Et pourquoi du nucléaire ? C’était quoi cette transformation étrange ? Sais-tu ce qu’il s’est passé à la fin ? Est-ce que tu pourrais me donner les plans de tes projets pour que j’y jette un œil ?

-Je…euh… »

Le jeune homme grimaça, gêné tandis qu’Hakaze riait légèrement en nous voyant. Je ne comprenais pas vraiment ce qui avait engendré une telle réaction chez eux, mais je m’en fichais. Je voulais simplement comprendre cette expérience.

« Si tu rejoins notre club, tu auras toutes les informations nécessaires, me lança Hakaze, l’œil brillant. Alors, qu’en dis-tu ? »

J’étais sur le point d’accepter sans réfléchir lorsque soudain, la porte du laboratoire… ou plutôt le bout de bois qu’il restait, s’ouvrit et se fracassa contre le sol.

Nous nous retournâmes en sursaut pour voir entrer le professeur Ryoko, les yeux ronds, l’air, non pas interdit par ce spectacle, mais simplement désespéré.

« C’est plus grave que ce que je croyais…Lâcha-t-il d’une voix lasse. Heureusement, personne n’est blessé…

-Je crois que Masamune a perdu un œil mon chéri, rectifia Hakaze dans le plus grand des calmes. »

Le professeur soupira.

« Ça lui apprendra à mélanger le sodium et l’eau. Je lui avais dit que l’énergie libérée était bien trop instable pour être récupérée. Combien de grammes de Sodium au passage ?

-500 ? Hasarda la femme du professeur.

-500 grammes de gâchés…Au moins il n’a fait exploser que votre laboratoire, c’est déjà ça…

-Heureusement que Soichiro avait son spiritual sinon nous étions bons pour l’hôpital ! Lança celle qui se disait adulte dans un grand éclat de rire. »

Tout compte fait, j’allais peut-être réfléchir à deux fois avant d’intégrer ce club étrange. Même si certaines expériences semblaient passionnantes, je n’étais pas prête à jouer ma vie avec une bande de cinglées.

Cependant, ce que déclara par la suite le professeur me fit réfléchir une troisième fois.

« Et sinon mon cher Soichiro, où en est ton réacteur perpétuel ? Ça avance ?

-Comme vous pouvez le voir professeur…Je crois qu’à défaut de créer un canalisateur d’énergie, j’ai créé un téléporteur vers Izrath…

-A…Attendez, qu’est-ce que c’est que ces histoires ? M’étranglai-je. Un réacteur perpétuel ?! Un téléporteur vers Izrath ?! Vous tentez vraiment de créer de telles choses ici ?!

-Ah, Violet, j’avais oublié de te parler de ce détail. Voici Soichiro Namatame, l’esprit le plus brillant de notre Académie. Comme toi, il est entré sur dossier tant ses résultats étaient phénoménaux. Je pense très sincèrement que dans cette pièce sont réunis deux des plus grands esprits de ce siècle !

-En vérité…Je ne comptais pas créer de téléporteur, c’était une simple erreur de calcul. Il faudra que je me replonge dans mes recherches, déclara Soichiro en ignorant totalement les compliments de Ryoko.

-Laisse-moi t’aider ! M’exclamai-je alors, des étoiles brillant dans mes yeux. Si tu réussis à construire ce réacteur perpétuel, je veux pouvoir participer à sa conception aussi !

-Je n’aime pas particulièrement travailler en…

-Mais c’est une superbe initiative que tu as là Violet ! Je suis heureux de voir que tu t’intègres aussi rapidement parmi ces dégé…euh, je veux dire, au sein de notre académie ! A présent, si tu veux bien m’excuser, je vais voir comment se portent des esprits légèrement moins… brillants et beaucoup plus turbulents… »

Sur ces mots, le professeur prit congé, accompagné d’Hakaze qui le suivit jusqu’à l’infirmerie. Ce qui ne laissa plus que Soichiro et moi dans cette salle dévastée.

Aussitôt, un profond malaise s’installa entre nous. Le garçon ne semblait vraiment pas aimer communiquer et moi, chaque fois que je le regardais dans les yeux, j’étais écrasée par le charisme qu’il dégageait.

Finalement, après de longues minutes de silence gênant, le garçon finit par se lever et alla chercher une petite boite ayant miraculeusement survécu au milieu des débris. Là, il en sortit un pin semblable à celui d’Hakaze et me le tendit sans me regarder.

« Bienvenue dans le laboratoire E.T.H.E.R, euh…

-Violet. Violet Leblanc, lui répondis-je en prenant son badge, mal à l’aise.

-Je te préviens, tu viens de mettre les pieds dans un monde totalement à part. Je te conseille de te préparer si tu ne veux pas devenir aussi folle que les autres membres.

-Merci du conseil mais je ne suis pas ici pour me faire des amis, rétorquai-je d’une voix bien plus froide que je ne l’aurais voulu. Je suis ici pour faire avancer la science et aider l’humanité à évoluer dans le bon sens.

-Dans ce cas, tu t’es trompé d’adresse. Masamune et les autres font plutôt régresser l’humanité au stade d’homme des cavernes…Me répondit le garçon d’une voix éteinte. Enfin, puisque tu es là, je compte sur toi pour être plus efficace qu’eux, gamine.

-Qui est-ce que tu traites de gamine ?! M’offusquai-je. Je suis peut-être plus jeune que toi mais… »

Sans me laisser le temps de finir, le garçon me lança un balai que j’attrapai maladroitement tandis qu’il se saisit de l’aspirateur.

Je gonflai les joues, frustrée. Si ce type n’avait pas été un génie comme le disait Ryoko, je l’aurais déjà envoyé voir ailleurs. Mais je me contins. Je ne pouvais pas me fâcher dès le premier jour avec la seule personne sensée de ce club bidon.

Ainsi, je ne protestai pas et nous passâmes une bonne partie de l’après-midi à nettoyer le bazar mis par les autres membres.

Enfin, alors que le soleil commençait à décliner à l’horizon, il ne restait de la catastrophe que des fenêtres brisées et un toit inexistant.

« Zephyra. Time Freeze s’il te plait, déclara très calmement le garçon. »

Je restai bouche bée, les yeux ronds de stupeur. En un clignement d’œil, la bâtisse fût réparée, ne laissant plus aucune trace de l’explosion. Tout était revenu à son état d’origine… Bon, ce n’était toujours pas le luxe et très semblable à l’environnement détruit, mais au moins, cela ressemblait davantage à une salle de club qu’à un champ de bataille.

« Si tu veux savoir, mon Spiritual possède quelques facultés intéressantes. Notamment celles de renverser le temps ou de me protéger des radiations.

-Alors…c’est pour ça que tu étais aussi calme tout à l’heure ?

-Evidemment. Tu crois réellement que je prendrais à mains nues une barre d’Uranium ? Je ne suis pas aussi inconscient que toi gamine.

-A quel moment aurais-je pu penser rationnellement qu’il s’agissait de cela…Grognai-je, encore sous le choc de cette révélation.

-Mais à présent que les plans sont réparés, suis-moi, je vais te montrer sur quoi je travaille actuellement. Peut-être que tu pourras m’aider à débloquer la situation. »

Ma curiosité prit le dessus sur mon énervement et je rejoignis Soichiro autour de la grande table sur laquelle étaient posées des dizaines de feuilles remplies de calculs, à première vue incompréhensibles pour un esprit normal, mais simplement compliqués pour moi.

Du moins, c’était ce que je pensais. Car j’avais beau relire plusieurs fois la première page, une des variables m’était inconnue.

« Compliqué n’est-ce pas ? Avec le professeur, nous travaillons actuellement sur un canalisateur d’énergie. Notre but est de trouver une source suffisamment puissante, durable et propre pour alimenter toute la ville.

-Cette barre d’Uranium…c’était ça votre solution ? M’étonnai-je. Le nucléaire n’est pas vraiment révolutionnaire…

-Pour une scientifique, tu manques clairement d’imagination, rit-il légèrement. En vérité, le téléporteur vers Izrath n’était pas un échec total.

-Attends…ne me dis pas que tu voudrais utiliser en tant que source d’énergie…

-Du Kvantiki, si. C’est exactement ce que je recherche. »

J’écarquillai les yeux. J’avais très souvent lu des articles scientifiques évoquant la possibilité de canaliser l’énergie d’Izrath en tant qu’énergie durable mais aucun projet sérieux n’avait vu le jour jusqu’à aujourd’hui. Il fallait dire que les seules sources connues sur terre étaient ces artefacts mystérieux que nous possédions. Et évidemment, il était interdit de se servir d’êtres vivants comme source d’énergie.

Néanmoins, Soichiro était la première personne à réfléchir à un moyen, non pas de récolter du Kvantiki, mais d’aller le chercher directement à la source. Et pour cause, nul n’avait jamais mis les pieds en Izrath.

« J’imagine que tu me prends pour un fou toi aussi ?

-Non, non, pas du tout ! répondis-je précipitamment. Simplement…Nous n’avons aucune information sur ce monde, alors comment…

-Moi j’en ai, rétorqua Soichiro, l’œil brillant.

-Co…Comment ?! M’étranglai-je.

-Je suis accompagné par deux Spirituals, mais également deux amies de longues dates qui m’aident dans mes projets. Même si elles ne sont pas scientifiques comme moi, elles peuvent m’expliquer le fonctionnement de leur monde.

-Je vois…C’est donc pour cela que ces variables ne me parlent pas…Parce qu’elles ne parlent à personne sur terre…Murmurai-je en croisant mes bras sur ma poitrine, pensive.

-C’est exact. Mais je peux te les expliquer. En échange de quoi, j’aimerais que tu relises mes calculs pour comprendre d’où vient ma faute. »

J’acquiesçai aussitôt, n’ayant pas conscience que ce dans quoi je m’engageai allait être ce que l’on peut appeler, l’œuvre d’une vie.

Ainsi, Soichiro passa la soirée à me révéler tout ce que Zephyra et Azéthys, ses deux Spirituals, lui avaient appris sur Izrath, sur le fonctionnement de leur monde, mais aussi sur les liens qui l’unissait à la terre et de quelle façon les Spiritual pouvaient se manifester physiquement.

Selon elles, l’artefact n’était qu’une passerelle, un moyen de relier nos deux mondes. Et c’était sur cette théorie simple que se fondait tout le raisonnement de mon nouveau camarade de club. Son but : créer un artefact relié, non pas à un Spiritual, mais au noyau d’Izrath lui-même.

Ce projet pouvait parait fou et irréalisable aux premiers abords, et pourtant, mon âme de scientifique voulait y croire.

J’avais vu de mes propres yeux ce cube disparaitre de notre monde. Soichiro avait déjà réussi à créer une passerelle entre nos mondes, à créer un artefact artificiel somme toute. Pouvoir le relier à une entité en particulier devait être faisable également.

Et désormais, c’était à moi, Violet Leblanc, qu’incombait la tâche de relire ces travaux qui, je le pensais sincèrement, pouvaient changer la face du monde à jamais.

Le soleil ayant disparu derrière l’horizon, je décidai de ne pas plus trainer et reprendre ces travaux le lendemain.

Je remerciai Soichiro et m’éclipsai rapidement en direction de ma propre chambre. Cette journée, bien qu’étrange, avait déjà été riche en enseignement, et ce, alors que les cours n’avaient même pas encore commencé. Cette année s’annonçait plutôt intéressante. Rikoukei méritait bien sa réputation d’école à part dans la société.


Comme promis, je revins le lendemain aux aurores pour commencer mes recherches. Cependant, ce jour-là, ce ne fut pas Soichiro qui m’accueillit mais trois apprentis sorciers ; je n’avais pas d’autres mots pour les décrire, autour de la grande table.

Ils ne semblaient pas m’avoir entendue rentrer tant ils étaient occupés par leur expérience, visiblement passionnante.

Le groupe se composait des trois personnes que j’avais vues sortir en brancard la veille. Un garçon aux airs abrutis, coiffé de façon ridicule où tous ses cheveux étaient tirés vers l’arrière grâce à je ne sais quel gel poisseux, parlait fort et hurlait des mots incompréhensibles. Il avait l’air, disons-le, vraiment dérangé avec sa blouse blanche beaucoup trop longue pour lui et son sourire de savant fou.

A côté de lui, un autre garçon, plus baraqué, au visage carré et aux cheveux en bataille retenu par un bandeau pourpre mangeait tranquillement son sandwich au-dessus du bécher d’expérience. Je remarquai aussi une longue balafre sous son œil gauche, encore rouge, signe qu’elle était récente.

Enfin, la dernière, une jeune fille de dix-sept ans, aux longs cheveux couleur corbeau, insultait joyeusement et sans retenue ses deux camarades. Son langage verbal tranchait d’ailleurs beaucoup avec son apparence. Son visage avait des traits plutôt doux. Ses yeux sombres pétillaient de malice et ses lèvres étaient recouvertes d’une fine couche de rouge à lèvre qui faisait ressortir sa bouche au milieu de son teint clair.

Intriguée, je m’approchai d’eux pour voir de plus près leur étrange expérience… et je me figeai. Le bécher était rempli d’une substance noire et pétillante, légèrement acide, plus communément appelée coca-cola. Le garçon au bandeau tenait dans sa main un tube de mentos tandis que le crétin de la bande jouait joyeusement avec du sodium solide.

« Dites, vous êtes sûrs que c’est une bonne idée ? Hasarda le balafré. Parce que hier on a bien failli…

-On ne contredit pas Akame Shintarou, le scientifique qui va révolutionner le monde ! Laure, ma chère, verse l’explosif dans la solution je te prie !

-Si tu continues à me parler sur ce ton, c’est la solution que je vais verser sur toi sombre crétin. »

Sans précaution, aucune, la jeune fille s’empara des deux bombes et les lâcha juste au-dessus du bécher. Avec une réactivité surhumaine, je m’emparai de cet engin de mort et le jeta contre le mur, juste avant que les deux composés n’entre en contact avec le coca.

Les trois fous regardèrent longuement leur expérience s’écouler sur le sol avec des regards dépités, ne comprenant pas ce qui venait de se passer.

« Non mais ça va pas vous trois ! M’écriai-je rouge de colère, le cœur battant à tout rompre. C’était quoi cette expérience, vous vouliez faire sauter l’île ou quoi ?!

-Et bien c’était une possibilité évoquée par Masamune, oui, me répondit naturellement la fille en haussant les épaules.

-Selon mes calculs, seul cet endroit aurait sauté mais grâce au canalisateur d’énergie d’Akame, nous aurions pu avoir de quoi alimenter toute l’école pendant une semaine !

-Et toi, jeune fille aux cheveux de paille, qui es-tu pour venir interrompre cette expérience de la plus haute importance ? Me demanda l’abruti en chef d’une voix excessivement grave. »

Je soupirai et pris au maximum sur moi. Ce n’était qu’un mauvais à passer, une épreuve à surmonter si je voulais mener à bien mes recherches. Je devais rester calme et faire comme si tout était normal.

« Je m’appelle Violet Leblanc. J’ai intégré votre asi…Euh, je veux dire votre club hier, je suis ra…ra…ravie de vous rencontrer. »

Chaque mot que je prononçai était un supplice. Je n’avais qu’une envie, m’éloigner au plus vite d’eux.

« C’est étrange. Personne ne nous a parlé d’un nouveau membre. Serais-tu…une espionne du CERN jeune fille ?! »

Je me retins de frapper au visage cet abruti qui commençait à me taper sur les nerfs.

« Allons Akame, pour l’amour du ciel, tous les élèves de cette école ne sont pas des espions du CERN ! S’écria Laure. »

Je souris. Au moins, il y avait une personne un peu plus sensée dans cette pièce…Du moins, c’était ce que je croyais…

« N’oublie pas que les USA et le Népal ont aussi leurs espions, tu ne peux pas tout mettre sur le dos du CERN !

-Le…Népal ? Répétai-je, interdite par l’absurdité de cette déclaration.

-Oui. J’ai lu sur internet qu’un complot de grande envergure se préparait là-bas. Nous devons être capable de faire face à…

-Je m’en fiche ! La coupai-je, à bout. Je suis simplement ici pour aider Soichiro dans ses recherches !

-Soichiro ? Est-ce que vous pensez que Soichiro est aussi un agent Népalais ? Demanda l’idiot au bandeau au reste de la bande. »

Je me pris la tête dans les bras tout en lâchant un long soupir. Ces trois excentriques étaient réellement en train de débattre sur cette question…

Alors que j’étais sur le point de devenir aussi folle que ces trois-là, la porte s’ouvrit derrière nous et je crois que jamais je ne fus aussi heureuse qu’à cet instant précis de voir débarquer le professeur Ryoko. Il était accompagné de sa femme ainsi que de Soichiro. Tous trois semblaient abasourdis par la scène qui se tenait devant eux.

« Qu’est-ce…Qu’est-ce qu’il s’est passé ici ? Murmura le professeur, les yeux ronds.

-Ces trois là sont en train de se demander si…

-C’est la première fois depuis le début de l’année…la première fois que je rentre dans cette pièce et que je ne sens pas une odeur de brûlé… »

Un instant plus tard, Ryoko éclata en sanglots tandis que sa femme sortit un mouchoir de sa poche, tout aussi émue que lui.

Soichiro ignora royalement le remue-ménage et s’installa à la grande table avant de sortir à nouveau les plans de son canalisateur et de s’y plonger pleinement.

Je décidai d’agir de la même façon que la seule personne sensée dans ce laboratoire de fou et me plongeai dans les calculs auprès du meilleur élève de l’académie.

Ainsi passa la matinée. J’étais tellement absorbée par mon travail que je ne vis pas les heures passer. L’étude de Soichiro était réellement passionnante. Elle mêlait la théorie de l’effet tunnel aux pouvoirs des Spirituals et la mécanique quantique en général afin d’ouvrir les mêmes passerelles qu’utilisaient les Esprits pour venir dans notre monde. Telle était la première grande étape de son projet titanesque.

C’était fascinant. Tout bonnement fascinant. Jamais de toute ma vie je n’avais lu de pareilles équations. Soichiro n’était pas seulement un brillant élève premier de la classe. Il possédait également un esprit d’innovation hors du commun et n’hésitait pas à prendre des chemins détournés pour arriver à ses fins.

Pour la première fois, j’eus l’impression de rencontrer un vrai rival, quelqu’un capable de me faire de l’ombre, une personne…à part. Je ne devais pas me laisser distancer. Je me devais d’inscrire mon nom dans l’histoire à côté du sien. Car j’en étais persuadée. Ce garçon aux allures de prolétaire, discret et peu bavard…pouvait changer le monde.

Alors que Ryoko, Soichiro et moi étions perdus dans le monde des mathématiques et de la physique, Hakaze arrêta les activités de chacun afin de servir le déjeuner.

Ce n’était pas du grand luxe, simplement des sandwichs de la cafétéria, mais cela me faisait étrange de manger en compagnie du club.

Depuis toujours, c’était Elwood qui me préparait mes repas et je mangeai seule, dans ce grand château qui me servait de maison. Mes parents ne m’avaient jamais inscrite à la cantine, c’est pourquoi, lors des sorties scolaires, je me retrouvai souvent seule dans mon coin, à regarder les autres de loin rire et s’amuser ensemble autour de sandwich et de chips bon marché, rêvant de les rejoindre sans en trouver le courage.

C’est pourquoi, ce premier repas, même entourée d’une bande d’abrutis fini, faisait battre mon cœur à tout rompre dans ma poitrine et je savourai chaque bouchée de ce pain sans gout.

Pendant ce cours laps de temps, je pus faire plus ample connaissance avec mes nouveaux « camarades » de club.

Masamune Nishijima était rentré dans cet école dans l’espoir de travailler plus tard dans la police scientifique. Il semblait être un très grand fan de toutes ces séries policières que je ne regardais pas. J’appris également que sa cicatrice était l’œuvre, non pas d’une expérience, mais de Laure qui lui avait jeté de l’acide sulfurique sur le visage après qu’il avoir un malaise.

Cette dernière, quant à elle, malgré ses airs de fille parfaite et son langage de tueuse à gages, désirait travailler dans la médecine légale. Elle avait beau insulter ses deux amis en permanence, elle semblait très concernée par leur sort et s’inquiétait tout particulièrement de l’avenir d’Akame. Le savant autoproclamé fou, ne désirait que renverser les standards de la société et instaurer un nouvel ordre mondial…ou quelque chose du genre, je n’avais pas tout compris.

Je ne parlais que très peu de mes origines pour ma part. Je n’avais pas envie que les mêmes phénomènes qu’au lycée ne se reproduisent ici. J’avais été tellement isolée pendant cette période que je n’avais gardé qu’une seule amie durant toute ma scolarité en la personne de May. Si j’étais venue au Japon, c’était bien pour rester discrète et commencer une nouvelle vie.

Ryoko l’avait bien compris lui aussi et avait falsifié tous mes dossiers pour que je ne sois plus qu’une simple étudiante étrange, simplement venue son invitation.

Vers trois heures de l’après-midi, je pensais que nous allions reprendre toutes nos activités, ou même aller en cours pour une fois mais Akame, le chef de ce laboratoire, et également locataire de cette chambre, eut une autre idée.

« Bien, à présent en tant que président de l’équipe technologique et historique de l’école Rikoukei, moi, Akame, déclare qu’il est grand temps de…prendre une photo collective pour que notre laboratoire reste dans les archives comme étant le plus grand que l’école n’ait jamais connu !

-Il dit ça mais c’est uniquement parce que l’administration lui a demandé, ricana Laure.

-En effet, vous êtes le seul club n’ayant encore rendu aucun dossier, reprit Ryoko en sortant une cigarette. C’est pourquoi… »

Le professeur se fit couper la parole par Hakaze qui s’empara du briquet de l’homme avant de le jeter par la fenêtre.

« C’est pourquoi nous allons réaliser une photo de groupe et jeter toutes ces horreurs, n’est-ce pas chéri ? »

Il lâcha un long soupir puis abandonna la bataille devant le regard assassin de sa femme.

Comprenant que ce n’était pas simplement un délire de l’abruti en chef mais une formalité administrative, je ne protestai pas.

Ainsi, nous nous assîmes tous autour de la grande table, chacun en blouse de laboratoire tandis que des fioles remplies de colorant alimentaires étaient disposées devant nous.

C’était amusant. J’avais souvent vu des photos de ce club de science dans les brochures de l’école mais je ne m’étais jamais imaginée en faire partie un jour.

« A trois, vous souriez à la caméra ! Nous lança Ryoko avant de nous rejoindre. »

Me souvenant des photos des années précédentes, je souris à pleine dents. Cependant, tout ne se passa pas comme prévu.

Akame, dans un élan de bêtise insondable, jugea bon de rire fort et d’écarter les bras pour faire voler sa blouse devant lui. Il poussa dans la foulée Masamune qui tomba sur Laure de tout son poids. La jeune fille, furieuse, le repoussa et je fus entrainée avec lui dans sa chute. Ma tête heurta celle de Soichiro tandis que les fioles de colorant se répandirent sur nos blouses.

Un Flash lumineux immortalisa cet instant, figeant à jamais l’idiotie de ce club.

C’est ainsi que le lendemain, notre photo fut affichée dans les couloirs de l’école, aux côtés de celles des autres associations et je ne pus m’empêcher de me couvrir le visage de mes mains tant j’avais honte.

Soichiro et moi étions à terre, les blouses devenues multicolores à cause des fioles. Laure avait le regard d’une tueuse. Masamune avait été pris lors de sa chute. Akame avait l’air d’un fou à rire seul au milieu du chaos. Hakaze s’esclaffait seule un peu à l’écart et le professeur regardait la scène, gêné.


Oui. Tel avait été mon premier jour au sein d’E.T.H.E.R, le club de science de l’académie. Les années avaient passé. Le club avait évolué. Nous avions appris, plus ou moins, à nous supporter les uns les autres. Soichiro et moi avions découvert de nombreuses choses lors de nos travaux et notre projet de réacteur Kvantiki se concrétisait peu à peu.

Explosions, incendies et blessures étaient devenus mon quotidien, un quotidien malgré tout précieux, dans lequel chaque instant était unique, marqué par des rires et des peurs, des réussites et des échecs, des moments de complicité et de tension, des instants de camaraderie et de rivalité.

Et avant même que je ne m’en rende compte, nous nous étions retrouvés là, en troisième année, à organiser cette cérémonie de clôture qui devait marquer pour nous la fin d’un cycle, la fin d’un club, la fin de l’équipe technologique et historique de l’école Rikoukei, la fin de notre collaboration à Soichiro et à moi.

Mais c’était également pour cette raison que je comptais faire de cette journée…la plus belle et la plus mémorable de ces trois courtes années.





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le bon temps…

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[Fic]L'Avènement des Dieux, Rebirth posté le [03/07/2019] à 23:57

allez, je suis inspiré en ce moment sur l'arc violet!


Violet : Jeunesse



Spoiler :



Nous y étions. Le grand jour était finalement arrivé. Le jour fatidique où tout allait prendre fin…et où tout allait recommencer.

Nous avions miraculeusement trouvé un accord sur l’organisation de la soirée. Ryoko avait réussi à mobiliser les autres associations de l’école afin de nous prêter main forte tandis qu’Hakaze avait fait jouer ses anciens contacts pour récolter quelques fonds supplémentaires et surtout, de la main d’œuvre.

De son côté, Akame amusait les foules, montrant des expériences toutes plus farfelues les unes que les autres, sous l’œil attentif de Laure qui n’hésitait pas à le tourner en ridicule sur la place public. Enfin, Masamune servait du thé toute la journée, comme il l’avait promis, grâce à notre dernière invention à Soichiro et moi. Ce n’était pas grand-chose, simplement une sorte de machine à café géante mais qui prenait des sachets de thé à la place des grains de café. Mais au moins, nous étions capables de satisfaire tout le monde.

Pour ma part, avec mon rival et ami, nous n’avions aucun rôle en particulier, autre que d’animer cette soirée et d’accueillir les invités dans le bâtiment principal.

Pour l’occasion, nous avions tous sorti nos plus beaux habits. Fini les blouses de laboratoire sales et trouées à cause des explosions. Ce soir-là, j’avais enfin pu remettre ces vêtements qui trainaient depuis trois ans dans mon armoire.

C’est ainsi que je me présentai à la soirée, sous les exclamations de mes camarades. Il fallait dire que pour eux, je n’étais qu’une fille étrange, de deux ans plus jeunes que les autres, trainant avec les abrutis de l’académie et légèrement excentrique sur les bords en plus d’être première de la promotion.

Mais ce soir-là, cette jeune fille avait laissé place à la Violet que mes parents s’étaient efforcés d’éduquer, à savoir l’héritière d’une des plus grandes et fortunées familles de France.

Je m’avançai lentement sous les regards ébahis des autres élèves. Ma longue robe noire parsemée de paillettes scintillantes flottait à quelques mètres du sol grâce à de fines chaussures à talons haut tandis qu’un vent frais me caressait agréablement ma jambe gauche laissée apparente. Pour couvrir mes épaules dénudées et éviter d’attraper un rhume la veille de la remise des diplômes, j’avais décidé de me couvrir d’un châle sombre de fausse fourrure qui entourait mon cou mais qui laissait entrevoir le long pendentif de cristal en forme de spirale qui pendait sur ma poitrine.

Oui, pour cette occasion, j’avais demandé à ce que chacun des membres du club possède, non pas le badge en toc d’Akame, mais une version légèrement plus…précieuse de notre symbole.

Alors que j’approchai des portes du bâtiment principal, je passai ma main gantée dans mes longs cheveux soigneusement coiffés et légèrement frisés pour ce jour si spécial, afin de les passer tous sur mon épaule gauche.

Là, Soichiro m’attendait. Il avait bien changé depuis notre première rencontre. Ses cheveux avaient poussé de manière désordonnée, son visage était devenu plus mature, ses épaules plus larges mais ses yeux, eux, étaient restés les mêmes.

Mon cœur s’emballa. Le charisme qui dégageait en temps normal était décuplé par le costume sobre et clair, mais élégant qu’il portait ce soir-là. Etant d’une famille pauvre, il n’avait pas les moyens de se payer un véritable smoking mais pour moi, ce deux-pièces trouvé dans une friperie dans les bas-fonds de Yokohama lui donnait l’allure d’un vrai prince.

Je m’arrêtai devant lui et il s’inclina poliment.

« Eh bien gamine, tu en as mis du temps, on n’attendait plus que toi, me lança-t-il d’une voix grave.

-Personne ne t’as demandé de m’attendre, vieux ronchon. Je devais nettoyer la dernière explosion d’Akame. »

Ne lui laissant pas avoir le dernier mot, je sortis la clé et ouvris les portes de la salle de bal. Là, nous mîmes nos rivalités de côté le temps de quelques heures, au moins pour accueillir les étudiants.

L’événement était un franc succès. La salle était pleine à craquer. Des chercheurs reconnus du monde entier étaient également venus à la cérémonie sous l’invitation de Ryoko. A lui aussi, il s’agissait de sa dernière année à l’académie Rikoukei. La construction du réacteur Kvantiki était quasiment terminée et il devait emménager là-bas très prochainement. Il en allait de même que Soichiro.

Ce garçon aux allures frêles mais au charisme écrasant avait réussi. A peine diplômé il avait déjà trouvé un travail stable et reconnu dans le monde entier.

J’étais vraiment heureuse pour lui. Il avait finalement réalisé son rêve. Après tant d’années de dur labeur, son travail était enfin récompensé à sa juste valeur.

La soirée avança conformément à nos prévisions. Pour une fois, aucune explosion, aucun incendie, aucun, aucun blessé grave ne vint troubler cette fête préparée avec minutie.

Mais alors que minuit, l’heure du feu d’artifice de Masamune, approchait, je vis Soichiro s’éclipser discrètement.

Intriguée, je confiai la suite des opérations à Akame – ce qui, après réflexion, n’était peut-être pas l’idée du siècle – et suivis mon partenaire.

Heureusement pour moi, je savais déjà vers où se dirigeait et mon intuition ne me trompa pas. Le leader du groupe s’arrêta sur un rocher à l’écart de toute agitation, faisant face à la mer, et s’assit simplement là pour ne plus en bouger.

Je lâchai un soupir et vins le rejoindre sans faire un bruit. Lorsque je m’installai à côté de lui, le jeune garçon ne notifia même pas ma présence et continua à scruter fixement l’océan, le regard perdu dans les ténèbres de la nuit.

Il faisait frais ce soir là et un vent léger soufflait sur l’île mais ce n’était pas désagréable. Au loin, je pouvais entendre que la fête battait son plein et devant nous, seul le fracas des vagues contre les rochers venait briser le silence de la nuit.

Nous restâmes là, assis sur la grève, sans nous dire un mot, savourant simplement cette dernière soirée à l’académie.

« Dis, Soichiro, tu te souviens de ton arrivée ici ? Finis-je par déclarer d’une voix nostalgique.

-Non…Mais je me souviens de la tienne, me répondit-il toujours sans me regarder. Jamais je n’oublierai cette gamine de quinze ans qui se baladait avec de l’Uranium dans son sac.

-Je t’ai déjà dit cent fois que…Et puis zut, tu sais très bien la vérité. »

Soichiro rit légèrement.

« Quand même…Cela fait déjà trois ans…Et pourtant, j’ai l’impression que j’ai intégré le club hier à peine…

-Pareil pour moi, repris-je en levant la tête vers le ciel constellé d’étoiles. Peut-être est-ce parce que nous sommes tellement plongés dans nos recherches que nous ne voyons pas le temps passer. »

Mon ami ne me répondit rien.

« Au fait, je voulais te féliciter ! Tu vas pouvoir travailler avec le professeur en tant que véritable scientifique maintenant, c’est génial !

-Et toi, Violet…Pourquoi as-tu refusé ? »

Je me crispai. Alors comme ça, les nouvelles allaient vite… Mais j’aurais dû m’y attendre. Lorsque j’avais décliné l’offre de Ryoko, celui-ci avait frôlé la crise cardiaque. Après tout, son projet était peut-être l’avenir de l’humanité. N’importe qui aurait tué pour avoir son nom inscrit dans l’histoire aux côtés d’Einstein et de Newton.

Mais ce n’était pas ce que je désirais. Ce projet n’était pas le mien. C’était celui de Ryoko et Soichiro. Je n’avais fait que me greffer à eux. Je refusais d’obtenir une médaille ou une quelconque distinction pour un travail de relecture.

Je soupirai, ne pouvant me résoudre à lui dire la vérité.

« Je…Je me disais que j’allais peut-être retourner en France. J’aime énormément le Japon et Tokyo…Mais je…j’ai sûrement le mal du pays, lui répondis-je avec un rire forcé. »

Silence.

« Je…Vois…si ce n’est que ça… »

Soichiro, tout en prononçant ces mots, sortit une petite boite fermée par un fin ruban rouge de sa poche et me la tendit en rougissant.

« Joyeux dix-neuvième anniversaire, gami…je veux dire Violet. »

Je rougis. En trois ans, j’avais pris l’habitude de recevoir des cadeaux de la part des membres du club. Après tout, en tant que cadette du groupe, tous me portaient une attention particulière mais il s’agissait toujours de présents groupés. Alors que cette fois-ci, il s’agissait de celui de Soichiro en personne.

Tremblante, j’attrapai la petite boite et défis le nœud avec délicatesse. Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine. Je savais bien que mon rival était fauché, alors cette marque d’attention pour moi qui ne demandais jamais rien signifiait énormément.

Je marquai un temps d’arrêt en soulevant le couvercle. A l’intérieur reposait, sur un coussin de velours, une unique pierre noire et irrégulière, une Shungite.

J’étais sceptique. Ces pierres, abondantes sur l’îles, nous avaient servi pour nos premières expériences pour finalement nous rendre compte qu’il s’agissait d’excellents réservoirs de Kvantiki. C’est ainsi que nous en avions modifié des dizaines par la suite, simplement au cas où.

Je saisis le caillou entre mes doigts, cherchant une particularité, mais rien. Il s’agissait d’une simple pierre comme celle sur laquelle nous étions assis.

« Euh…Merci Soichiro…Je suis…Touchée…Enfin, je crois…

-Avant de jeter mon cadeau à la mer, essaie de la briser entre tes mains, s’amusa le jeune garçon. »

Intriguée, je m’exécutai… Et ce qu’il se passa à ce moment me laissa sans voix. Alors que les morceaux de pierre se dispersaient dans la pénombre, un vif éclat de lumière fusa vers le ciel et m’aveugla. Et lorsqu’il se dissipa, le caillou sombre s’était métamorphosé en un fin anneau doré lévitant à quelques millimètres au-dessus de ma paume.

Je regardai Soichiro avec des yeux ronds, interdite.

« Tu sais…Je me suis toujours dit que nous avions un chemin tout tracé, une voie que nous devions suivre, un destin si tu préfères…Et je pense qu’en refusant ce travail, tu t’éloignes de ta destinée. »

C’est alors qu’il se leva et mis un genou à terre pour me prendre tendrement ma main dans la sienne avant de plonger son regard dans le mien.

« N’y vas pas. Reste avec nous…reste avec moi, Violet, ici, à Tokyo. Travaillons ensemble, main dans la main, côte à côte, pour toujours. Nous avons encore tant de choses à découvrir, tant d’inventions à tester, tant de gens à sauver grâce au réacteur Kvantiki…J’ai…J’ai besoin de toi, non pas en tant qu’amie, non pas en tant que partenaire, non pas en tant que rivale…Mais en tant que femme…une femme qui pourra me guider et éclairer le destin qu’Il a tracé pour nous. »

Je retins mes larmes.

Et alors que j’étais sur le point de lui donner ma réponse sans hésitation, une fusée éclata dans le ciel et attira nos regards. La nuit noire, froide et sinistre venait de s’illuminer de dizaines, non, de centaines de fleurs lumineuses, brillant dans le ciel comme des soleils miniatures.

Le vacarme de la TNT de Masamune était tel qu’il était inenvisageable de répondre à Soichiro par des mots.

C’est pourquoi, je me contentai d’enlever mon gant droit, de prendre l’anneau entre mon pouce et l’index…Et de le passer autour de mon annulaire devant le visage illuminé de joie de mon nouveau fiancé.






http://forum.duelingnetwork.com/index.php?/topic/157103-the-wrap-up-red-lust-circuit-series-miami-edition/#entry2134192
le bon temps…

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[Fic]L'Avènement des Dieux, Rebirth posté le [04/07/2019] à 15:13

Violet : Adolescence



Spoiler :



https://www.youtube.com/watch?v=rIwl2cDwStw


Ainsi commença ma nouvelle vie en tant que scientifique. Après la remise des diplômes, E.T.H.E.R s’était séparé. Chacun avait décidé de suivre sa propre voie.

Masamune et Laure s’étaient dirigés vers la médecine et la police scientifique, si bien qu’ils s’étaient retrouvés tous deux une fois de plus dans la même université, au grand dam de la pauvre fille.

Akame avait tout simplement disparu de la circulation. Même s’il resurgissait de temps en temps, il nous était impossible de savoir ce qu’il devenait précisément. Certains pensaient qu’il s’était reconverti en trafiquant de drogue, d’autres le voyaient espion du CERN depuis le début, et Soichiro le croyait simplement chômeur à plein temps.

Hakaze, elle, avait choisi cette voie toute particulière de l’enseignement. Après tout, elle avait passé tellement de temps derrière les bancs de l’école qu’elle ne pouvait plus se passer de ces salles de classes poussiéreuses et bruyantes. De temps à autres, elle apportait ses connaissances scientifiques à l’équipe dont nous faisions partie, mon ancien rival et désormais fiancé, Soichiro Namatame, mon professeur, superviseur de club et ami de mes parents, Ryoko Seiu, et l’héritière d’une des plus grandes fortunes de France, moi, Violet Leblanc.

Jusqu’à mes vingt-quatre ans, nous nous efforçâmes de terminer complètement le réacteur Kvantiki tout en continuant à rechercher un moyen de canaliser l’énergie d’Izrath dans notre monde.

Lors de nos travaux, nous fîmes de nombreuses découvertes intéressantes qui nous valurent de nombreux prix internationaux. C’est ainsi que nous nous forgeâmes une réputation certaine dans la communauté scientifique internationale qui fut obligée de reconnaitre notre efficacité et nos prouesses.

Très rapidement, le gouvernement s’intéressa également de très près à nos recherches et nous envoya de nombreux fonds qui étaient les bienvenus. Jusque-là, je puisais sur ma fortune personnelle afin de financer nos projets mais, bien que millionnaire, certaines expériences étaient juste hors de la portée de la fortune d’un particulier.

Malheureusement, ces travaux étaient chronophages et nous empêchait de développer une vraie relation. C’est pourquoi, Soichiro et moi étions toujours fiancés même après tout ce temps. Mais cela ne semblait déranger aucun de nous deux. Nous étions passionnés par notre travail et nous aimions le réaliser ensemble, c’était tout ce qui comptait.

Et c’est ainsi que ces années de travaux acharnés portèrent leurs fruits. Le jour des vingt-six-ans de mon fiancé, nous réussîmes à créer le premier réacteur Kvantiki opérationnel.

Enfin. Après près de dix ans, notre rêve se concrétisait enfin. Nous avions créé un artefact artificiel et nous l’avions relié au noyau d’Izrath, apportant ainsi à la terre toute l’énergie nécessaire pour faire tourner des villes, même des pays tout entier, avec une énergie propre, durable et surtout, sans danger.

Du moins, c’était ce que nous pensions. Devant notre succès, notre équipe grandit de façon exponentielle et de nombreux partenaires commerciaux s’intéressèrent à nos réacteurs.

Ce fut cette popularité montante qui transforma notre doux rêve en cauchemar.


Tout se passa très vite. Le projet « Hakaze », dirigé par le professeur Ryoko – car il avait réellement nommé son projet du nom de sa femme – devait être la plus grande révolution depuis l’invention de la machine à vapeur. C’est pourquoi, nos partenaires avaient investi des millions…mais nous avaient également forcé à accueillir en notre sein deux nouveaux membres : Les frères Ricky et Romain Sawyer.

Immédiatement, je sentis que ce projet partait avec une épine dans le pied. Nos nouveaux collaborateurs se montraient autoritaires, voire tyranniques avec nos employés. Très rapidement, tous se désistèrent, ne laissant plus que nous cinq sur ce projet grandiose.

Les catastrophes se succédèrent, les tensions se firent sentir au sein de ce qu’il restait de notre équipe et bientôt, deux camps se formèrent. Ryoko, Soichiro et moi ne désirions plus que stopper ce projet et éviter un cataclysme. Mais les frères Sawyer, eux, voulaient continuer à tout prix, alors que même la centrale de Tchernobyl paraissait plus stable que le réacteur principal.

Nous tentâmes à plusieurs reprises de faire pression sur le gouvernement et sur nos partenaires pour arrêter cette folie mais il n’y avait rien à faire. Les dirigeants étaient aveuglés par le pouvoir, et refusaient surtout de perdre tout l’argent qu’ils avaient investi.

Alors le projet se poursuivit…Nous rapprochant lentement de la fin du monde.

Dans un geste désespéré, Ryoko tenta de saboter le réacteur manuellement mais ce-dernier fut pris sur le fait, arrêté et démis de ses fonctions. De plus éminent professeur de ce siècle, mon mentor devint un paria dans la communauté scientifique, rejeté de tous. Mais cela ne l’arrêta pas. Même détesté par le monde entier, sa priorité était la sécurité de sa femme et de son enfant à naitre. C’est pourquoi, il nous chargea de continuer son œuvre.

Mais, nos efforts furent tout aussi vains que les siens. Le réacteur s’emballa. Une lumière mauve enveloppa la ville…Et tout disparut.

L’académie, les laboratoires, la ville elle-même, tout fut balayé dans un sifflement assourdissant par ce qui fut retenu par la suite sous le sinistre nom de « Purple Requiem. »

Je fus miraculeusement sauvée de la catastrophe par le Spiritual de Soichiro mais intérieurement, l’explosion m’avait détruite. Et lorsque Romain Sawyer prit la parole à la télévision le lendemain, ce traitre m’accusa de tous les maux qui venaient de s’abattre sur la ville.

Dans une tentative désespérée pour m’empêcher de sombrer, Soichiro attisa toute la haine sur lui, se rendant responsable de « l’erreur » qui avait provoqué ce rayon mortel. Ainsi, mon nom fut sauvé mais celui de Soichiro resta depuis lors salis par les paroles d’un seul homme, un homme à qui je vouais désormais une haine incommensurable, un homme que je me jurai de rayer de la planète, tout comme il avait rayé les espoirs d’un monde entier.

Cette haine fut décuplée lorsque je découvris le lendemain que mon ancienne amie, tutrice, professeur et collègue, Hakaze, avait péri dans le tragique événement, comme des milliers d’autres innocents.

C’en était trop pour moi. Je ne pouvais pas rester ici plus longtemps. Il fallait que je retourne en France, que je fasse éclater la vérité au grand jour, que je lave les noms de Soichiro et Ryoko, que je crée quelque chose capable de rivaliser avec l’influence médiatique de cette ordure de Romain Sawyer…et surtout, il fallait que me fasse à cette idée…que ma vie n’allait plus jamais être heureuse tant que les flammes de la vengeance consumeraient mon âme.

Je fis part des mes projets au professeur, qui, lui aussi, était dévasté, bien plus que Soichiro ou moi. C’est pourquoi, il ne fut pas difficile à convaincre.

Quelques jours après la catastrophe, je fis mes adieux à Soichiro, dans cette même église ou nous nous étions fiancés, huit ans plus tôt. Evidemment, il tenta de me retenir, de venir avec moi même, mais sa place était ici, au japon. Et ce, je me devais de le lui faire comprendre.

« Au revoir, Soichiro. Jamais je n’aimerais un homme autant que je ne t’ai aimé. »

Chaque parole que je prononçais me brûlait la gorge mais c’était mieux ainsi. Je me levai, enlevai l’anneau d’or que je portais autour de mon doigt depuis huit ans, le passai à travers les trous du parloir…et sortis de cette église sans me retourner, car je savais qu’au moment-même où je poserais les yeux dessus, l’allais être incapable de m’enfuir.

« Adieu, Tokyo. Adieu, E.T.H.E.R. Adieu, Soichiro, mon amour. »

Puis je partis rejoindre le professeur à l’aéroport en direction de Paris, là où tout avait commencé…et ou recommencera.


https://www.youtube.com/watch?v=bbss_iQEX9I


Cela me faisait étrange de revenir sur le sol français, dix ans après mon départ. L’aéroport n’avait pas changé, ni même les gens d’ailleurs. Il y avait toujours ce désordre et cette agitation perpétuels à l’annonce de vols retardés, reportés ou supprimés. Les gens nous bousculaient sans s’excuser. D’autres manifestaient en plein milieu du hall d’entrée. D’autres encore couraient pour attraper un avion de dernière minute.

Oui. Ici, tout était identique au jour où j’avais quitté la France. Le Purple Requiem n’avait nullement affecté la vie de tous ces gens. La vie continuait son cours, imperturbablement.

Ce fut sur le quai de débarquement que je fis finalement mes adieux au professeur.

« Bien…Je crois que nos chemins à nous se séparent également, professeur, déclarai-je tristement.

-Ne m’appelle plus comme ça, Violet, je ne suis plus qu’un ami désormais. J’ai perdu ce titre le jour où j’ai accepté que les frères Sawyer imposent leur loi, me répondit-il en se forçant à sourire.

-Qu’importe si vous deviez vous reconvertir en vendeur à la sauvette, vous resteriez tout de même pour moi mon mentor, mon superviseur de club et mon collègue, Ryoko. »

Ce-dernier, submergé par l’émotion, me prit dans ses bras et me serra contre lui, comme un père réconfortant un enfant sur le point d’éclater en sanglots.

« Ne fais rien de stupide ma petite Violet, me lança-t-il d’une voix brisée par l’émotion. Nous avons déjà perdu notre travail, nos rêves, nos amis, nos réputations et nos familles…Ne m’impose pas de te perdre toi aussi mon enfant.

-Dites…Professeur…Est-ce que vous pensez…Est-ce que vous pensez que la catastrophe s’est produite parce qu’elle devait se produire…Ou bien par notre seule et unique faute ? … »

Un temps de silence me répondit, temps pendant lequel le professeur ne me lâcha pas et resserra son étreinte contre lui.

« Tu sais…Violet. Il est impossible de changer le passé…

-Je le sais, professeur, c’est vous qui m’avez appris les lois de la physique de notre monde…

-Oui…Les lois de la physique…de notre monde…Ces lois…Qui peuvent-être différentes ailleurs… »

Sur le moment, je ne compris pas ce que mon ancien mentor voulait me dire et il ne développa pas davantage sa pensée.

Ce furent les dernières paroles qu’il me prononça avant de prendre sa route, et moi la mienne. Il partait pour Genève, au CERN, là où d’anciens collègues du projet Hakaze avaient trouvé refuge et lui avaient gardé une place. Quant à moi, je pris la direction de mon ancienne demeure, là où j’avais grandi, seule, isolée du reste du monde.

Le taxi me déposa en pleine campagne et je décidai de terminer à pieds. Ainsi, je remontai cette longue, longue allée de platanes qui menait directement au château. Tout était une fois de plus comme dans mes souvenirs.

Le silence régnait. Des champs de colza s’étendaient à perte de vue. Le chemin était ombragé, ne laissant passer que quelques rares rayons de soleil à travers l’épais talus de feuille qui couvrait ma tête. Un vent chaud et sec soufflait sur ma peau. L’air était lourd mais le ciel d’un bleu éclatant sans un seul nuage à l’horizon, exactement comme tous ces étés que j’avais passés ici.

J’arrivai devant le portail après dix minutes de marche lente, à me remémorer tous les souvenirs que je possédais dans cette immense bâtisse qui me faisait face. Ce château d’un blanc immaculé bien trop grand pour une seule personne, cette façade sculptée selon mes désirs d’enfant, cette fontaine ornant le parc, à l’arrêt depuis bientôt dix ans…Tout était comme dans mes souvenirs brumeux.

Ici non plus, le Purple Requiem n’avait pas eu d’impact.

La main tremblante, je sortis la clé de ma poche et poussai ce lourd portail rouillé qui s’ouvrit en grinçant.


https://www.youtube.com/watch?v=EsMTLkuMBp4


Mon cœur s’accéléra au fur et à mesure que j’avançai sur ces graviers si familiers. J’étais partie d’ici, des rêves plein la tête, des espoirs dans mon cœur et l’envie de m’instruire dans la peau…Et je ne revenais qu’avec une valise à moitié vide, usée par les âges.

D’un pas lourd, je montais les marches du parvis et m’arrêtai devant cette porte monumentale que j’avais franchie tant de fois, seule. Et, alors que je pensais revenir un jour ici avec Soichiro, je m’apprêtai une fois de plus à la franchir sans personne pour m’accompagner.

Mais, alors que j’allais introduire la clé dans la serrure, le portique s’ouvrit tout seul et me laissa découvrir le visage si familier d’Elwood, se tenant debout au milieu du hall d’entrée, un sourire triste illuminant son visage désormais rongé par les années.

« Bienvenue chez vous, Mademoiselle Violet, me lança-t-il en s’inclinant. »

A ce moment-là, je ne pus me retenir d’avantage et ce fut le visage couvert de larmes de tristesse, de joie, de nostalgie et de regret que je me jetai dans ses bras et lui répondis.

« Je suis rentrée, Elwood. »




Violet : Vie Adulte



Spoiler :


Y a-t-il un sens à nos actions ? Sommes-nous réellement libres de nos choix ? Ou bien sont-ils guidés par cette force supérieure que l’on appelle le destin ?

Aucune de ces deux réponses ne me satisfaisaient. Je refusais de croire que tout ce que nous avions fait jusque là avait toujours été voué à l’échec, et ce, peu importe les choix que nous faisions. Mais d’un autre côté, admettre que ces événements étaient entièrement de notre faute revenait à admettre que nous étions des incapables, faible, et que ce n’était que notre châtiment pour avoir voulu sauver le monde.

Je ne savais plus quoi penser. Alors, pour ne pas sombrer dans la folie, à ressasser sans cesse des futurs alternatifs, je me plongeai corps et âme dans ce nouveau projet que je nommais simplement : Ether.

A peine fussé-je revenue au château que je dilapidais toute la fortune de mes parents pour racheter le futur quartier général de ma vengeance contre les frères Sawyer : La tour Montparnasse.

Mon but était simple. Créer une fédération suffisamment puissante et influente pour contrecarrer les projets de Romain, quels qu’ils fussent.

Je rachetais également la société et les employés de mes parents, leur permettant de s’offrir une retraite paisible sur la côte d’azur, leur promettant que j’allais continuer leur œuvre.

En tant que rescapée de la catastrophe, et ayant conservé mon statut grâce au sacrifice de Soichiro, je fis jouer mon influence pour investir des millions dans une aide à la reconstruction de Yokohama et très rapidement, Ether, la fondation humanitaire, surclassa même l’ONU.

Au début, je crus être capable de contredire les déclarations de Romain et de faire éclater la vérité au grand jour, mais il n’y avait rien à faire. Ce type avait toujours une longueur d’avance sur moi. Je compris alors que la cause que je défendais était peine perdue. Il avait le soutien des gouvernements et des entreprises. Tout ce que je pouvais faire était de chercher en vain des preuves de sa culpabilité.


En trois ans à peine, une bonne partie Yokohama fut reconstruite grâce à nos uniques efforts, améliorant encore l’image de cette entreprise ayant obtenu le titre de fédération.

Entre temps, j’avais donné naissance à une petite fille, Alice, qui fêtait ses deux ans le jour même de la fin de cette première grande étape. C’était en grande partie grâce à elle que je ne sombrai pas dans la folie je pense. Sa présence à mes côtés me donnait une raison de poursuivre ce rêve insensé. Je voulais que cette petite chose fragile rencontre son père, non pas comme l’homme détruit que j’avais laissé derrière moi, mais comme le génie scientifique qui m’avait séduite et qu’elle puisse être fière de lui.

Les années passèrent. Ether se développa considérablement. Alice grandit bien trop vite. Et Romain Sawyer courait toujours. C’est pourquoi, craignant un nouveau Purple Requiem, j’ouvris une nouvelle branche dans la fédération, celle qui fut par la suite le symbole d’Ether : La branche d’Izrath.

Celle-ci n’avait qu’un seul objectif : former des combattants possédant des Spirituals afin de lutter partout dans le monde contre les guerres et aider les populations. Je refusais que le monde dans lequel allait grandir Alice soit sans cesse menacé par les ambitions de fous comme les frères Sawyer.


Dix ans s’écoulèrent encore. Dix ans pendant lesquels Romain s’était tenu tranquille. Cette ordure se faisait désormais passer pour un bienfaiteur et avait même été élu maire de Tokyo. Cela me dégoutait de le voir jouer au bon samaritain mais je savais qu’il ne faisait pas tout cela simplement pour se racheter de ses crimes. Malheureusement pour lui, j’étais désormais aussi, voire plus influente que lui, moi qui étais à la tête de la première puissance française.


Ce jour-là, je faisais les cents pas dans mon bureau au cinquante-huitième étage de la tour Ether. J’attendais les nouvelles de notre dernière opération avec appréhension.

Cette mission était risquée, non seulement pour les envoyés sur place, mais également pour la fédération elle-même. C’est pourquoi, seuls quelques hommes se trouvaient sur le terrain.

Soudain, l’écran de mon ordinateur s’alluma et je me précipitai à mon bureau, le cœur battant à tout rompre. Le visage de Masamune s’afficha devant le champ de ruines tristement célèbres du réacteur Kvantiki.

Mon ami de l’académie, autrefois si blagueur et insouciant, affichait une mine angoissée et contrariée.

« Masamune Nishijima au rapport, s’exclama-t-il en me voyant.

-Venons en directement aux faits, Masamune. Dis-moi, est-ce que vous avez découvert quelque chose ? Lui lançai-je aussitôt sans prendre la peine de le saluer. »

L’homme se mordit la lèvre et, après avoir regardé furtivement tout autour de lui, il rapprochait le micro de sa bouche et se mit à chuchoter.

« Ecoute-moi bien Violet, murmura-t-il. Mon flair de policier justicier ne me trompe pas. L’énergie colossale que le réacteur Kvantiki a libéré ce soir-là…Ce n’était ni un accident, ni une surcharge et encore moins quelque chose de calculé. Je pense que même les frères Sawyer n’avaient pas prévu cela…

-Est-ce que tu peux développer ? Lui demandais-je, sceptique.

-Un spiritual…Un spiritual immense…Voila ce qui a détruit Tokyo. »

Je me figeai. Un frisson me parcourut l’échine rien qu’à l’idée qu’une créature seule ait pu engendrer autant de dégâts matériels et humains.

« Qu…Qu’est-ce que tu me racontes là encore Masamune ? Akame et ses complots n’auraient-ils pas déteint sur toi ? je te préviens, je n’ai pas le temps pour…

-Je suis très sérieux, Violet, me coupa-t-il d’une voix tremblante. L’énergie qui s’est échappée de la centrale ne s’est pas propagée de manière aléatoire et chaotique comme tout le monde le pensait, mais de façon précise, presque millimétrée. Les traces de l’explosion supposée s’arrêtent de façon nette et précise. Aucun, je dis bien aucun phénomène physique ne peut expliquer cela…

-A moins que ces traces aient été laissées par un être vivant…Terminai-je d’une voix presque éteinte. »

Je me levai et me remis à faire les cents pas dans mon bureau. Était-ce réellement possible ? Un Spiritual pouvait-il posséder une puissance suffisante pour rayer de la carte un quartier entier comme Yokohama ? Et si oui, où était-il désormais ? Et pourquoi les frères Sawyer l’avaient-ils invoqué ?

Cela me frustrait. J’avais tous les éléments de réponse sous les yeux, et pourtant, cette énigme était toujours aussi brumeuse. Plus j’enquêtais et moins je comprenais les objectifs de Ricky et Romain.

Soudain, les portes automatiques de l’ascenseur s’ouvrirent et laissèrent rentrer Alice qui courut vers moi, l’air affolée.

Je n’y prêtai que peu attention. Elle avait toujours tendance à trop en faire. J’imaginais déjà qu’elle allait m’annoncer qu’elle avait cassé un chandelier ou fait tomber un tableau du mur.

« Maman, j’ai besoin de ton aide ! Le proviseur m’a demandé de faire le discours de fin d’année mais je ne sais pas du tout parler en public ! Est-ce que tu pourrais me le faire s’il te plait ? Je suis totalement perdue ! »

Devant cette scène, Masamune lâcha un petit rire amusé. Ma fille, qui n’avait pas vu jusque-là que j’étais en communication, s’empourpra comme une tomate et se cacha maladroitement derrière moi.

Ce fut à mon tour de pouffer.

« Et bien, c’est que tu as grandi ma petite Alice ! S’exclama le policier enthousiaste. La dernière fois que je t’ai vue, tu étais haute comme trois pommes !

-Euh…je…Merci…Enfin, je crois… »

Toujours plus honteuse, elle tenta de disparaitre encore plus. Il était vrai que les années avaient passé très rapidement et que j’avais été si absorbée par mes recherches que mes anciens camarades n’avaient que très rarement vu Alice.

Elle venait de fêter ses quatorze ans récemment et était mon portrait craché. Tout ce qui nous différenciait était ses cheveux, châtain cendrés et légèrement ondulés, ainsi que ses yeux. Elle avait hérité de ceux de Soichiro et je m’étais souvent perdue dans son regard quand elle n’était encore qu’une enfant, me rappelant de l’homme que j’avais un jour aimé.

« D’ailleurs, Masamune, repris-je d’une voix douce, oubliant complètement la révélation qu’il venait de me faire. Puisque tu es à Tokyo, est-ce que tu l’as revu ? Ou bien est-ce que tu aurais de ses nouvelles ?

-D’après la rumeur, cette vieille branche est devenue Leader de Gang. »

Je lâchai un long soupir et me pris la tête dans les mains. Sérieusement, comment s’était-il débrouillé. Je savais que son nom était encore souillé mais de là à intégrer la pègre de Tokyo…Ce type était désespérant. Je savais bien qu’il serait incapable de se débrouiller sans moi…

« Tu sais…je me disais…Il faudrait qu’on fasse une réunion au labo un de ces quatre, reprit mon ami en plongeant son regard dans les ruines. Je te présenterai mon Akemi et mon Kosei.

-Un jour, peut-être oui, on en fera une…De toute façon, le laboratoire ne peut plus exploser désormais… »

Tout en prononçant ces mots, je me mis à passer machinalement ma main dans les cheveux d’Alice qui, en se dégageant, me ramener à la réalité.

« Oh, désolée. Ne t’inquiète pas ma chérie, je te ferai ton discours après. Je suis en réunion pour l’instant mais je ne devrais plus tarder. Demande à Elwood de te trouver une occupation, je suis certain qu’il connait des endroits sympathiques dans le quartier.

-Ne rentre pas trop tard hein !

-Promis, j’arrive bientôt. »

Alice repartit comme elle était arrivée, brisant ce cours instant de répit et me ramenant à des affaires bien plus sombres.

« Reprenons Masamune, lançai-je après m’être raclé la gorge. Du côté d’Akame, est-ce qu’il y a du nouveau ?

-Rien malheureusement. Tu étais sûre que l’envoyer en infiltration dans le mouvement ESPer était une bonne idée ?

-N’oublie pas qui est le leader actuel, rétorquai-je. Éric Sawyer n’était peut-être qu’un enfant à cette époque, mais aujourd’hui, il a son propre mouvement. Je suis certaine qu’il désire venger la mort de son père…Ou au moins détrôner son oncle. Connaissant cette famille de dérangés, cela ne m’étonnerait même pas.

-Très bien, j’ai compris, tu veux qu’Akame le pousse à se révolter, c’est cela ?

-En effet. On ferait ainsi d’une pierre deux coups. Poussez ESPer à prendre la ville, détrôner Romain, puis arrêter Éric. L’idée est alléchante n’est-ce pas ? »

Derrière son écran, je vis le visage de Masamune se crisper et il déglutit. Certainement devait-il me prendre pour une folle, et peut-être l’étais-je devenue, mais Romain devait tomber de son piédestal à tout prix. Et pour cela, j’étais prête à employer n’importe quel moyen, y compris les moins nobles.

« Sérieusement…Si je finis en prison par ta faute, Laure va vraiment divorcer cette fois…

-Ne t’inquiète pas, Akame sera le seul responsable de son échec. De toute façon, j’ai déjà payé sa caution de prison pour les trente prochaines années la dernière fois qu’il a tenté de voler de l’Uranium au CERN.

-Tu as toujours un coup d’avance sur nous même après toutes ces années, Violet, s’amusa l’homme à la cicatrice.

-Si seulement…J’avais pu avoir un coup d’avance de soir-là aussi…Soupirai-je. »

Lentement, je fis tourner mon siège pour regarder la ville à travers l’immense baie vitrée de mon bureau. Je ne m’y étais pas encore habitué. Tout semblait si petit vu d’ici alors qu’à Tokyo, les tours immenses poussaient comme des mauvaises herbes. Mais finalement, la vie n’était pas bien différente…A l’exception qu’à Paris, aucun réacteur Kvantiki ne menaçait d’exploser à tout moment et aucun fou dangereux n’était aux commandes. J’étais seule maitresse à bord, seule présidente d’Ether, seule femme possédant le pouvoir sur toute la ville.

« Tu sais…Nous y arriverons, reprit Masamune d’une voix douce. Nous détrônerons Romain. Nous laverons le nom de Soichiro. Et nous vengerons Hakaze. Ce jour-là, nous nous retrouverons tous ensemble pour fêter ce renouveau ! »

Je ris légèrement. Même après toutes ces années, Masamune ne pouvait s’empêcher de sortir des âneries à chacune de ses phrases.

-Un renouveau qui va changer notre destin…hein ? Si seulement les films pouvaient refléter la réalité… »

Notre conversation fut interrompue par un double appel du professeur Ryoko. Je mis ce dernier au courant de toutes nos dernières découvertes concernant le Purple Requiem et les frères Sawyer. Je lui donnai également quelques nouvelles des anciens membres du club et pour la première fois depuis une éternité, je vis l’esquisse d’un sourire se dessiner sur ses lèvres.

Mon ami et mentor avait énormément changé depuis ces dernières années, autant physiquement que moralement. Ses cheveux s’étaient mis à tomber rapidement, des rides commençaient à sillonner prématurément son visage et ses yeux, autrefois si pétillants, avaient perdu leur éclat. Je n’avais eu que très peu d’échanges avec lui, mais ses nombreuses découvertes scientifiques me confirmaient ce que je redoutais le plus. Il s’était renfermé sur lui-même, passant ses journées à travailler pour noyer sa peine et tenter d’oublier la cruauté du monde.

Finalement, après un long échange et de nombreuses spéculations, je laissai le professeur pour rejoindre Alice dans le hall d’entrée qui attendait simplement sur un canapé, les écouteurs sur les oreilles et les pieds sur les coussins.

Je lâchai un long soupir de fatigue et nous rentrâmes ensemble au château. Sur le chemin, ma fille me parla de sa journée à l’école, de ses anecdotes et de ses projets de vacances avec ses amis.

Ces moments que je partageais avec elles étaient certainement les plus précieux pour moi. Ils me permettaient non seulement de m’échapper de cette réalité et de me prendre, l’espace de quelques minutes, voire quelques heures, pour une mère de famille ordinaire. Mais surtout, ils me rappelaient ma jeunesse aux côtés d’E.T.H.E.R, sur l’île de Yokohama, à l’académie, avant que la catastrophe ne vienne voler nos rêves.


Après ces révélations, il me fallut encore attendre un an avant que la situation ne se débloque enfin. Les efforts d’Akame avaient enfin porté leurs fruits et le mouvement ESPer avait lancé l’assaut contre la mairie de Tokyo.

J’étais sur place. Pour la première fois en quinze ans, j’étais de retour à Tokyo, ville martyr des ambitions démesurées des frères Sawyer. Mais cette fois-ci, j’étais prête.

Alors que les combats faisaient rage à l’intérieur de la marie, j’avais rassemblé une centaine d’hommes, des policiers mais également des agents d’Ether, tous sous le commandement de Masamune. Nous encerclions l’imposante tour de verre, empêchant ainsi quiconque de prendre la fuite.

Quant à moi, j’étais en première ligne aux côtés de mon ancien camarade de club, prête à intervenir au moindre signal d’Akame.

Une explosion de TNT suivi d’un rire grave, digne d’un savant fou au dernier étage fit voler en éclat les baies vitrées et je me raidis.

Nous y étions. L’heure de la bataille finale avait sonné. Après quinze ans, Romain Sawyer allait enfin répondre de ses actes. Et j’allais m’en assurer personnellement.





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le bon temps…

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[Fic]L'Avènement des Dieux, Rebirth posté le [05/07/2019] à 14:00

Ce fut rapide mais ainsi se conclut l'arc violet! J'ai pris beaucoup de plaisir a l'écrire donc j'espère qu'il vous plait aussi (enfin je dis vous mais je parle qu'à une personne en vrai je crois :3 )


Violet : La sagesse des âges



Spoiler :



La mairie de Tokyo, un immense complexe situé dans le quartier de Shinjuku où nous avions l’habitude de nous rendre, Soichiro et moi, pour profiter de la vue panoramique de l’observatoire. Mais ce jour-là, il n’était pas question de tourisme. Ce jour-là, j’allais réparer une injustice vieille de quinze ans. Ce jour-là, Hakaze allait être vengée. Ce jour-là, Soichiro allait pouvoir vivre à nouveau une vie paisible. Ce jour-là, Romain Sawyer allait tomber.

Je montais quatre par quatre les marches de la tour est de l’immense immeuble pour y atteindre le quarante-huitième étage, siège du gouvernement et actuel bureau de Romain.

Tout au long de notre ascension, nous tombâmes nez à nez avec plusieurs membres du mouvement ESPer mais aucun ne faisait le poids face à mes hommes. Après tout, je les avais préparés spécialement pour ce moment.

Alors que nous approchions du dernier étage, j’ordonnai à mes troupes de se séparer et de sauver tous les employés de la mairie et d’arrêter les membres du mouvement. En vérité, je voulais simplement pénétrer seule dans la pièce finale.

« Akame, je suis au dernier étage. Est-ce que la voie est libre ? Murmurai-je dans mon oreillette, cachée derrière un mur.

-Evidemment qu’elle l’est ! Moi, le grand Akame Shintarou, t’ai ouvert la voie, femme aux cheveux de paille !

-Parfait, je te recontac…

-Attends, Violet. »

Le ton que mon ancien camarade de club prit à ce moment-là me stoppa net. C’était la première fois non seulement qu’il m’appelait par son prénom, mais aussi qu’il abandonnait sa voix grave et assurée pour me parler normalement.

« Ne force pas trop. Masamune et Laure m’ont tout raconté. Quoiqu’il arrive, n’oublie pas qu’il n’y a jamais qu’un seul responsable.

-Le CERN est derrière tout cela, c’est ça que tu essaies de me dire ? Raillai-je, bien trop habituée aux idioties d’Akame.

-Si seulement…Je te ferai un rapport détaillé de mon séjour au mouvement. Alors s’il te plait…Reviens vivante.

-Merci pour le conseil, j’essaierai de l’appliquer. Sur ce, je te laisse à ta mission, Akame. On se retrouve en bas avec Masamune en fin d’après-midi. »

Là-dessus, je coupai la communication. Puis, après avoir pris une grande inspiration, j’activai les pouvoirs de mon Spiritual pour recouvrir mon corps d’une armure de flammes bleu royal. J’étais prête à combattre. Pendant tout mon temps libre, j’avais demandé à Elwood de m’entrainer et j’avais finalement atteint un niveau exceptionnel dans la maitrise des pouvoirs de mon Spiritual.

D’un coup violent, je défonçai la porte du bureau du maire qui vola en éclats dans un vacarme assourdissant.

Le spectacle qui s’offrit à moi me laissa bouche bée. La pièce était dévastée. Un feu sombre dévorait les meubles et les livres tandis une épaisse fumée flottait dans l’air, le rendant presque irrespirable.

Une bataille avait eu lieu ici mais apparemment, j’étais arrivée trop tard. Je ne pouvais que constater l’étendue des dégâts.

Lentement, je m’avançai au milieu des décombres et des corps mutilés de quelques garde du corps de Romain, cherchant désespérément un indice sur ce qui avait pu se passer ici, quand soudain, un gémissement de douleur prêt de la fenêtre brisée attira mon attention.

Je me précipitai vers son origine et découvris sous les restes du bureau l’homme que j’avais détesté, haï même, pendant ces quinze dernières années, le maire actuel de la ville et investigateur de la catastrophe Kvantiki : Romain Sawyer.

L’homme avait la moitié du visage brûlé gravement. Son ventre était transpercé d’une épaisse planche de bois et tout son corps était recouvert d’hématomes. Même si je méprisai ce type du plus profond de mon âme, le voir dans cet état me fit grimacer.

Avec précaution, je dégageai les débris et tirai péniblement l’homme contre le mur. Sa respiration était faible, son pouls quasi inexistant et son cœur battait faiblement dans sa poitrine. Dans son état, plus personne ne pouvait le sauver, pas même la plus avancée des médecines.

Cependant, je refusais d’être venue ici pour repartir les mains vides. C’est pourquoi, dans un geste désespéré, je claquai une Shungite contre le sol et dirigeai le Kvantiki vers mon ennemi de toujours.

L’énergie bleutée enveloppa tout son corps et Romain ouvrit faiblement les yeux, d’abord timidement, puis les écarquillant en me découvrant devant lui.

« Bonjour, Romain, déclarai-je d’une voix glaciale. Cela faisait longtemps, n’est-ce pas ?

-Vio…Let ? Articula-t-il tout en crachant une gerbe de sang noir.

-Je n’irai pas par quatre chemins, Sawyer. Vous allez mourir. Mais avant cela, j’ai besoin de réponse et je compte bien faire continuer votre supplice jusqu’à les avoir obtenues. »

L’homme tenta de lever la main vers moi, mais ses forces l’abandonnèrent et son bras tomba mollement contre son corps. Devant son impuissance, le maire de la ville se mit à rire tout en continuant à cracher ses poumons, au sens propre du terme.

« Alors voilà…Voilà à quoi j’en suis réduits…Reprit-il faiblement. Trahi par mon propre neveu…Cela doit-être mon châtiment pour cette nuit-là…

-Répondez-moi, Sawyer, le coupai-je. Que s’est-il passé lors du Purple Requiem ? Quels étaient vos objectifs, à vous et Ricky ? Et qui était ce Spiritual que vous tentiez d’invoquer ?

-Alors comme ça…Vous avez découvert la vérité ? Je n’en attendais pas moins de vous…Vous étiez toujours à fourrer ton nez là où tu ne devais pas…Vous auriez dû rester à ta place, femme… »

Prise d’un accès de colère, me donnai un violent coup de genou dans la poutre qui traversait toujours l’estomac du maire et ce-dernier se tordit de douleur avant de tomber lamentablement au sol. Là, je l’attrapai par le col de sa chemise brûlée et approchai mon regard à quelques centimètres du sien.

« Ne jouez pas aux plus malins avec moi et répondez à mes questions ! Je n’ai pas le temps de jouer aux devinettes. »

Je le lâchai brutalement et il s’écrasa à nouveau contre le mur tandis qu’un long filet de sang se mit à couler le long de sa joue droite.

Vaincu, Romain lâcha un long soupir et baissa le regard vers le sol.

« Notre objectif…A Ricky et moi…Était simple. Prendre le contrôle du réacteur…Afin de nous rendre en Izrath.

-Vous rendre…En Izrath ? Répétai-je, dubitative.

-Oui. Nous venions d’être diplômé de l’université de Rikoukei, tout comme vous, lorsque cela est arrivé. Nous avons intercepté…Un signal étrange un soir, un signal provenant d’une autre dimension…

-Une autre dimension ? Qu’est-ce que c’est que ces histoires encore ?

-Au début, nous étions sceptiques nous aussi. Mais ce signal s’est répété, encore et encore, chaque nuit pendant une semaine. Nous en étions persuadés. Quelqu’un essayait de communiquer avec nous. C’est pourquoi…Ricky a remonté jusqu’à l’origine du signal…Et nous avons pu lui parler.

-Lui ?

-Amon. C’était ainsi qu’il se faisait appeler. Il prétendait…venir de notre monde…d’une autre époque également. Et nous a proposé un marché…Nous lui permettions de revenir…et il nous offrait toutes les connaissances perdues au fil des âges sur Izrath.

-Et vous avez réellement accepté ?! M’étranglai-je, hors de moi.

-C’était l’occasion rêvée se faire un nom dans la communauté scientifique. Ryoko Seiu, Soichiro Namatame et vous, Violet Leblanc…Sans cela, nous n’aurions jamais été que des sous-fifres, des faire-valoir, des employés des acteurs de la révolution. Et cela, nous le refusions.

-Alors vous avez saboté notre projet et créé le vôtre en douce ? Grognai-je, prête à le mettre en morceau.

-Oui. Le projet Hakaze tel que nous l’avions modifié…N’aurait pas dû puiser l’énergie du noyau d’Izrath afin de créer une énergie illimitée… Mais aurait dû ouvrir une brèche, un trou de vers reliant notre monde, Izrath et le monde d’Amon. Imaginez une seule seconde ! Être les scientifiques ayant découvert le voyage dimensionnel…Cela nous aurait apporté à coup sûr gloire, argent et prospérité !

-Mais vous avez échoué lamentablement et vous avez emporté avec votre échec des milliers de vies innocentes ! Hurlai-je. »

Le visage de Romain, qui juste là n’affichait que la folie démesurée d’un homme en fin de vie, se crispa soudainement et il se mordit la lèvre qui saigna à son tour abondamment.

« Nous…Nous n’avons pas échoué…Nous avons réussi…Nous avons bel et bien ouvert une brèche entre Izrath et la terre…

-Alors cette explosion…elle était…

-Totalement accidentelle. Quelque chose…Ou quelqu’un est venu perturber nos plans.

-Cette chose…C’était ce Spiritual qui a ravagé la ville, n’est-ce pas ? Murmurai-je, blême.

-Oui…Ce Spiritual…Cette entité…Ce démon des ténèbres…Je m’en souviens…Il a surgi de la faille sans que nous ne puissions rien faire… »

Tout le corps de Romain fut saisi de spasmes incontrôlables et il se prit la tête dans les mains, l’air terrifié.

« J’ai été projeté au loin par l’explosion mais Ricky, lui, est resté proche de cette chose…Et il a été absorbé…Avant de disparaitre dans les ténèbres… »

Etrangement, je croyais les paroles de l’homme. Il n’avait aucune raison de me mentir, surtout si proche de la fin de sa vie et sa réaction était bien trop authentique pour quelqu’un d’aussi faible physiquement.

« J’ai moi aussi été touché par l’explosion et une part des ténèbres de la créature s’est introduite en moi… »

C’est alors que je remarquai sur le corps de l’homme un détail qui m’avait échappé jusqu’ici. Ce que j’avais pris pour des brûlures sur son torse n’en étaient pas. Il s’agissait simplement de trous béant présent à même sa chair mais d’où aucun sang ne s’écoulait.

Lentement, l’énergie bleutée qui entourait Romain Sawyer se dissipa, en même temps que la vie de l’homme lui échappait peu à peu.

« Éric…Mon neveu… S’est approprié le pouvoir que j’avais obtenu cette nuit-là…qui me maintenait en vie… ainsi que de l’artéfact que j’avais récupéré afin de contrer ce pouvoir des ténèbres… »

Romain se remit à tousser et cracher du sang mais puisant dans ses dernières forces, il m’attrapa par la manche et me lança un regard suppliant.

« Vous…Vous devez l’arrêter à tout prix…Sinon…Sinon le Purple Requiem se jouera à nouveau et cette fois-ci, il ne s’arrêtera pas au prélude ! »

Je reculai d’un pas, abasourdie. Non, ce n’était pas possible. Je le refusais. Je refusais de devoir vivre cela une seconde fois. Je n’allais pas le supporter…

L’aura de la Shungite diminua encore d’intensité tandis que les yeux de Romain Sawyer se voilaient, perdant tout leur éclat.

« Je suis désolé…Violet…Désolé pour ce que vous avez dû endurer par notre faute…Mais il me fallait un responsable…afin de continuer mes recherches dans le but de sceller à jamais cette force maléfique…Est-ce que vous pourrez un jour nous pardonner ?…

-Non. Jamais je ne vous pardonnerai, Romain, lui répondis-je sèchement.

-Je…M’en doutais…Sourit-il dans un ultime effort.

-Mais je ne salirai pas votre nom comme vous avez salis le mien et celui de Soichiro. Je rétablirai simplement la vérité et j’empêcherai à l’histoire d’écrire un second mouvement au Purple Requiem. Ceci est la seule promesse que je peux vous faire.

-Merci…Beaucoup…Violet…Même si je vous ai détestés…travailler avec vous…a été enrichissant…J’aurais aimé…pouvoir en apprendre plus à vos côtés…si les circonstances avaient été différentes. Mais n’oubliez pas cette leçon…que la vie m’a apprise…Parfois…Il faut savoir…Laisser sa place à d’autres…Plus qualifiés… »

L’énergie de la Shungite s’évapora dans l’obscurité et Romain Sawyer rendit son dernier souffle.

Dans un dernier geste de compassion, je fermai les yeux de celui que j’avais traqué pendant quinze années et me rapprochai de la fenêtre détruite.

Là, je tirai en l’air une colonne de flamme, signal marquant la fin de cette opération. Cependant, alors que tout le monde se réjouissait de notre réussite, je n’étais pas sereine. Les dernières paroles de Romain continuaient à me hanter l’esprit, même plusieurs semaines après la chute du mouvement ESPer.

Evidemment, cette opération augmenta encore la renommé d’Ether à travers le monde et de plus en plus de personnes désiraient y rentrer.


Les années se succédèrent. Tout le monde finit par oublier la catastrophe ayant pris tant de vies à Yokohama et bientôt, une nouvelle académie vit le jour sur les ruines de la première.

Mais malgré tous nos effectifs, Éric Sawyer demeura introuvable. Il s’était comme volatilisé après la défaite de son mouvement et plus personne n’entendit parler de lui pendant de nombreuses années. Peut-être était pour le mieux. Peut-être préparait-il un coup de maitre dans l’ombre, nul ne le savait, pas même ses anciens subordonnés.

Concernant le Purple Requiem, je n’avais encore rien révélé à la presse. La mort du maire de Tokyo était toujours fraiche dans les esprits des gens. Personne n’aurait accepté aussi tôt que celui qu’ils prenaient pour leur bienfaiteur n’était qu’un menteur. Cependant, je réussis à réhabiliter Soichiro en prétendant que Romain s’était trompé et m’avait chargée de le révéler au monde. Et puisque plus personne n’était là pour me contredire, ma parole fit foi.

Cependant, ma mission était loin d’être terminée. Même les Sawyer n’étaient plus que de l’histoire ancienne, nous devions nous préparer. Car derrière eux, il y avait encore un homme, Amon, qui semblait prêt à tout pour revenir dans notre monde. Ether se devait d’être prêt afin de le combattre en temps voulu.


Neuf nouvelles années passèrent dans un calme absolu. Alice obtint son bac avec une moyenne supérieure à vingt puis s’engagea dans les rangs d’Ether dès ses dix neuf ans, non pas dans la branche Izrath – je m’y étais opposée – mais dans la branche historique, celle que j’avais ouverte afin d’enquêter sur l’énergie noire qui avait dévasté Tokyo ce soir-là. Cela lui permettait de voyager aux quatre coins du monde en toute sécurité tout en vivant sa passion d’exploratrice.

Masamune devint commissaire général de Tokyo en récompense de son aide apportée lors de l’assaut de la mairie tandis qu’Akame, lui continua son rôle d’espion peu discret pour Ether. J’avais confié également à Laure la présidence de la branche Japon d’Ether, elle qui ne désirait qu’être la supérieure hiérarchique de son mari.

J’appris d’ailleurs grâce à l’enquête de mon amie que Soichiro avait fortement participé à vaincre Ricky Sawyer avec son gang pendant que nous lancions l’assaut contre Romain. Puis il avait définitivement disparu de la circulation. J’avais beau lancer des recherches, il demeurait introuvable. Mais je ne m’inquiétais pas pour lui. Après tout, il n’était pas seul. Ses deux Spirituals l’accompagnaient et je savais qu’elles veilleraient toujours sur lui, bien mieux que je ne l’avais jamais fait.

Quand au professeur Ryoko, il coulait des jours paisibles au CERN, travaillant apparemment sur les trous de vers et leurs propriétés quantiques.

Tout se déroulait pour le mieux dans le meilleur des mondes…Du moins, ce fut le cas jusqu’au funeste jour du 15 mars 2013 où le CERN fut attaqué et le professeur enlevé par un groupe d’hommes mystérieux, ce même groupe qui, quelques jours auparavant, avait déjà semé le chaos dans l’ancien Lycée de ma fille.

Au départ, j’avais pensé qu’il ne s’agissait que d’un petit groupe de dégénéré mais cette attaque de grande envergure me fit prendre conscience que la menace évoquée par Romain, neuf ans plus tôt, était bien réelle.

Je mis donc tous les moyens disponibles de la fédération afin d’attraper le cerveau de cette affaire mais il n’y avait rien à faire. Tout comme Éric Sawyer, il nous échappait encore et toujours, comme s’ils avaient le pouvoir de se volatiliser dans une autre dimension. Ce fut par ailleurs sans surprise que nous trouvâmes assez vite un lien entre les deux hommes, ce qui ne fit que renforcer ma détermination à mettre un terme définitif à cette histoire qui n’avait que trop duré.


Alors que je me trouvai sur le parvis de mon château, je vis la voiture d’Elwood rentrer de Paris. May, mon amie d’enfance, et son mari, le professeur John Wheeler, un collègue et ami proche de Ryoko, étaient également sur le coup et m’avaient donc demandé de garder un œil sur quelqu’un en particulier, une certaine Angéla Hopper, prise en chasse par Hélios, le roi des dégénérés.

Tandis que je voyais la jeune fille descendre de la voiture, accompagné d’un garçon aux airs perdus, je ne pus m’empêcher de sourire bêtement en repensant aux toutes dernières paroles de Romain.

Peut-être avait-il raison. Peut-être avais-je passé l’âge de jouer aux héroïnes finalement. Peut-être que ce n’était pas à moi de vaincre Hélios et Éric Sawyer…Seul le destin le savait.

Dans tous les cas, je comptais bien faire tout ce qui était en mon pouvoir pour terminer ce que j’avais entrepris, vingt-cinq ans plus tôt, en cette nuit funeste où une mélodie mortelle avait illuminé le ciel et changé nos vies à tout jamais.

Mais malgré tout ce qui avait pu nous arriver, je ne regrettais rien. J’avais surmonté toutes les épreuves mises sur mon chemin et j’en étais ressortie plus forte.

A présent, je devais forger la génération de demain et leur transmettre tout ce que les années m’avaient apprises. Telle était la mission de l’équipe technologique et histoire de l’école Rikoukei…telle était la mission de la fédération Ether.

« Attends-moi encore quelques temps, Soichiro. Bientôt se jouera la conclusion du Requiem…le dernier acte de cette opéra tragique…le dernier combat avant que nous ne soyons enfin réunis. »



Violet, Epilogue



Spoiler :


Je reposai ce vieux cadre photo et le remis à sa place avant de regarder l’heure. Je m’étais encore perdue dans ces souvenirs poussiéreux.

Lentement, je me levai et me préparais à terminer cette longue journée presque aussi absurde que ces jours heureux que je coulais avec E.T.H.E.R auparavant.

Cependant, alors que j’étais sur le point d’éteindre mon ordinateur, un mail perdu au milieu du flot de notifications interrompu attira mon attention, un mail de ma propre fille.

C’est vrai. Après avoir retrouvé le sceptre Héqa, elle était partie sur le site supposé d’Héliopolis afin de trouver des indices qui nous aideraient à vaincre Hélios. Avec toutes ces histoires, j’avais presque oublié de lui demander son rapport.

Pensant qu’il ne s’agirait que d’un mail de routine, je l’ouvris, l’esprit déjà à moitié endormi mais les premières lignes furent suffisante pour me réveiller totalement.

J’écarquillai les yeux, abasourdie et relus plusieurs fois le mail d’Alice mais la fatigue ne me jouait pas des tours. Si ce qu’elle m’annonçait là était avéré, la réputation allait bien être le dernier de nos problèmes.

J’imprimai en vitesse sa lettre et descendis en trombe dans les escaliers pour faire part de cette découverte au professeur.

Heureusement pour moi, il était toujours aussi insomniaque et je le trouvai dans la bibliothèque, avec Drago.

Je me mordis la lèvre. Non. Je ne pouvais pas encore tout révéler aux jeunes. Il fallait à tout prix éviter la panique inutile pour l’instant.

C’est pourtant, je fis mon possible pour paraitre détendue et entrai dans la pièce d’un pas assuré.

« Je vois qu’on ressort les dossiers sur son ancienne élève, professeur Ryoko. Je n’en attendais pas moins de vous, lui lançai-je.

-Désolé ma chère Violet, je me suis laissé emporter par la nostalgie, s’excusa-t-il, gêné.

-Ce n’est pas bien important. Mais toi Drago, tu n’as rien à faire debout à cette heure. N’oublie pas que, même si le tournoi est suspendu pour le moment, tu dois garder tes forces en cas d’urgence.

-Je…Oui, je comprends. Excusez-moi pour le dérangement. Et merci professeur pour m’avoir raconté tout cela. Je comprends un peu mieux vos motivations désormais. »

Sans ajouter un mot, le jeune garçon s’éclipsa et nous laissa seuls, Ryoko et moi, en compagnie de ce vieil album photo.

Je lâchai un long soupir.

« Et bien, de quoi veux-tu me parler ? Me demanda alors mon mentor. J’imagine que si tu as congédié Drago, c’est à cause d’un secret de la fédération, n’est-ce pas ? »

Sans même lui répondre, je lui tendis le mail d’Alice. L’homme fronça les sourcils, ne comprenant pas où je voulais en venir tout d’abord mais très rapidement, ses yeux s’agrandirent de surprise. Après avoir terminé sa lecture et relu plusieurs fois la lettre, il posa sur moi un regard consterné.

« Je…Violet…Est-ce vrai ce que dit Alice ? Bégaya-t-il, le teint livide.

-Je l’ignore, avouai-je franchement. Mais si sa découverte est avérée, le Purple Requiem n’aura été qu’une explosion de Masamune face à ce qui se prépare. »

D’un bond, le professeur se leva de sa chaise si brutalement qu’elle tomba au sol.

« Alors c’est pour cela…C’est pour cela qu’Hélios m’a enlevé…Il avait besoin de mes recherches sur le Kvantiki…Pour accomplir cela ?! Nous devons agir, Violet !

-Je le sais professeur. Je le sais. Mais actuellement, Hélios est ici, avec nous. Ne prenons aucune décision trop hâtive. Dois-je vous rappeler qui est notre véritable ennemi ici ? »

Ryoko se rassit en grognant.

« Je le sais. Inutile de me le rappeler. Éric Sawyer est celui que nous devons arrêter en priorité, ainsi que Shadow. Mais tout cela ne présage rien de bon…Et la dernière que j’ai eu un tel pressentiment…C’était le jour de l’arrivée de Romain et Ricky dans nos rangs…

-Ne vous inquiétez pas. Je vais déployer plus de nos hommes sur place pour y mener une enquête approfondie. Je peux vous jurer que, moi vivante, je ne laisserai pas la catastrophe d’il y a vingt-cinq ans se reproduire.

-Je fais confiance à ton jugement, Violet. »

Dans l’urgence, je contactai Masamune, Laure et Akame afin de réunir le plus de main d’œuvre possible et leur joignis une copie du mail d’Alice.

« Rapport d’exploration d’Alice Leblanc numéro 54.

Je suis actuellement en plein désert du Sahara, à trois jours de marche de toute civilisation. Avec mon guide, nous avons trouvé des ruines de ce qui semblait être un ancien royaume. Cependant, j’ai dû continuer la route seule. Ce-dernier ayant fui lorsque je lui ai demandé de m’y conduire. J’ai donc exploré seule de nombreux bâtiments enfouis sous plusieurs mètres de sable et y ai découvert ce que nous cherchions : La cité Antique d’Héliopolis.

Cependant, je suis également tombée sur quelque chose de plus inquiétant. Je ne sais pas vraiment comment te l’expliquer… il y avait une tablette de pierre dans un ancien temple mais malheureusement, elle est tombée en poussière lorsque je l’ai touchée. Mais j’ai néanmoins eu le temps de déchiffrer les hiéroglyphes gravés dessus.

Lis attentivement ce que je vais te dire, Maman. Ce que les frères Sawyer ont libéré il y a vingt ans n’était pas un simple Spiritual…Mais une créature enfermée il y a plus de cinq-mille ans dans une prison temporelle, ici, à Héliopolis. Une créature capable d’anéantir le monde. Une créature autrefois connue sous le nom de Gariatron, Démon originel des ténèbres.

Mais il y avait un autre détail dont je voulais te parler. En effet, je ne suis pas la seule sur les lieux. Un groupe d’hommes, ceux dont tu m’as parlés mais également d’autres qui sont inconnus des dossiers de la fédération, rodent autour des ruines et s’affrontent régulièrement. J’ignore ce qu’ils désirent réellement et pour l’instant, je ne pense pas avoir été repérée. Mais par précaution, j’ai enfoui à nouveau les ruines sous le sable. Je t’envoie en pièce jointe les coordonnées du site. Des renforts seraient les bienvenus.

Je vais continuer à investiguer de mon côté et je te tiendrai au courant s’il y a du nouveau.

J’espère pouvoir être de retour pour la fin du tournoi et former les nouvelles recrues.

Je t’embrasse fort Maman,

Ta fille, Alice. »




Chapitre 16 : La course



Spoiler :


Le lendemain de cette conversation avec le professeur, je fus réveillé par un rugissement assourdissant provenant de l’extérieur. Ne cherchant même pas à comprendre ce qu’il se passait, je m’habillai en moins de trente seconde et je me précipitai dehors pour me retrouver nez à nez avec un Dragon d’Hélios.

Je fus tellement surpris que je tombai à la renverse. Darksky avait-il raison finalement ? Hélios avait-il profité de nous pour nous attaquer dans notre dos ?

Je m’apprêtai déjà à alerter tout le manoir lorsque j’entendis la voix de Marie à quelques mètres et, en tournant la tête, je la vis…poser une selle sur le dos de l’un des dragons…

« Qu’est-ce que…

-Oh Drago, tu arrives pile à l’heure ! Me lança cette dernière en guise de salutation.

-Marie…Qu’est-ce que tout ce cirque signifie ? Lui demandai-je prudemment.

-Oh, ce n’est que la fameuse surprise d’Hélios : une course de Dragon !

-Une…course de Dragon ? Répétai-je, interdit.

-Tout à fait ! S’exclama l’intéressé qui venait d’apparaitre derrière moi en me faisant sursauter au passage. C’était un sport très prisé à Héliopolis et j’étais le meilleur à ça !

-Le meilleur jusqu’à ce que j’arrive, répliqua Marie d’un air malicieux.

-C’était un coup de chance, j’ai été distrait par cette bande de bons à rien de sous-fifres ! Répliqua Hélios tentant d’avoir l’air confiant.

-Dans ce cas, prouvez-le-nous aujourd’hui ! »

Sans plus attendre, Marie enfourcha l’un des reptiles volants comme un cheval qui s’envola quelques mètres au-dessus du sol. Hélios n’en resta pas là et se précipita sur Atoum qui décolla à son tour pendant que je regardai ce spectacle, interdit.

« Allez Drago, choisis-en un et monte ! Me lança Hélios en invoquant d’autre Dragons.

-Je…euh… »

Je n’eus pas le temps de terminer ma phrase car la porte d’entrée s’ouvrit avec violence pour laisser passer Angéla, Darksky, Violet, Elwood et Ryoko qui semblaient tout aussi perdus que moi.

« Oh, ça pour une surprise, j’adore ! S’exclama Angéla, aux anges. Le gros rouge est à moi !

-Angéla…tu es consciente qu’il s’agit de Dragons, contrôlés par Hélios qui plus est ? La prévint Ryoko, plus prudent.

-Si Marie n’a pas peur, alors moi non plus ! »

Sans se poser une seule question, la jeune fille se précipita sur le Dragon écarlate et or et grimpa sur la selle avant de rejoindre Marie et Hélios dans les airs.

« C’est parti ! Rien de tel qu’une course de Dragon pour mettre de bonne humeur ! S’écria cette dernière avec un sourire faisant le tour de son visage.

-Marie, descends de là tout de suite ! Ordonna alors Darksky à sa sœur, affolé.

-Viens me chercher si tu l’oses, le défia-t-elle.

-Très bien, j’arrive ! »

A son tour Darksky enfourcha l’un des Dragons, le plus frêle d’entre tous, et se fonça vers sa sœur qui esquiva sans aucune difficulté l’attaque. Cependant, son frère ne semblait pas aussi à l’air qu’elle et manqua de tomber de sa monture lorsque celle-ci s’arrêta brutalement et Angéla éclata de rire.

« Alors, on a quelques problèmes d’équilibre à ce que je vois ?

-Je ne t’ai rien demandé, râla-t-il en tentant tant bien que mal de rester sur sa selle.

-Bon, Drago, Violet, Elwood, Ryoko, on n’attend plus que vous ! Lança Hélios.

-Sans façon, je dois m’occuper de… »

Violet qui s’apprêtait déjà à repartir n’eut pas le temps de finir sa phrase que quatre Dragons se précipitèrent sur nous et nous n’eûmes d’autre choix que d’obéir à Hélios pour ne pas nous faire écraser, si bien qu’une seconde plus tard, nous étions tous en train de survoler le château à dix mètres du sol.

« Oh, une course de Spiritual, j’adorais faire ça avec Papa ! S’exclama Théa qui s’était matérialisée à côté de moi, soudainement très enthousiaste. Drago, tu n’as pas le droit de perdre, Papa était le meilleur et tu as intérêt à lui faire honneur !

-On ne ferait pas mieux de nous préparer à combattre Shadow plutôt ? Tentai-je en comptant sur le sérieux de ma sœur concernant ces histoires.

-Oui, mais pas avant d’avoir gagné cette course ! Rétorqua-t-elle, des étoiles dansant dans ses yeux.

-Mademoiselle Violet, vous êtes certaine que cela est raisonnable ?

-Evidemment que ce n’est pas raisonnable mais que veux-tu, dans ce genre de situation, mieux vaut laisser courir, crois-en mon expérience à Rikoukei…

-Tout ça va finir comme une expérience de Masamune je le sens…Je suis devenu trop vieux pour ce genre de chose, grommela Ryoko, cramponné à sa selle. »

Voilà que même eux devenaient fous rien qu’à l’idée de cette course. Je ne pouvais vraiment plus m’échapper…Mais…Cela ne devait pas être si dur que ça après tout, je pouvais bien me laisser tenter moi aussi…

« Bien, je suis content de voir que ma petite course improvisée a attiré autant de monde ! Lança Hélios avec un large sourire.

-Comme si on avait eu le choix, marmonna Darksky.

-Voici ce que je vous propose : un aller-retour simple jusqu’au stade où tous les coups sont permis ! Le dernier arrivé paie un verre à tout le monde !

-Michael, il te reste assez tu penses ? Demanda Marie d’un ton neutre.

-La ferme ! Je vais te faire descendre de là avant qu’il y ait un accident ! Répliqua Darksky en tentant une nouvelle fois d’attraper sa sœur, sans succès.

-Pas de règle, j’aime, vous allez souffrir Hélios, déclara Angéla en se frottant les mains d’un air sadique.

-Il va y avoir des morts avant la fin de la course, je le sens, lançai-je avec dépit.

-Sur ceux, tout le monde sur la ligne de départ. Le top sera donné lorsque les trois sceaux seront allumés ! »

Nous nous alignâmes tous sur une seule rangée, juste en dessous des trois sphères dorées qui faisaient office de feu de lancement. Tout le monde, y compris Violet et Ryoko, semblait prendre très à cœur cette course pour une raison qui m’échappait.

La première sphère s’illumina, puis la seconde et, lorsque la troisième se mit à briller à son tour, Hélios partit comme une furie, talonné de très près par Marie, suivi de Ryoko et Angéla au coude à coude puis Elwood et Violet, moi et enfin, Darksky qui eut visiblement un souci au démarrage car il resta sur place quelques instants au milieu d’une épaisse fumée grisâtre.

Au départ, je me concentrais plus sur le fait de rester sur la selle plus que sur la course elle-même ; il était préférable de ne pas tomber à plus de dix mètres au-dessus du sol, mais rapidement, je réussis à prendre mon courage à deux mains et me redresser pour observer la situation.

Nous volions donc au-dessus de la route nationale, droit vers le stade et, à en juger par le nombre de Dragons devant moi, j’en déduis que je devais être dans les derniers. Il me fallait un plan si je voulais pouvoir remonter car je doutais qu’Hélios m’ait donné son dragon le plus rapide…

« Drago, à côté de toi ! Me cria soudainement ma sœur.

Je tournai instinctivement la tête et je vis une carte flotter dans les airs au milieu d’une sorte de cube transparent. Sans réfléchir, je l’attrapai et un sourire illumina la figure de Théa.

« Oh, une bombe, on va s’amuser, lança-t-elle joyeusement. »

Immédiatement après que je l’ai prise, la carte s’illumina et une sorte de bombe avec des yeux apparut dans ma main comme par magie.

« Qu’est-ce que…

-Dépêche-toi imbécile, balance de truc ou ça va exploser ! »

Je ne perdis pas une seconde et, fermant les yeux, je lançai la bombe, droit devant moi. Cette dernière fila à la vitesse de la lumière sur le Dragon d’Angéla et la pauvre fille eut à peine le temps de pousser un cri de surprise avant que la bombe n’explose sur elle.

« Attends, je viens de tuer Angéla ? M’exclamai-je, affolé tout en passant à côté d’elle à toute vitesse.

-Mais non, elle s’en remettra, préoccupe-toi plutôt de la course ! »

Sceptique, je lançai néanmoins un regard en arrière et je vis effectivement Angéla ressortir du nuage noir, visiblement furieuse.

« Je vais t’apprendre à me balance des bombes à la figure moi ! S’écria-t-elle en attrapant une autre carte.

Une tortue se matérialisa dans sa main et un sourire triomphant se dessina sur le visage de mon amie tandis que le reptile se repliait dans sa carapace pour ne laisser qu’un petit vaisseau vert. Sérieusement, où Hélios avait-il trouvé ces Spiritual ? Et à quel moment avait-il eu le temps de les disposer sur le chemin de la sorte ?

« Prends ça, tu m’en diras des nouvelles ! »

Angéla me tira de mes pensées et lança son arme de toutes ses forces vers moi. Ayant pu prédire l’attaque, je réussis à l’esquiver en montant quelques mètres plus haut, ce qui laissa le champ libre à l’ovni pour frapper le pauvre Elwood dont la monture, déséquilibrée, percuta celle de Violet et les deux concurrents plongèrent avant de se rattraper tandis qu’Angéla et moi les dépassions.

« Oh, je vois, c’est donc à cela que ces cartes servaient…Une idée digne d’Akame, s’amusa la propriétaire du château. Voyons un peu de quoi cette plante est capable si je le combine à mon Spiritual. »

Au loin, une plante carnivore monstrueuse s’éleva pile devant Hélios et Marie. La sœur de Darksky eut heureusement le réflexe de s’arrêter mais le roi, trop fier pour laisser quelqu’un lui passer devant, ne dut voir qu’une occasion de distancer tout le monde et se fit gober d’un seul coup par le monstre de Violet et Marie éclata de rire en passant à côté de lui.

« Ah ! Deuxième fois que vous vous faites avoir Hélios ! Lui cria-t-elle tout en prenant la tête de la course. »

Ryoko, qui était jusque-là troisième, passa second, ne se laissant pas distraire par la disparition de l’un des concurrents et se retrouva à quelques mètres à peine de Marie. A en juger par son expression terrifiée, il ne contrôlait plus rien et le Dragon agissait par lui-même…

Malgré moi, j’éclatai de rire lorsque le roi se fit gober d’un coup par la plante. Je commençai vraiment à prendre gout à cette course et une profonde envie de gagner s’installa en moi.

Je me retournai et je vis Angéla qui me talonnai de près, suivi de Violet, Elwood et enfin Darksky à la traine. Lorsque je croisai le regard de la jeune fille, je n’eus plus qu’une idée en tête : ne perdre à aucun prix contre elle.

Je donnai deux coups sur les côtes du Dragon et tirai les rennes pour accélérer. Voyant cela, Angéla fit de même et nous nous retrouvâmes bientôt au coude à coude à la vitesse du son.

Rapidement, nous rattrapâmes Ryoko que nous dépassâmes le pauvre professeur qui se cramponnait de toutes ses forces à la selle pour ne pas tomber avant de passer à côté de Marie qui étrangement, ralentit au même moment, mais je ne cherchai pas à comprendre, je voulais simplement gagner face à Angéla.

Cependant, je compris à mes dépends pourquoi Marie nous avait laissé prendre la tête de la course car, à peine l’avions nous dépassée qu’une ombre gigantesque plana au-dessus de nous et un frisson me parcourut l’échine.

Par réflexe, je tirai à fond sur les rennes pour arrêter mon Dragon et je prévins la jeune fille du danger qui planait au-dessus de nos têtes mais elle n’en fit rien et continua sa route, triomphante.

Quelques secondes plus tard, une explosion retentit devant moi, suivi d’un cri, tandis qu’une épaisse fumée noirâtre s’éleva dans les airs à l’endroit même où Angéla se tenait auparavant.

« La pauvre, j’espère qu’elle s’en sortira, me dis-je à moi-même.

-Ce n’est pas le moment de rêvasser Drago ! Me lança Marie en passant à toute allure à côté de moi. »

Le temps que ma monture redémarre, Ryoko – ou plutôt son dragon – me repassa devant, de même que Violet, Elwood et Darksky. Hélios, quant à lui, semblait avoir réussi à s’échapper mais volait lentement et sa cape était en lambeaux.

Je ne perdis pas une seconde de plus à observer les autres et je repartis à la vitesse de l’éclair. En passant devant Angéla qui semblait encore à moitié inconsciente, je lui fis un signe de la main avant de continuer ma route.

Je réussis à voler sans encombre jusqu’au stade, gardant ma position de troisième en partant de la fin même si je voyais que devant, il y avait de la bagarre pour la première place. Entre explosion de tortues, plantes géantes, rafales de flammes et bombes à retardement, j’étais presque content de ne pas avoir à subir ça. Cependant, lorsque j’atteignis le point de demi-tour, les choses recommencèrent à se corser.

En effet, Hélios qui jusque-là occupait la queue de pelletons, se réveilla soudainement et je le vis attraper une carte qu’il activa immédiatement.

-C’est parti Atoum, montrons-leur notre vraie puissance !

Aussitôt, son dragon se mit à briller d’une lueur dorée tandis que je crus discerner comme un changement sur son armure qui vira à l’argenté tandis que ses ailes passèrent du bleu nuit au jaune or. J’avais presque l’impression que ce n’était plus le même monstre qu’Hélios chevauchait…

Je n’eus pas vraiment le loisir d’observer cela plus longtemps car un bruit semblable à celui des avions dépassant la vitesse du son retentit derrière moi. Sans réfléchir, je fonçai sur le dragon Angéla pour l’écarter de la piste imaginaire. Evidemment, cette dernière me traita de tous les noms jusqu’à ce qu’elle voie un boulet de canon doré passer juste à côté de nous et éjecter le pauvre Darksky qui n’avait rien vu venir.

« Euh…Merci…Me dit Angéla, gênée.

-Tu me remercieras sur la ligne d’arrivée, lui répondis-je en repartant tant qu’elle était encore à l’arrêt ce qui me valut une autre série d’insultes. »

Je passai à toute vitesse à côté de Darksky qui était encore dans les pommes, pour enfin me retrouver au coude à coude avec Ryoko qui me lança un regard de détresse en me voyant à côté de lui…Le pauvre avait l’air d’être sur le point de vomir son petit déjeuner…

La monture du professeur, n’appréciant par cette compagnie aérienne, aspira l’air tout autour d’elle et se mit à cracher des torrents de flammes tout autour d’elle.

Je réussis néanmoins à éviter l’attaque, et heureusement pour elle, Angéla était trop loin pour se faire carboniser sur place. Mais maintenant, Ryoko était intouchable et il m’était impossible de lui passer devant.

Je devais trouver une solution et vite, le château n’était plus qu’à quelques kilomètres et j’avais toujours un retard considérable sur Hélios et Marie…

« Sur ta droite ! Me hurla ma sœur.

A la dernière minute, je me saisis de la carte qui se trouvait là et je vis une simple châtaigne apparaitre dans ma main…Je n’avais aucune idée de son utilité mais étant donné que ma sœur éclata de rire, ça ne pouvait être que mauvais pour les autres.

Etrangement, je réussis à toucher avec mon projectile le Dragon de Ryoko qui s’emballa et commença à faire des zigzags sans que son cavalier ne puisse le contrôler.

J’étais désolé pour le pauvre homme mais je devais remporter la victoire. Je profitai de cette ouverture pour foncer droit devant moi et rattraper Marie et Hélios…et même les dépasser puisqu’ils étaient plus occupés à se chamailler qu’à se concentrer sur la course.

Le château était en vue et j’étais premier ! Je sentis une montée d’adrénaline en moi tandis que je donnai le dernier coup de talon au dragon. Il ne me restait plus que quelques mètres et je gagnais cette course !

Je pouvais déjà toucher la ligne d’arrivée du bout des doigts lorsqu’un épais nuage noir et menaçant apparut au-dessus du circuit. Je n’eus même pas le temps de comprendre ce qui m’arrivait que ma monture fût foudroyée instantanément, de même que tous les autres Dragons derrière moi. L’un après l’autre, nous entamâmes une longue chute…à l’exception de Darksky que je vis toucher les trois sceaux, l’air triomphant tandis que ces derniers s’illuminèrent, annonçant la fin de la course.

« Et voilà ce qu’il se passe quand on défie l’aigle noir ! S’écria Darksky triomphalement.

-Sérieux, j’ai perdu contre lui ? S’exclama Angéla en jetant sa veste à terre. Tout ça à cause de ce foutu éclair !

-Je me fais trop vieux pour ce genre de choses je pense, lança Elwood en s’étirant.

-Oui mais c’était amusant, il faudra le refaire à l’occasion, lui répondit Violet qui semblait mécontente d’avoir été battue. Enfin, je dis ça, ce n’est pas parce que le club de Rikoukei me manque ou quelque chose du genre, en vous méprenez pas professeur !

-Je donnerais n’importe quoi pour une explosion de Masamune mais pitié, plus jamais ça…Gémit Ryoko. C’était tout le temps comme ça avec lui, Marie ?

-Oh non, d’habitude, c’est pire mais les courses c’est ce qu’il préfère, répondit la jeune fille, souriante.

-Et…Une minute, où est-il passé ? M’exclamai-je alors en ne voyant le roi nulle part.

-Oh, je l’ai laissé là-bas, me répondit la sœur de Darksky. »

Je tournai la tête dans la direction qu’elle pointait du doigt et effectivement, Hélios était dans un arbre dans une position ridicule, visiblement dans les pommes, de même que son dragon et je ne pus m’empêcher de pouffer.

Ce type était peut-être un roi maléfique, mais il fallait reconnaitre qu’il savait y faire quand il s’agissait de s’amuser. En fin de compte, Hélios avait vu juste : sa surprise nous avait vraiment permis de nous rapprocher de lui en ne le voyant plus comme une menace mais comme un simple homme un peu boulet sur les bords mais ayant un bon fond. Même les défenses de Darksky semblaient avoir été abattues et il en redemandait même.

Le soir, comme promis, Hélios paya un verre à tout le monde dans un restaurant de la ville. Nous passâmes vraiment un bon moment ou chacun pu laisser ses soucis de côté le temps de quelques heures pour ne redevenir que de simples citoyens désireux de passer du bon temps avec leurs amis.

Même Violet, qui avait des ennuis jusqu’au cou, abandonna son rôle de présidente d’Ether pour redevenir cette jeune fille membre d’un groupe de personnes étranges que Ryoko m’avait décrite. La voir rire et s’amuser comme la simple scientifique qu’elle aurait dû être me donnait le baume au cœur.

C’était ce genre de moment que je chérissais. J’avais l’impression de retrouver mon ancienne vie, loin de toutes ces histoires de fin du monde et de fous à lier, mais il y avait quelque chose de plus, une chose que je ne pouvais pas discerner mais qui m’avait manqué pendant longtemps.

« Eh Drago, ce n’est pas le moment de dormir, me lança Angéla en me ramenant à la réalité. C’est à ton tour !

-Oh…Oui, désolé Angéla.

-Tu n’as aucune chance Drago, Michael possède les quatre as en main, ricana Marie.

-Arrête de révéler mon jeu toi, répliqua son frère en gonflant les joues.

-ça m’étonnerait fort ma chère, j’en possède un, rétorqua Hélios, fier de lui.

-Hélios, vous ne devez pas dire ce que vous avez en main, soupira Violet, dépitée. »

Elwood et Ryoko éclatèrent de rire en voyant le roi tenter de se défendre à coup de bluff en prétendant posséder tout le jeu, sans grand succès.

Mais Angéla avait raison. Ce n’était sûrement pas le moment de penser à tout cela et de me torturer l’esprit pour rien. J’étais entouré de bons amis, même Hélios, il fallait que je profite de ce moment !

« Triple roi ! M’écriai-je joyeusement alors en posant ma main sur la table. »






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le bon temps…

heart earth
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[Fic]L'Avènement des Dieux, Rebirth posté le [05/07/2019] à 22:44

bon j'ai très peu touché à ces chapitres aussi, juste changé 2-3 dialogues donc je les poste direct a la suite :3


Chapitre 17 : L’offre de Shadow



Spoiler :



J’avais encore du mal à accepter la présence d’Hélios parmi nous. Après tout, il avait enlevé ma sœur alors que ce n’était qu’une enfant et m’avait menti en me recrutant par la suite avant de m’abandonner. Comment pouvait-on faire confiance à un type comme lui ?

Et pourtant, malgré tout ce qu’il nous avait fait, Marie n’avait pas l’air en colère contre lui pour une raison qui m’échappait. Etait-ce une sorte de syndrome de Stockholm qu’elle avait fini par développer…ou avait-elle vu en lui autre chose que sa cruauté et son esprit tordu ?

De plus, il n’avait rien fait de répréhensible depuis son arrivée. Il se comportait même comme un gamin et pas du tout comme le tyran cruel qu’il aurait dû être. Même Angéla avait l’air d’avoir oublié sa rancœur envers lui alors qu’elle aurait dû être la première à lui sauter à la gorge. Je ne savais vraiment pas quoi penser…

Néanmoins, je ne baissai pas ma garde et je continuai à garder un œil sur lui. Je le suivis partout où il allait, traquant le moindre de ses déplacements, attendant qu’il fasse un faux pas pour révéler sa vraie nature à tout le monde, celle du menteur qu’il était…mais rien. J’avais beau le surveiller, toutes ses actions étaient banales et sans intérêt, voire même stupides parfois lorsqu’il essayait de se servir de nouvelles technologies.

Je commençais sérieusement à me remettre en question et même à penser que l’homme qui nous avait rejoint n’était pas le même que le tyran cruel ayant affronté Shadow dans le stade…

« Allons bon, tu es devenu un stalker maintenant ? Ricana une voix féminine dans mon dos.

-Je suis sur mes gardes, c’est différent, Marie, rétorquai-je sans quitter ma cible des yeux qui était en train d’essayer d’allumer la télévision, sans succès.

-Tu es surtout ridicule à te cacher derrière les portes comme ça…S’amusa ma sœur avec un large sourire.

-Un jour, il fera un faux pas et ce jour-là, je serai là pour révéler son vrai visage !

-Mais il l’a déjà révélé.

-Sérieusement, qu’est-ce qu’il a fait ? Tu l’as vu téléphoner à quelqu’un de louche ? Il a posé des pièges quelque part ? Il a voulu agresser Drago dans son sommeil ?

-Il a organisé sa course de Dragons l’autre jour ! »

Je marquai une pause et je regardai ma sœur comme si elle était folle mais elle se contenta d’afficher un air mystérieux dont elle seule avait le secret.

« Non…C’est justement son camouflage ça, Marie…La repris-je.

-Absolument pas. Tu as pu voir une partie du vrai Hélios, confirma-t-elle.

-Et comment est-ce que tu peux affirmer quelque chose pareil ?

-J’ai eu tout le temps de l’observer pendant ces dernières années, me répondit-elle naturellement. »

Ma sœur marqua une pause et passa à son tour le regard par la porte pour observer le roi et je vis une once de tristesse dans ses yeux à ce moment-là.

« Hélios…Est-ce que sa mort vous tourmente toujours à ce point ? Murmura-t-elle.

-Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes Marie ? De quelle mort tu parles ? M’étonnai-je.

-Rien du tout. Mais bon, libre à toi de le Stalker sauf que tu perds ton temps. »

Marie n’ajouta rien à cela et repartit vaquer à ses occupations, me laissant complètement désemparé. A qui devais-je faire confiance ? Les dires de Marie qui se trompait rarement quand il s’agissait d’analyser les gens, où à mon instinct qui me criait de me méfier de lui comme de la peste ?

« Dis-moi, Saya, toi qui as connu Hélios comme un père…qu’aurais-tu fait à ma place ? » pensai-je avant de remonter dans ma chambre.

Cette nuit-là, je fis un rêve étrange, le premier depuis bien longtemps.

Je me retrouvai sur les remparts d’un château ou plutôt sur ceux d’un palais au milieu du désert. Le ciel était menaçant, un orage approchait. Au loin, une armée avançait lentement dans un cliquetis d’armure et des grognements inhumains. Son étendard représentait un symbole sombre. Ils devaient être plusieurs milliers, accompagnés de Spirituals enveloppés par les ténèbres.

A en juger par la distance qui nous séparait, j’estimais qu’elle mettrait deux jours tout au plus à arriver jusqu’au château.

Un bruit de pas à côté de moi attira mon attention et je remarquai soudain que je n’étais pas seul sur les remparts. Non loin de là, un homme que je reconnus comme étant Hélios, ainsi que deux femmes, observaient la scène, inquiets. La première ressemblait trait pour trait au roi et était habillée d’une longue robe blanche laissant ses épaules et ses bras nus tandis que ses longs cheveux blonds tombaient dans son dos et étaient attaché au bout par une sorte de tissu.

L’autre était une belle femme brune, au visage fin et à la peau claire malgré le soleil brûlant du désert. Elle portait également une longue robe mais recouverte d’une armure dorée et sur sa tête était posé une sorte de diadème incrusté de joyaux. Son regard était serein mais ses yeux dégagèrent néanmoins une légère inquiétude lorsqu’elle se tourna vers Hélios.

« Eh bien, on dirait que notre dernier rempart vient de tomber, déclara la femme en armure sans émotion.

-Et ce royaume est sur le point de s’effondrer lui aussi malheureusement, Celestia, lui répondit Hélios d’une voix lasse et fatiguée. Le départ précipité de Solaris nous a mis dans de beaux draps…

-Depuis quand es-tu aussi défaitiste, mon frère ? S’étonna l’autre femme. Normalement, c’est mon rôle de prédire des catastrophes.

-Parce que tu vois une alternative peut-être, Luna ? Rétorqua le roi en fronçant les sourcils.

-Non, aucune, s’amusa la dénommée Luna.

-Je n’ai donc pas le choix… »

En prononçant ces mots, Hélios fut entouré d’une aura sombre et une ombre gigantesque l’entoura. Mon cœur s’arrêta un instant. C’était la même ombre que lorsque j’avais combattu à ses côtés !

« Hélios, non ! S’écria la femme en armure en tentant d’attraper le roi avant de se faire projeter violement à terre par une force invisible. »

L’ombre s’éleva peu à peu dans le ciel et deux yeux rouges apparurent, puis deux sortes d’ailes sur un long corps noir recouvert de ténèbres. Le monstre rugit et ma vision se brouilla.

Lorsque je rouvris les yeux, je n’étais plus sur les remparts mais dans ce qui s’apparentait à une salle du trône où Hélios était assis. Cependant, il semblait différent, beaucoup plus proche de l’homme que je connaissais à mon époque : l’air plus cruel mais son regard n’était pas encore aveuglé par la haine comme lorsque je l’avais rencontré quatre ans plus tôt. Ce dernier tapait frénétiquement des doigts sur son siège, comme s’il attendait quelque chose avec impatience.

Au même moment, un homme entra dans la pièce, un messager certainement.

« Alors, l’as-tu retrouvé ? Grogna aussitôt le roi.

-Non seigneur Hélios, mais nous avons trouvé ceci dans sa chambre, dit-il en lui tendant un morceau de parchemin. »

Lorsqu’Hélios le vit, ses yeux s’agrandirent et je pus lire à l’intérieur une peur sans pareille.

« Rassemblez toutes les troupes du château, ne la laissez pas faire ça, qui sait ce qui l’attend aux portes de ce royaume ! Je vais me joindre personnellement aux recherches mais une chose est sûre : je la retrouverai !

-Je t’avais pourtant prévenu Hélios, lança la dénommée Luna, je t’avais dit qu’elle mettrait ses menaces à exécution et maintenant, elle est partie je ne sais où et tout ça, c’est parce que tu n’as pas voulu ravaler ta fierté !

-N’essaie pas de me rendre plus coupable que je ne le suis Luna, si Celestia est partie, c’est parce qu’elle n’a plus confiance en ce royaume, ni en moi…

-Ouvre les yeux Hélios ! Ce pouvoir est en train de te consumer ! Celestia le sait très bien, elle a toujours essayé de te dissuader de l’utiliser pour te protéger, pas parce qu’elle le craignait ou qu’elle le désirait !

-Cette conversation ne nous mènera nulle part, je vais la ramener saine et sauve, tu verras ! S’écria-t-il en se levant d’un bond de son trône.

-Et si elle ne veut pas ? »

Hélios se retourna un bref instant mais ne répondit rien et sortit de la pièce sans demander son reste.

Tout devint noir après cela et je me réveillai en sursaut dans mon lit. J’étais en sueur à cause de ce rêve, ma respiration était saccadée et mon cœur battait la chamade.

Qu’est-ce que c’était que ce rêve ? Tout semblait si vrai, comme si j’avais été transporté directement dans les souvenirs d’Hélios…était-ce le pouvoir de Marie qui déteignait sur moi ?

Pendant que je réfléchissais, mon regard passa par hasard sur l’horloge de ma chambre et je tombai de mon lit en voyant l’heure : quinze heures…Pourquoi personne ne m’avait réveillé ?

Pestant contre tout ce qui se trouvait autour de moi, je m’habillai en vitesse et descendis les escaliers en courant au risque de me briser la nuque mais, alors que je m’apprêtai à trouver un mot dans le salon, je vis que tout le monde était là, tranquillement installé devant la télévision et je restai un moment figé dans l’entrebâillement de la porte, interdit.

« Tiens, regardez qui voilà, me lança Marie avec un ton sarcastique, on dirait que la belle au bois dormant a enfin décidé de se lever.

-Mais…mais…vous n’êtes pas en train d’enquêter sur Shadow ? Bégayai-je.

-Non, puisque tu avais l’air de si bien dormir, on ne t’a pas réveillé et on a laissé Violet faire le travail, me répondit Angéla en baillant. De toute façon, ils avaient beaucoup de choses à régler à cause de l’incident d’il y a deux jours.

-Enfin, tu n’avais pas non plus très envie d’y aller je te signale…Railla Drago.

-On a le droit d’être un peu fatigué de temps en temps non ? Râla la blonde en gonflant les joues. »

Voyant que tout semblait normal, je pris place dans un fauteuil à mon tour pour regarder la télévision avant de me relever aussitôt en notifiant enfin la présence d’Hélios à côté de moi.

« Eh bien, ne sursaute pas comme ça Darksky, tu vas casser les meubles, me dit-il avec un air totalement innocent et niais. »

Je me retins de lui répondre quelque chose de cinglant et, après m’être calmé, je me rassis, décidant de faire totalement abstraction d’Hélios pour le moment, me concentrant uniquement sur la conférence de presse que donnait Violet en direct.

Son attitude froide et distante contrastait bien avec la personne que nous avions ramenée à moitié saoul la veille après la course de dragons. Mais peut-être avait-elle profité pleinement de cette journée en prévision de cette interview délicate sur laquelle se jouait sa carrière.

Violet parlait depuis plus de dix minutes lorsque je m’installai mais je pus néanmoins entendre la fin de son discours.

« C’est pourquoi, nous, à la fédération Ether, nous engageons à réparer tous les dommages causés lors de ce malheureux incident, et à payer les frais d’hospitalisation des victimes. Evidemment, nous sommes conscients de notre faute dans la sécurité de cet événement et au nom de toute mon équipe, nous nous en excusons sincèrement et nous vous promettons que cela ne se reproduira plus. Mais cela me permet de vous rappeler ceci, chers citoyens du monde entier : La terre est sous la menace constante d’une catastrophe de l’envergure de celle ayant rasé Yokohama il y a vingt-cinq ans. Nous avons fait notre possible pour contenir cette menace pendant toutes ces années, et nous continuerons à lutter pour la protection des populations pour que plus jamais un tel drame ne se reproduise…Mais si un jour le monde devait sombrer dans le chaos…soyez certains d’une chose… Même s’il ne nous restait plus qu’un seul membre…la fédération continuera à vous protéger. Car telle est notre mission. »

L’interview s’arrêta là et le présentateur du journal télévisé reprit la parole mais aucun de nous ne l’écouta. Je n’avais pu entendre qu’une infime partie du discours de Violet, et pourtant, j’avais eu des frissons pendant tout le long.

« Cette Violet est une fine oratrice, et une excellente manipulatrice à ce que je vois, lança soudain Hélios, brisant le silence qui s’était installé.

-Que voulez-vous dire ? S’étonna Drago. J’ai trouvé son discours excellent.

-N’as-tu pas remarqué, mon garçon, qu’au lieu de prendre toute la responsabilité sur ses épaules, ou pire, au lieu de rejeter la faute sur un autre pour tenter de se déculpabiliser, elle a rappelé l’importance de sa fédération pour le monde ? A présent, même si ses partenaires commerciaux la quittent, elle gardera le soutien d’une grande partie de la population. C’est mesquin mais étonnamment efficace, croyez-en mon expérience.

-Sans une personne présente ici, Violet n’aurait même pas eu besoin de présenter ses excuses je vous signale, crachai-je.

-C’est vrai que je me suis peut-être laissé emporter… Mais ce Shadow…Je ne supporte pas ce type, il fallait que je lui montre qui était le plus fort ! »

Cela valu au roi un coup de poing d’Angéla à l’arrière du crâne.

« Et mes amies, c’était aussi pour me montrer que vous vous êtes emporté j’imagine ?!

-Ah…laisse moi t’expliquer ma chère Angéla, en fait c’est très simple, je… »

Alors qu’il allait répondre, la télévision émit un grésillement suspect et se ralluma toute seule. L’écran était d’abord gris comme sur les anciens téléviseurs puis une silhouette y apparut mais nous ne pouvions pas distinguer clairement de qui il s’agissait…même si j’avais ma petite idée là-dessus…

« Salutations, chers protégés de Violet Leblanc, j’imagine que vous m’avez reconnu…

-Shadow, qu’est-ce que vous nous voulez encore ? Demanda Drago, sur ses gardes.

-Je vois que vous allez droit au but donc je ne vais pas passer par quatre chemins : Abandonnez.

-Et puis quoi encore ? Vous allez nous demander de nous joindre à vous tant qu’on y est ? Railla Angéla. Sans façon, je passe mon chemin pour cette fois.

-Je savais bien que je me heurterai à ce genre de réponse fermée, soupira notre ennemi. Mais dans ce cas, j’avais deux messages à transmettre. Le premier est pour toi, Hélios : la prochaine fois que nous nous verrons, nous règlerons nos comptes.

-C’est quand tu veux, je suis toujours prêt pour une revanche, lui répondit le roi en haussant les épaules.

-Je ne parle évidemment pas du tournoi mais de ce qu’il s’est passé il y a trois ans, grogna notre ennemi, se retenant de hurler. Et le deuxième message est pour toi, Darksky, ou devrais-je dire Michael.

-Pour…Moi ? M’étonnai-je.

-Oui, de la part de Laura. »

Je déglutis en entendant ce nom et une goutte de sueur perla de mon front, m’attendant déjà au pire étant donné comment s’était fini notre dernière discussion…

« Elle a dit « N’essaie plus jamais de me retrouver, ou alors je serai la dernière personne que tu verras ».

J’ouvris la bouche et la refermai sans qu’aucun son n’en sorte avant de m’écrouler sur le fauteuil derrière moi. Non…Ce n’était pas possible…Ce n’était pas Laura qui me disait ça…Shadow me manipulait comme il avait dû manipuler la manipuler ! Je ne pouvais pas croire un seul mot de ce qu’il disait !

-Une dernière chose, je vous propose un marché. Laissez-moi tranquille désormais et je suis prêt à étouffer l’affaire Ether, qu’en dîtes-vous ?

-Qu’est-ce que c’est que cette proposition foireuse encore ? Vous allez nous faire croire que vous avez le pouvoir de faire taire les médias d’un simplement claquement de doigt ? Ironisa Angéla. »

Comme en réponse au défi de la blonde, Shadow claqua effectivement des doigts. Un instant plus tard, tous nos téléphones se mirent à vibrer en même temps. Lorsque je consultais les notifications, je restai interdit devant ce que je vis.

Toute l’actualité des trois derniers jours avait purement et simplement disparu, remplacée par des faits divers sans importance.

Angéla lâcha son portable et tomba à la renverse lorsqu’elle découvrit cela à son tour tandis que je crus distinguer un sourire sur le visage flouté de Shadow.

« Voila, j’espère que vous remercierez de ma petite contribution à aider la fédération Ether à qui je dois beaucoup. A présent, à votre tour de m’aider…et de ne pas vous mêler davantage de ce qui ne vous regarde pas si vous ne voulez pas sombrer dans une histoire qui vous dépasse largement.

-Attendez, Shadow, je n’ai pas… »

Sur ces mots et sans me laisser terminer, l’homme disparut de l’écran. Puis La télévision reprit son programme, nous laissant tous dans l’incompréhension la plus totale.


Chapitre 18 : Le secret d’Hélios



Spoiler :


Le premier réflexe de tout le monde fut de se tourner vers Hélios mais ce dernier semblait tout aussi dérouté et perdu que nous.

« Ne me regardez pas comme ça, je ne sais rien de ses plans ! Et même si je les savais…en fait, si je les savais, je vous l’aurais dit mais ses agissements me dépassent totalement.

-Voilà qui ne nous avance pas beaucoup, soupira Drago. Nous devrions prévenir Violet et aviser ensuite. Ça ne sert à rien de réfléchir à chaud comme ça.

-Au contraire, moi je dis qu’il faut aller le démonter tout de suite puisque c’est ce qu’il veut ! Rétorqua Angéla, le regard emplit d’une nouvelle ardeur. »

Nous passâmes ainsi de longues minutes, peut-être même plusieurs heures à épiloguer sur la solution à prendre sans arriver à prendre une décision commune. Nous tournâmes en rond tellement de temps à nous chamailler inutilement que les adultes eurent le temps d’échappera aux journalistes et de faire le trajet depuis Paris.

Violet semblait assez détendue, ce qui me laissait penser qu’elle avait réussi à éloigner les soupçons par elle-même et son arrivée calma aussitôt les esprits qui commençaient sérieusement à s’échauffer. Angéla proposait même à Drago de régler la question en combat singulier pour décider de la marche à suivre…

Ce dernier se mit à raconter à la présidente ce que nous venions d’entendre tandis qu’Angéla faisait les cent pas dans la pièce, ne tenant pas en place. Quant à moi, j’étais toujours perdu dans mes pensées, focalisé sur Laura, à tel point que je perdis rapidement le fil de la conversation.

Il fallait que je la retrouve absolument, que je lève ce malentendu et que je la ramène à la raison. Je ne pouvais pas la laisser entre les mains de Shadow.

Cependant, quelque chose me dérangeait…J’avais l’impression d’avoir déjà entendu la voix de l’homme derrière ce masque, mais où ?

J’avais beau me creuser la tête, je n’arrivais pas à donner de nom ni de visage à Shadow et pourtant, quelque chose au fond de moi me disait qu’il ne m’était pas totalement inconnu.

A force de réfléchir, toute la conversation me passa sous le nez et lorsque je revins enfin à la réalité, tout le monde avait déjà repris ses activités sans que je n’aie la moindre idée de la stratégie qu’ils avaient décidé d’adopter…

« Eh bien, et bien, on est un peu perdu j’ai l’impression, ricana Marie dans mon dos. Un jour il faudra que tu arrêtes de rêvasser sinon tu vas finir par marcher sur l’autoroute sans t’en rendre compte.

-D…Désolé, bégayai-je un peu surpris. Mais donc, qu’est-ce qu’on va faire ?

-Pas grand-chose, me répondit ma sœur en haussant les épaules. Du moins moi je ne vais pas faire grand-chose mais Elwood est parti chercher dans les dossiers d’Ether s’ils n’avaient pas des informations sur l’autre fou. Et Violet a demandé de l’aide à Hélios. Il parait qu’il a une idée des plans de Shadow.

-Et…Quels sont-ils ?

-Shadow veut, je cite « Dominer le monde et prendre mon trône, mais moi, Hélios, seigneur soleil d’Héliopolis, je ne le laisserai pas faire ! Il va voir ce qu’il se passe quand on défie le grand Hélios ».

Je soupirai. Je me demandais vraiment parfois s’il le faisait exprès ou s’il était réellement comme ça mais dans tous les cas, même s’il était réellement un allié, Hélios était fatigant…

Le reste de la journée se passa sans surprise : Angéla le passa devant la télévision, Marie et Hélios se chamaillaient encore, laissant Violet, Ryoko et Elwood seuls dans leurs recherches pendant que Drago parlait encore tout seul. Quant à moi, je me contentai de me balader dans le parc du château, perdu dans mes souvenirs.

Je n’avais jamais réalisé à quel point ce parc était grand d’ailleurs. Je me demandais bien jusqu’où il s’étendait mais, voyant que la forêt devenait de plus en plus épaisse, je préférai ne pas m’aventurer trop loin et rebrousser chemin après une bonne heure de marche en ligne droite.


Cette nuit-là, je fis un autre rêve étrange et similaire au précédent. Je me trouvai à nouveau sur les remparts de ce château perdu au milieu du désert, aux côtés du roi fou et de cette Luna. Tous deux semblaient paniqués et regardaient vers le sol où une immense armée était déployée avec à sa tête la femme en armure que les accompagnait auparavant, chevauchant un majestueux cheval blanc.

« Celestia…Murmura Hélios, dépassé par la situation.

-Alors, tu vas rester là les bras croisés où tu vas aller sauver la seule personne qui t’a toujours soutenu, Hélios ? Lui demanda froidement Luna.

-Je… »

Le roi fut coupé par le son d’une corne de brume provenant de la plaine et annonçant le début de l’assaut. Tous les cavaliers se mirent en position comme un seul homme et lancèrent leur attaque en poussant des cris de guerre contre les ennemis s’approchant lentement du château.

« Alors, cher seigneur, quel est votre réponse ? »

Hélios, comme revenant soudain à lui, frappa le rempart de son poing en jurant puis, sans autre sommation ni préparation, sauta par-dessus la muraille, faisant apparaitre sous lui l’un de ses dragons avec lequel il rejoignit la mêlée en une fraction de seconde et je le suivis dans sa course.

Soudain, un ombre s’éleva au-dessus de la horde de monstres faisant face à l’armée du souverain, ombre qui recouvrit rapidement le soleil, plongeant le désert dans l’obscurité totale et je vis comme une main griffue se former tandis que deux yeux rouges apparurent dans le ciel.

Ma gorge se noua et mon cœur s’accéléra rien qu’à la vue de cette chose. Elle dégageait une aura particulière. Je ne pouvais pas la décrire précisément mais j’étais vraiment mal à l’aise, comme si tout ce qui allait se passer désormais était hors de contrôle…

Hélios dut ressentir la même chose car il fronça les sourcils et fut à son tour entourée d’une aura sombre, la même que lors de notre duel en double contre Angéla et Drago.

Soudain, une voix résonna dans le ciel, lente et grave, presque inhumaine, comme provenant de la brume sombre elle-même.

« Est-ce vraiment ce que tu désires, Hélios ? Tu sais que tu ne peux pas gagner ce combat contre le désespoir. »

Pour toute réponse, le roi leva son épée puis l’abattit devant lui, projetant une onde d’énergie sombre qui transperça la main d’ombre de part en part mais Hélios ne sembla même pas s’en préoccuper et focalisait son attention sur la masse d’homme sous ses pieds, recherchant en vain Celestia, perdue au milieu de milliers d’autres cavaliers et de monstres.

Soudain, il la repéra aux prises avec une autre femme en armure. Elle était grande, à la silhouette élancée et équipée d’une longue épée sombre comme seule arme. Ses longs cheveux blonds dansaient dans son dos comme des serpents dorés tandis que derrière son casque de fer, je pouvais apercevoir deux yeux verts briller d’une lueur étrange. C’était comme s’il n’y avait aucune volonté de combattre dans son regard, aucun éclat, aucun espoir.

Sans réfléchir, le souverain sauta de son dragon et atterrit pile entre cette ennemie et sa femme, soulevant un épais nuage de sable tout autour de lui, obligeant les deux combattantes à reculer. Cependant, alors que je pensais qu’il allait combattre aux côtés de Celestia, Hélios resta au centre de la mini tempête de sable qu’il avait créée et qui ne semblait pas vouloir s’arrêter. Seuls ses yeux, désormais rouges, perçaient à travers l’ombre.

« Je ne peux peut-être pas gagner ce combat, mais je peux le faire gagner à mes hommes, et à Celestia, lança Hélios d’une voix forte résonnant à travers le désert »

A ces mots, la tempête de sable redoubla de violence, forçant la femme à reculer davantage et emportant sur son passage de nombreux ennemis, et ce, sans même qu’Hélios n’eut à bouger le petit doigt, comme si une force invisible était à l’œuvre.

J’étais totalement subjugué par son pouvoir mais également effrayé. Jamais il n’avait montré une telle puissance du temps où je me trouvais dans son armée et je sentais bien là qu’il n’utilisait qu’une infime partie de ce dont il était capable de faire. Pouvions simplement espérer le vaincre s’il se retournait contre nous un jour avec une telle puissance ?…

« Je suis Hélios, Seigneur Soleil d’Héliopolis et par les pouvoirs qui me sont accordés, je vous somme de quitter ces lieux sur le champ, Soldats du désespoir ! »

Une nouvelle vague d’énergie émergea du corps d’Hélios et vint frapper tous les ennemis se trouvant à moins de cents mètres, ne laissant que des tas de poussière et des cavaliers apeurés par la puissance de leur roi.

Néanmoins, la femme à l’aura sombre résistait encore et toujours et faisait face à Hélios sans faiblir. C’est alors que, bravant la tempête, je vis Celestia se relever et foncer droit sur la générale de l’armée ennemie, l’épée en avant. Comme perdant d’un seul coup toutes ses forces, la tempête cessa et me laissa voir un Hélios, effrayé, la bouche grande ouverte tandis qu’un rictus malsain déforma le visage de l’ennemie.

Ma vision se brouilla à ce moment-là et, lorsque je rouvris les yeux, le désert et les monstres avaient disparu pour faire place à une sorte de pinacle. A l’extérieur, je ne pouvais rien voir d’autre de du ciel et des nuages à perte de vue, comme si l’endroit flottait dans les airs.

Autour de moi, de nombreuses colonnes de marbre blanc soutenait une haute voute gothique et au milieu se trouvait un immense trône, bien trop grand pour un être humain et, de chaque côté était disposée une statue : un dragon blanc au long corps de serpent et un dragon noir au yeux rouges comme le sang.

« Eh bien, eh bien, on dirait que Raito n’est pas là aujourd’hui. On va enfin pouvoir se parler, Darksky, déclara une voix sortie de nulle part. »

Je cherchai de tous les côtés la personne ayant pu prononcer ces mots et je sursautais lorsqu’une forme fantomatique apparut devant moi, celle d’une femme que je reconnus immédiatement puisque je l’avais vue moins d’une minute plus tôt…

« Vous êtes…

-Quelle impolie je fais, je ne me suis même pas présentée mon cher Darksky, mon nom est Luna et si tu ne l’as pas encore deviné, j’étais la sœur d’Hélios dans le passé.

-La…sœur d’Hélios ? Répétai-je abasourdi.

-Oui, enfin ce n’est qu’un détail, me répondit-elle en haussant les épaules. Aujourd’hui je ne suis plus qu’une âme vagabondant librement dans Izrath.

-Donc nous sommes ici…

-Oui, tu as compris ! J’ai profité de ton sommeil pour te faire venir au sanctuaire céleste car j’ai à te parler, Darksky.

-Pourquoi moi ? Vous devriez plutôt parler à Drago, il…

-J’ai déjà parlé à Drago…Il y a bien longtemps, mais je crois qu’il a déjà oublié donc je me tourne vers quelqu’un d’autre, m’interrompit Luna avec un large sourire.

-Bon…Supposons, mais ça ne répond pas à ma question…

-En fait, j’ai une faveur à te demander…ou même plutôt deux, continua la sœur d’Hélios en croisant les bras sur sa poitrine. D’abord, j’aimerais que tu fasses confiance à mon frère…du moins, le temps qu’il est avec vous.

-Co…Comment ? M’étranglai-je. Et pourquoi devrais-je lui faire confiance ? Vous ne savez pas ce qu’il m’a fait à moi et à ma sœur ?!

-Si et c’est justement pour ça que j’ai essayé de te montrer une autre facette de lui. Tu n’as jamais remarqué qu’il y a comme deux Hélios : l’un stupide et l’autre cruel ?

-Si mais…

-Et bien sache que mon frère se cache sous l’un de ces masques comme il aime tant le dire lui-même. Je sais que c’est difficile à admettre mais celui qui t’a trompé n’est pas mon frère.

-Ah oui, vraiment ? Et qui était-ce donc ? Un fantôme ? Un clone ? Un doppleganger ? Raillai-je.

-Appelle-le comme tu veux, mais j’imagine que te convaincre maintenant est encore trop tôt, soupira le fantôme.

-Et votre deuxième requête est aussi stupide que celle-là ? Lui demandai-je, soudain énervé.

-Oh, non, je pense même qu’elle devrait te faire plaisir ! »

Luna claqua des doigts et un feu ardent se mit à brûler à l’extérieur tandis qu’un cri strident, celui d’un rapace, résonna dans les airs. Je paniquai, pensant que les flammes allaient dévorer le temple, et moi avec mais, alors qu’elles se rapprochaient de moi, elles prirent une forme, des ailes, et m’enveloppèrent dans une chaleur réconfortante et apaisante, comme si quelqu’un me prenait dans ses bras.

Je n’avais pas ressenti cette sensation depuis des années et, remontant dans mes souvenirs, je me rappelai de la dernière fois où quelqu’un m’avait pris dans ses bras de la sorte et je me revis dans ma maison, avec Marie et mes parents, dix ans plus tôt tandis que le décor disparaissait lentement devant moi pour se fondre dans les ténèbres…

« Elle est toujours avec toi, lança Luna dans un murmure se dissipant lentement dans mon esprit. »

Lorsque je me réveillai dans mon lit, quelques larmes avaient coulé sur mes joues dans mon sommeil. Pourquoi avais-je repensé à mes parents tout à coup alors que cela faisait des années que j’avais vécu en acceptant leur disparition ?…

Mais cette pensée n’était pas la seule à bouillonner dans mon esprit dès mon réveil. Il fallait dire que la nuit avait été plutôt riche en révélation durant mes rêves…si on pouvait vraiment appeler cela des rêves puisque j’avais l’impression de ne pas avoir dormi plus de cinq minutes tant j’étais fatigué, comme si j’avais réellement vécu toutes ces choses.

Luna disait-elle vrai ? Hélios était-il réellement différent du tyran maléfique m’ayant trompé pour mieux nous manipuler ? J’avais réellement du mal à croire, tout cela pouvait très bien être une autre mascarade du souverain pour mieux m’embobiner une nouvelle fois…même si accéder à mes rêves semblait bien difficile à faire pour un simple humain, même pour Hélios…

Je finis par me lever après dix minutes de réflexion ne menant nulle part – comme chaque matin à présent j’en avais l’impression – puis après une bonne douche, je descendis dans le salon prendre le petit déjeuner avec les autres.

La première chose que je fis fut d’observer attentivement Hélios qui dormait à moitié sur ses tartines. Il n’y avait pas à dire, la ressemblance avec sa sœur était frappante…De plus, il semblait totalement inoffensif si on omettait qu’il portait son armure et sa cape dès le matin…devais-je réellement lui faire confiance comme me le demandais Luna ?

Soudain, Angéla, qui d’habitude était somnambule en se réveillant, surgit en trombe dans la pièce, encore en pyjama, le portable allumé dans sa main, l’air survoltée.

-Non mais c’est une blague ! S’écria-t-elle. Quelle bande d’incapable !

Son intervention réveilla aussitôt Hélios qui fit tomber sa tartine dans son lait et faillit tomber lui aussi de sa chaise…

-Allons bon, que se passe-t-il de si bon matin encore ? Lui demandai-je, pensant qu’il s’agissait d’une banalité sans importance.

-Le gouvernement Egyptien, ce sont tous des incapables là-bas, toutes leurs défenses ont été balayées en l’espace d’une nuit par une seule machine volante !

-Et quel est le rapport avec nous ? Je veux dire, c’est embêtant mais il faudrait plutôt se concentrer sur Shadow en ce moment et…

-Non mais ça me sidère tout ça ! En plus la machine a attaqué un site protégé comme les pyramides et la vallée des rois donc la moindre des choses c’est de défendre correctement les sites quoi !

-Angéla, est-ce que je peux jeter un œil à cette photo ? Intervint soudain Hélios ayant perdu son ton décontracté qu’il avait adopté depuis son arrivée parmi nous. »

La jeune fille lui tendit son téléphone et dès qu’il posa les yeux sur l’écran, le visage du souverain s’assombrit et il fronça les sourcils en se grattant le menton, l’air pensif.

« Sérieusement, en plus elle fait quoi cette machine, trois ? Quatre mètres, maximum ? On ne va pas me dire qu’une flotte entière est incapable d’abattre une seule machine !

-Sauf que ce n’est pas une machine, déclara Hélios en croisant les bras.

-Ah oui ? M’étonnai-je.

-C’est un Spiritual. »

Je penchai la tête sur le côté, surpris et je demandai à Angéla de me montrer également la photo. Au départ, je ne vis qu’un petit avion mais en l’examinant attentivement, je pus remarquer que non seulement la queue de la machine formait des sortes d’ondulation mais que les ailes étaient bien plus semblables à celles d’un Dragon que d’un avion. De même que les phares, il ne s’agissait clairement pas de lumières artificielles mais bien de deux yeux rouges luisant dans l’obscurité…

« Hélios…Vous ne pensez pas que cette créature…Serait Darkness ? Demandai-je à souverain en connaissant pertinemment la réponse. »

Il me répondit par un simple hochement de tête et se leva avant de prendre la direction de la bibliothèque.

« Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris moi…C’est Darkness ça ? Tu es en train de me dire qu’un seul Spiritual a vaincu une armée entière ? Me demanda Angéla, confuse. Je sais qu’il est puissant mais de là à faire plier un pays entier… »

Sans lui répondre, je pris à mon tour la direction de ma chambre pour me préparer. Je savais très bien ce qui allait se passer à présent et je savais que si je voulais revoir Laura, il n’y avait qu’un seul endroit où elle pouvait se trouver en ce moment.

« Attends-moi, Laura, j’arrive. »






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le bon temps…

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[Fic]L'Avènement des Dieux, Rebirth posté le [06/07/2019] à 17:33

on continue les réécritures, ça ne s'arrête plus!


Chapitre 19 : Départ pour l’Egypte



Spoiler :



Je fus tiré de mon sommeil par des bruits de pas provenant d’un peu partout dans le château dès l’aube, comme si tout le monde s’était mis d’accord pour courir dans tous les sens pour une raison que j’ignorais. Était-ce une attaque surprise de Shadow ? Ou bien Angéla et Marie avaient-elles décidé de poursuivre Hélios à neuf heures du matin ?

Encore à moitié endormi, je sortis de ma chambre et, à peine eussé-je ouvert la porte que je tombai nez à nez avec Angéla qui me rentra dedans de plein fouet. Nous nous étalâmes donc tous les deux en plein milieu du couloir tandis qu’une valise dévala les escaliers dans un vacarme assourdissant.

« Eh, fais attention Drago, se plaignit la jeune fille en se frottant la tête.

-Parle pour toi, pourquoi tout ce raffut dès le matin ? Et qu’est-ce que tu fais avec cette valise, tu pars quelque part ou quoi ? Rétorquai-je en me remettant debout tant bien que mal.

-Violet ne t’a pas encore prévenu ? On a trouvé Shadow et on va lui faire sa fête en Egypte !

-En…Egypte ? Répétai-je interdit.

-Oui, on t’expliquera plus tard, contente-toi simplement de te préparer parce qu’on part dans moins d’une heure ! »

Sur ces mots, Angéla descendit les marches des escaliers trois par trois avant de disparaitre de mon champ de vision, me laissant totalement déboussolé. Néanmoins, je préférai ne pas poser trop de questions à ce moment-là et me contentai de retourner me préparer dans ma chambre en soupirant.

Enfin…me préparer était un bien grand mot…J’étais arrivé ici presque les mains vides donc mes bagages furent assez vite pliés et je profitai du temps restant pour tout de même prendre quelques renseignements sur la situation avant de plonger tête baissée vers l’inconnu.

J’amenai donc ma valise à l’extérieur du manoir et là, je fus surpris de voir qu’un jet privé de la fédération Ether avait atterri dans le parc. Son chauffeur était adossé à la carrosserie, contemplant le manoir avec admiration. Tout comme Violet, il devait avoir la quarantaine passée. C’était un grand homme au visage balafré sous l’œil gauche, au menton assez carré et à la carrure assez imposante. Ses cheveux étaient retenus au-dessus par un bandeau de couleur pourpre tandis qu’il arborait un uniforme de policier…même si ses airs décontractés et même quelque peu crétins contrastaient avec son habit.

Lorsque Violet sortit du manoir à son tour avec une énorme valise, elle s’arrêta net à la vue de l’homme, se figea, et fit simplement demi-tour sans dire un mot.

« Eh, Violet, c’est pas sympa ça, tu pourrais me dire bonjour quand même ! Gémit le policier d’une petite voix. »

La propriétaire du château lâcha un long soupir et se retourna pour regarder notre pilote d’un air las.

« Elwood t’a vraiment contacté pour être notre pilote…Dis-moi que c’est une blague Masamune…

-Quoi ? J’ai passé mon brevet de pilote je te signale ! Protesta l’homme. Ok, ça doit bien faire dix ans que je l’ai passé et que je n’ai jamais retouché à un avion mais je l’ai quand même eu !

-Premièrement, il faut repasser régulièrement son brevet, ce n’est pas comme le permis voiture sombre crétin, et deuxièmement…Qu’est-ce que tu as mis dans le réservoir ?

-De la TN…

-Non, c’est bon, je ne veux pas savoir ! S’écria la présidente, les yeux ronds de peur tout en s’éloignant lentement à reculons de l’appareil.

-Mais il n’y a aucun risque, c’est la dernière invention d’Akame. Il l’a baptisée Explo…

-Plus un mot ! …Par pitié…Juste…tais-toi. Et surtout, ne fais aucun geste brusque, je t’en supplie…

-Mais Violet, je… »

La femme ne le laissa pas terminer sa phrase et repartit aussi vite qu’elle était arrivée, me laissant seul avec le pilote. Cependant, celui-ci ne m’était pas inconnu grâce au récit de Ryoko et je pus éviter le malaise en entamant la conversation.

« Vous êtes Masamune Nishijima, n’est-ce pas ? Lançai-je immédiatement. Le professeur Ryoko m’a beaucoup parlé de vous.

-Oh, mais je vois que je suis une célébrité ici ! Lança-t-il en riant aux éclats. Cela ne m’étonne pas, après tout, mon thé est réputé dans la fédération ! Sais-tu, jeune homme, que je suis devenu le fournisseur officiel de Violet en Thé ?

-Euh…Non, désolé…Par contre, je sais que vous étiez ensemble à l’université…

-Ah, ça, c’était le bon vieux temps, oui, me répondit-il avec un large sourire tout en fixant le château. Cette bonne vieille Violet n’a pas changé depuis ce temps. Cela fait plaisir de voir que certaines choses sont immuables malgré les années. Mais qui pensais en avoir fini avec l’affaire Sawyer, jamais je ne me serais imaginé que nous nous replongerions à nouveau dans cette histoire de fou…

-Je sais que cette question pourrait paraitre indiscrète…Commissaire Nishijima… Mais vous vous battez aussi pour…Enfin, vous savez…Pour ce qu’il s’est passé il y a vingt-cinq ans ? »

L’homme rit légèrement et posa sa main sur sa hanche d’un air amusé.

« Je vois que Violet et Ryoko ne peuvent pas tenir leur langue. Cela ne m’étonne pas d’eux. Mais malheureusement, non, je ne suis ici ni pour la vengeance, ni pour sauver le monde. Après tout, je n’ai ni l’étoffe d’un héros, ni le charisme d’un vilain.

-Alors pourquoi…

-Si je suis ici aujourd’hui, c’est simplement pour prêter main forte à une vieille amie, rien de plus. Après tout, j’ai passé l’âge de jouer aux justiciers et aux savants fous. J’ai une famille à protéger désormais.

-Dans ce cas, cette histoire d’avion à TNT…

-Une simple blague entre Violet et moi, pouffa l’homme. Je suis certain qu’elle a très bien compris…Enfin, je l’espère. »

Je poussai un soupir de soulagement. Pendant un instant, j’avais réellement cru que j’allais mourir, non pas en combattant mais dans un simple accident d’avion piloté par un fou.

« Quand même, penser que le plan d’Éric Sawyer se mettrait en route tant d’année après la mort de son frère…J’espérais vraiment qu’il avait échoué et qu’il avait abandonné…

-Ne vous inquiétez pas, commissaire. Nous allons lui régler son compte une bonne fois pour toute et vous n’aurez plus à vous soucier de lui ! Lui répondis-je avec une ardeur qui m’était inconnue. »

L’homme se contenta de me sourire et retourna à bord de l’appareil pour vérifier les derniers réglages.

Ce fut vers onze heures que tout le monde fut enfin prêt pour le départ. Tout le monde…Ou presque. Ryoko, Violet et Elwood ne semblaient pas décidés à partir immédiatement, ce qui étonna Darksky.

« Vous ne venez pas finalement ? Leur demanda-t-il.

-Dans un engin volant à la TNT et confier ma vie à Masamune ? Plutôt devoir démanteler Ether que de me risquer à ça ! S’exclama Violet.

-Et puis, même si vous survivez, nous avons encore quelques problèmes concernant la fédération à régler ici. Nous vous rejoindrons dès que possible, continua Elwood

-Concernant Shadow, Ryoko et moi avons fait quelques recherches dans notre base de données, enchaina la présidente d’un ton plus solennel. L’un de nos hommes, l’ancien président de la branche anglaise, est porté disparu depuis trois ans maintenant et nous avons perdu toute trace de lui. Nous le soupçonnons fortement d’être celui qui se cache derrière le masque de notre ennemi mais nous ne pouvons rien affirmer encore.

-Porté disparu ? S’étonna Angéla. Ils n’ont pas de système d’enquête en Angleterre ou quoi ? Une personne aussi importante ne peut pas se volatiliser juste comme ça…

-Je me souviens d’avoir suivi cette affaire de près à l’époque, lui répondit le professeur en se grattant la barbe. La maison de ce pauvre homme a été retrouvée incendiée et sa femme est malheureusement décédée dans l’incendie. Mais il n’y avait aucune trace du président et jamais il n’a tenté de recontacter qui que ce soit par la suite.

-Une taupe dans nos rangs ? Voila qui serait fort embêtant. Peut-être devrais-je relancer l’enquête…Suggéra Masamune d’un air contrarié.

-Non, les jeunes et toi, vous avez votre mission, rétorqua Violet. Nous nous occuperons de cette affaire en temps voulu mais notre priorité doit être l’arrestation de Shadow et l’élimination d’Éric Sawyer, l’héritier actuel du Purple Requiem. »

Personne n’émit la moindre contestation et nous saluâmes celle qui avait bien accepté de nous accueillir dans sa demeure pendant plusieurs semaines. Au fond, j’étais un peu triste de quitter cet endroit. Je commençais sincèrement à m’y sentir comme dans un deuxième chez moi, entouré de tous ces gens qui m’avait accepté sans se poser de question.

Mais je me disais également pour me motiver que, si je ne partais pas maintenant, ce lieu qui m’avait apporté tant de réconfort après la mort de mes parents risquait de disparaitre…de même que ce monde auquel j’étais désormais attaché.

Angéla faillit éclater en sanglots lorsque Violet la serra dans ses bras tandis que Ryoko échangea une poignée de main amicale mais ferme avec Hélios, signifiant certainement qu’il demandait au roi de ne pas le décevoir après cette courte alliance.

Lorsque vint mon tour de remercier la propriétaire des lieux, celle-ci me prit dans ses bras dans une étreinte chaleureuse et me murmura à l’oreille.

« Adieu Drago, j’ai été heureuse de te connaitre. N’en veux pas trop à Masamune une fois que vous serez dans l’autre monde…Sanglota-t-elle.

-Violet…C’est une blague n’est-ce pas ? Vous dîtes cela pour m’effrayer hein ? Déglutis-je.

-Si seulement…Les explosions du laboratoire avait été une blague à l’époque… »

Je me crispai et mon cœur s’accéléra. Ce n’était vraiment pas une blague à faire avant un décollage aussi important…Alors pourquoi…Les paroles de la présidente semblaient-elles si sincères ?

Je lançai un regard de détresse à Ryoko mais le professeur se contenta de détourner les yeux, d’un air gêné, ce qui ne fit qu’augmenter ma terreur à l’idée de monter dans cette bombe volante.

Tout le monde monta dans l’appareil et je m’apprêtai également à entrer dans mon futur cercueil lorsque Masamune posa un regard intrigué sur Hélios.

« Dites, on ne se serait pas déjà vu quelque part ? Demanda Masamune d’une voix suspicieuse.

-Il y a des chances, oui, je suis Hél…

-C’est le père d’Angéla, le coupai-je avant de lancer un malentendu.

-Comment ?! S’exclamèrent Angéla et le roi en cœur, l’air tous les deux aussi dégoutés à cette idée l’un que l’autre. »

Je regrettai aussitôt ce mensonge car, à peine nous étions-nous assis que les deux me lançaient des regards noirs. J’étais persuadé qu’ils n’auraient pas hésité à s’allier pour me faire la peau s’ils n’avaient pas été attachés à leur siège…

Une fois que l’appareil eut décollé et que l’ancien membre d’Ether fût dans le cockpit de pilotage, les reproches commencèrent…

« Mon père ?! Lui ?! S’écria Angéla. Je ne suis peut-être pas en bon termes avec mon père mais ce n’est pas une raison pour m’en donner un autre ! Et encore moins lui !

-Pour une fois je suis d’accord avec elle ! Continua Hélios en tapant du poing sur son accoudoir. En plus, pourquoi forcément son père ? Tu n’aurais pas pu dire, je ne sais pas, que j’étais un cousin de Darksky !

-Oui c’est bien ça le cousin de Darksky ! »

Alors qu’il était encore resté dans son coin à rire de la conversation, Darksky écarquilla les yeux en entendant cela et vint s’emmêler aussitôt.

« Quoi ? Mon cousin ? Il en aurait été hors de question ! Mon frère tant qu’on y est aussi ?!

-Calmez-vous tous…Dis-je en essayant de calmer le jeu, ce qui eut pour effet d’énerver encore plus.

-Que je me calme ?! Non, mais tu me vois vraiment l’appeler « papa » ou « père » ?! Déjà je n’en ai aucune envie et en plus on ne se ressemble même pas !

-Du moment que je n’ai aucun lien de parenté avec lui, vous pouvez faire ce que vous voulez, ça m’est égal, déclara Darksky.

-Et si c’était tombé sur toi, hein ?! Tu aurais fait quoi ?! Rétorqua la blonde en gonflant les joues.

-Rien du tout. Se contenta de répondre Darksky en quittant la conversation avant d’être mêlé davantage à cette histoire.

-C’est facile à dire mais ce n’est pas toi qui vas devoir l’appeler papa devant ce policier ! Je te préviens Drago, dès que je sors de là, tu vas me le payer très cher ! »

Je décidai de faire comme Darksky et d’ignorer le reste des reproches. Cependant, voir Marie se tordre de rire dans son coin à tel point que des larmes coulaient sur ses joues me faisait vraiment regretter encore plus d’avoir dit ça. Je voulais simplement éviter d’éveiller les soupçons de Masamune qui n’était visiblement au courant de rien et pour qui Hélios devait certainement être un ennemi à abattre…

Les reproches continuèrent ainsi deux bonnes heures avant qu’Angéla ne tombe dans un profond sommeil, rapidement suivie par Hélios et tout le reste des passagers, ne laissant plus que moi d’éveillé dans l’avion.

Nous atterrîmes six heures plus tard, sans qu’aucune explosion n’ait eu lieu à bord.

Je sortis de l’appareil en baillant, regrettant soudain de ne pas avoir profité du voyage pour dormir un peu car j’étais exténué par le trajet.

Angéla, au contraire, semblait en pleine forme et s’étira à côté de moi en inspirant un grand coup, ayant également oublié cette histoire avec Hélios, à mon grand soulagement mais l’expression sur le visage de Marie lorsqu’elle passa à côté du roi me dit que ce n’était pas le cas de tout le monde…

Lorsque Darksky sortit à son tour, ce dernier fronça les sourcils tout en regardant autour de lui, suspicieux.

« Masamune…Qu’est-ce qu’on fabrique en plein milieu du désert ? Demanda-t-il. Ne devions-nous pas aller au Caire, là où les attaques ont eu lieu ?

-Je n’ai fait que suivre les indications du GPS, se défendit l’agent. Mais je suis d’accord que d’après les photos, cet endroit n’a rien à voir avec notre destination…

-Ah, la si belle technologie, de mon temps, les éclaireurs n’auraient pas fait ce genre d’erreur ! Lança Hélios d’un air fier.

-De votre temps, je suis certaine que vous n’aviez jamais traversé la méditerranée, railla la blonde. »

Hélios grimaça, ne trouvant rien à répondre à la remarque de la jeune fille. Je ne prêtai pas plus attention à leur dispute et je me concentrai sur le monde qui s’offrait à mes pieds. Effectivement, même si ce n’était pas mon monde, je connaissais grandes pyramides, au moins pour les avoir vues en photo et je pouvais affirmer que nous ne nous trouvions absolument pas au bon endroit. Je pouvais même le dire sans aucune exagération : Nous étions perdus, au beau milieu du désert, sous un soleil de plomb, avec pour seule protection la carlingue de l’avion qui n’allait pas tarder à se transformer en four.


Chapitre 20 : Perdus dans le désert



Spoiler :


Alors que nous aurions dû atterrir tout proche des grandes pyramides d’Egypte, sur le plateau de Gizeh, et donc proche de la civilisation, il n’y avait que du sable à perte de vue. Pas la moindre trace de vie ou même d’habitation à des kilomètres à la ronde. Simplement du sable, des dunes, et un soleil implacable.

Cela ne faisait que quelques minutes que nous avions atterri et déjà, je sentis tout mon corps se déshydrater.

« Génial…perdu en plein désert du Sahara…il ne manquait plus que ça, soupira Darksky en allant s’asseoir sur un rocher certainement brûlant, les bras croisés sur son torse et attendant que quelqu’un débloque la situation.

-Ce n’est pas en t’asseyant là que tu vas débloquer la situation Michael. Et puis, je suis prête à parier qu’il y un serpent sous ce caillou, ricana Marie. »

Le garçon se leva en sursaut, terrifié pendant que sa sœur éclatait de rire devant sa réaction.

« Je sens que cette journée va être longue, soupirai-je. Violet avait raison finalement, nous allons mourir ici…

-Détends-toi mon cher Drago, ça pourrait être bien pire, tu pourrais être attaqué par une araignée de deux mètres de haut ! Me lança Hélios avec un tape dans le dos.

-Parce que ça vous est déjà arrivé ? Raillai-je.

-Et bien figure toi que oui ! Me répondit-il fièrement. Je me souviens que je lui ai fait face sans trembler et que…

-Plutôt qu’un long discours, vous allez certainement pouvoir nous le montrer avec celle qui est derrière vous, non ? Lança alors Marie. »

Je me figeai lorsque je compris de quoi la sœur de Darksky parlait et tout le monde recula prudemment vers l’avion, à l’exception d’Hélios qui mit un certain temps à réagir et se contenta de nous regarder, confus.

« Et bien quoi ? Vous n’aimez pas… »

Le roi finit par se retourner lorsqu’un courant d’air chaud lui arriva sur le dessus du crâne et, sans grande surprise, ce dernier poussa un cri strident et se précipita derrière Darksky, utilisant le garçon comme bouclier.

Face à nous, sortant du sable où elle se terrait pour attendre des proies, se tenait une énorme araignée beige…mesurant au moins la taille de Masamune, marron et velue, aux longues pattes et à l’abdomen spécialement développée. Elle nous fixait de ses milliers d’yeux et je pouvais facilement deviner au poison qui suintait de ses crocs qu’elle n’était pas simplement de passage.

« Darksky, tu aimes les oiseaux non ? Et les oiseaux mangent les araignées. Tu vas donc pouvoir nous débarrasser de ce truc non ? Lança Hélios d’une petite voix.

-A…A vous l’honneur…rétorqua Darksky en passant à son tour derrière le roi, le propulsant en avant face au monstre à huit pattes.

-A…Allez-y Hélios, on croit en vous ! S’écria Angéla tout en remontant à bord de l’avion pour regarder à travers le hublot.

-Je dis…Je dis pareil qu’elle ! Continua Darksky en faisant de même tandis que son visage se crispait à l’idée qu’il ait pu dire une telle chose. »

Masamune quant à lui avait sorti un révolver et le pointait sur la créature, non sans trembler et Marie restait calme. La plus jeune du groupe observait la situation sans montrer le moindre signe de peur ou d’étonnement. Cette fille était quand même un mystère pour moi mais je n’avais pas le temps de me concentrer sur son cas…

Les jambes d’Hélios tremblaient alors qu’il faisait face au monstre sans aucun arme…J’étais peut-être paralysé par la peur mais également très intrigué de voir si une simple araignée allait avoir raison de celui qui prétendait vouloir dominer le monde.

Le monstre grogna de plus belle et leva la patte avant de l’abattre sur le roi. Ce dernier mit les mains sur sa tête pour se protéger et Masamune s’apprêta à tirer mais, soudain, alors qu’Hélios allait être balayé par l’attaque, je pus voir son un léger sourire au coin de ses lèvre et ses yeux virèrent au rouge sang.

« Non, je rigolais, lança-t-il. »

Au même moment, une aura sombre l’entoura totalement et une vague d’énergie fusa vers l’araignée avant de la transpercer de part en part. Le monstre poussa un cri de souffrance avant de disparaitre dans un millier d’étoiles scintillantes, comme le faisaient tous les Spirituals une fois vaincus.

Néanmoins…J’étais bouche bée devant l’attaque du souverain. Il n’avait même pas eu besoin d’arme ou d’un quelconque esprit pour venir à bout de cette araignée, et ce, sans même lever le petit doigt…Je commençais à avoir des doutes sur la véritable nature des pouvoirs d’Hélios…Je n’étais pas familier avec ce monde mais un humain ne pouvait pas faire cela, même ici, d’après moi…

Darksky et Angéla ressortirent de l’avion, tout aussi abasourdis que moi et Marie se contenta de sourire en fermant les yeux. Mais le plus atteint était sûrement Masamune, devenu livide et qui, visiblement, n’avait absolument pas compris ce qu’il venait de se passer.

« Que je déteste les araignées, elles m’ont toujours donné des frissons, grelotta alors Hélios en croisant les bras comme s’il avait froid alors qu’il faisait objectivement cinquante degrés à l’ombre.

-Eh bien, je ne pensais pas que quelqu’un voulant conquérir le monde avait peur des araignées, ironisa Marie.

-Je n’ai pas peur des araignées…Ce sont elles qui ne m’aiment pas…

-Attendez, J’ai peur d’avoir mal compris, dit Masamune en retrouvant ses esprits, vous voulez conquérir le monde ? Vous êtes un ami d’Akame ?

-Euh…oui, il veut conquérir le monde…du Show-buis, Intervins-je en vitesse.

-Oui, il est acteur, renchérit Darksky. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est habillé de cette façon ridicule.

-Oh, je comprends mieux.

-Comment ça ridicule ! Sachez que… »

Marie l’empêcha de continuer en lui écrasant le pied et le roi se mit à sautiller dans tous les sens en gémissant. Darksky se prit la tête dans les mains, se demandant certainement comment un type détruisant un esprit de duel à main nue pouvait se comporter de la sorte deux minutes après…

« Bref, Hélios, le désert c’est votre truc non ? Vous ne pouvez pas vous rendre utile pour une fois ? Reprit Marie en ignorant les gémissements du roi.

-Je te signale ma très chère Marie, que de mon temps, l’Egypte était bien plus fertile qu’aujourd’hui et… »

Notre ancien ennemi n’eut pas le temps de terminer sa phrase que le sol sous nos pieds trembla. Avant même que nous n’ayons pu réaliser ce qu’il nous arrivait, les dunes sur lesquelles nous nous trouvions s’affaissèrent, ne laissant qu’un gouffre profond.

Je poussai un cri de peur avant d’entamer cette chute mortelle dans les profondeurs de la terre. Vraiment, j’aurais dû écouter les conseils de Violet et ne pas m’engager dans cette aventure !

« Reflect ! S’exclama Angéla, totalement calme. »

Comme par magie, un écran de lumière apparut au fond de la faille et je m’écrasai dedans comme dans un matelas moelleux avant de rebondir dessus et de tomber lourdement sur le sol de pierre froide.

Je jurai et me frottai le visage qui était couvert de sable puis me relevai, le corps endolori, pour observer les lieux dans lesquels j’avais atterri.

Il s’agissait d’un immense tunnel souterrain fait de pierre et qui s’enfonçait loin, très loin sous le désert. Près de nous, je pouvais entendre un plic-ploc régulier, témoin de la présence d’eau tandis qu’un courant d’air frais me provenait du bout.

Il faisait sombre ici. Je pouvais à peine voir à plus de dix mètres. Et je compris rapidement pourquoi en levant la tête. Nous nous trouvions bien à plus de dix mètres sous la surface, sous des tonnes et des tonnes de sable brûlant.

Je me tournai vers mes compagnons de route. Tous semblaient aussi déroutés que moi, à l’exception d’Hélios. Le roi s’était relevé et regardait le bout du tunnel fixement, la bouche à demi ouverte et les yeux écarquillés.

« Je savais bien…Je savais bien que j’avais déjà vu cette araignée…Murmura-t-il d’une voix éteinte mais qui résonna longuement dans le couloir.

-Comment ? Vous connaissez cet endroit ? M’étonnai-je.

-Nous sommes tout proches…

-Proches…de ? »

L’homme en armure ne répondit pas à Darksky et se mit à courir dans le tunnel, disparaissant en un clin d’œil de notre champ de vision.

« Attendez ! M’écriai-je. »

Trop tard. Ma voix résonna dans les ténèbres mais seuls des bruits de pas se perdant au loin me répondirent.

Je lâchai un long soupir. Tout cela ne présageait rien de bon. Mais nous ne pouvions pas rester simplement debout à ne rien faire au fond d’un trou de dix mètres. Hélios semblait savoir où nous nous trouvions. L’option la plus sûre à notre niveau était de le suivre tout en restant sur nos gardes.

Je n’eus même pas besoin de faire part de mon avis aux autres car Angéla claqua des doigts et une faible lueur, comme celle d’une torche, apparut dans la paume de sa main.

Ainsi, nous laissâmes le jet derrière nous et commençâmes à avancer vers l’inconnu.

Nous marchâmes ainsi de longues minutes, peut-être même de longues heures -j’avais totalement perdu la notion de temps dans ces boyaux sombres et humides – dans le silence le plus total. Personne ne disait un mot et même Angéla s’était tue pour une fois.

Heureusement, la température était plus que supportable sous terre. Mais point négatif, aucune onde ne passait et nous n’avions aucun moyen de joindre l’extérieur. Il nous fallait continuer à avancer si nous voulions découvrir le secret de ces étranges ruines.

Finalement, l’espace s’élargit autour de nous et nous arrivâmes dans une pièce beaucoup plus spacieuse, comme une grotte souterraine.

De plus en plus étrange. Normalement, ce genre de construction naturelle n’avait rien à faire dans un désert. D’autant plus qu’une sorte de rivière souterrain coulait ici et que de la mousse recouvrait les pierres grises qui composaient cet endroit.

Là, il y avait également une porte colossale…Ou du moins ce qu’il en restait. J’ignorais si c’était l’œuvre du temps ou d’Hélios, mais une chose était certaine : nous nous trouvions sans aucun doute dans l’un de ces tombeaux perdus d’Egypte antique.

Angéla frissonna lorsqu’elle le réalisa.

« Ne me dites pas…qu’on va tomber sur une momie ou quelque chose du genre ? Lança-t-elle, tremblante.

-Comment ça une momie ? Je n’ai pas signé pour me faire manger vivant ! S’exclama Masamune, affolé. Vous n’avez même pas gouté au fameux thé Nishijima !

-Même s’il y en avait, Hélios est passé là avant nous, lui répondit Marie avec le plus grand des sérieux. Mais se pourrait-il que… »

La cadette fronça les sourcils un instant et fixa les ruines de la porte monumentale, perplexe. Lentement, elle s’avança vers les ruines et effleura du doigt la pierre, comme si elle cherchait d’anciennes inscriptions.

Quant à moi, la vue de cet endroit déclenché une réaction étrange dans mon corps. J’étais comme attiré par cet endroit, tel un moustique percevant une lumière dans les ténèbres.

Le sceptre Héqa se mit à luire faiblement autour de mon cou. Je fis un pas en avant et la lumière redoubla d’intensité.

Je…Je connaissais cet endroit.

Ignorant mes coéquipiers qui continuaient à se chamailler, je franchis le portail et ce que je vis me cloua sur place.

J’avais l’impression d’être entré dans un rêve. La pièce dans laquelle je me trouvais était une immense cavité creusée à même la roche, haute de plusieurs dizaines de mètres. Les murs de pierre étaient entièrement recouverts d’une sorte de lichen vert fluorescent qui illuminait les environ comme en plein jour. A ma gauche, une source naturelle avait formé un petit bassin sur lequel reposaient nénuphar et lotus dans une parfaite harmonie de couleurs. Un peu partout étaient disposés des amphores, des vases et de nombreux bijoux anciens mais aussi éclatant qu’au premier jour. Le sol était dissimulé sous un tapis de roses blanches qui s’ouvrait sur une longue allée menant à un petit autel.

Là, j’y vis Hélios, immobile, fixant ce qui semblait être un sarcophage noir et or reposant au sommet.

Lentement, je gravis les marches pour rejoindre le roi mais il ne bougea pas d’un pouce lorsque j’arrivai à ses côtés. Pour la première fois, je lus une immense tristesse dans les yeux rougeoyants du tyran maléfique alors qu’il contemplait cet ancien artefact.

A ce moment-là, Théa apparut à mes côtés et posa le même regard que le roi sur le cercueil antique.

« Celestia…Murmura soudain Hélios d’une voix faible.

-Ce…lestia ? Répétai-je. »

Ce nom ne m’était pas inconnu et à Théa non plus apparemment puisqu’elle détourna le regard en l’entendant.

Le roi approcha sa main tremblante de la relique quand soudain, un rayon de lumière noire illumina la salle. Je fus touché de plein fouet et dévalai les marches avant de m’écraser au sol, étourdi. Hélios, quant à lui, avait esquivé aisément l’attaque et s’était mis en position défensive, prêt à riposter.

C’est alors que quelque chose descendit vers nous depuis la voute. C’était une femme baignant dans une lumière sombre et inquiétante. Au premier regard, je crus qu’il s’agissait de Violet mais je me ravisai.

La personne qui nous faisait face, une jeune femme de vingt-cinq ans tout au plus, possédait les mêmes traits de visage que la présidente de la fédération, mais ses cheveux, châtain cendré, était légèrement ondulés et non lisses tandis que ses yeux étaient d’un vert émeraude profond.

Tout comme elle, elle arborait le symbole d’éther sur sa veste bleu ciel et sa longue robe blanche flottait gracieusement tout autour d’elle. Elle ressemblait réellement un ange descendu des cieux…un ange sombre…

Avec légèrement, elle atterrit sur le pinacle de l’autel et nous dévisagea avec méfiance.

Ayant probablement entendu l’explosion depuis l’extérieur, les autres nous rejoignirent et Angéla lâcha un cri d’étonnement devant notre adversaire imprévue.

« Violet ?! S’exclama-t-elle.

-Non…Ce n’est pas Violet…Murmura Masamune, l’air consterné. C’est…

-Qui que vous soyez, je vous somme de quitter ces lieux sur le champ ! Le pouvoir contenu ici est bien trop puissant pour que je le laisse entre des mains mal intentionnées comme les vôtres !

-Attends, tu ne me reconnais pas, je suis…

-Silence ! Je t’ai très bien reconnu, Masamune Nishijima. Jamais je n’aurais cru que tu t’allierais un jour avec Hélios, celui qui est à l’origine des maux de ma mère !

-Hé…Hélios ? Bégaya le pauvre homme, perdu.

-Je suis désolée, servants des ténèbres, mais votre route s’arrête ici. Et c’est moi, Alice Leblanc, directrice de la branche Archéologique d’Ether, qui vais mettre un terme à vos ambitions ! »




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[Fic]L'Avènement des Dieux, Rebirth posté le [07/07/2019] à 19:40

Chapitre 21 : L’éveil



Spoiler :



« Apparais, Nâga ! »

A peine Alice eut-elle prononcé ces mots que, dans un éclair aveuglant, une sphère violette apparut au-dessus de nos têtes tandis qu’une chose semblait se mouvoir à l’intérieur.

Le sol se mit à trembler et tous mes compagnons de route se mirent sur leurs gardes, prêts à riposter. Angéla activa ses pouvoirs, créant un écran d’énergie tout autour de nous, des serres d’aigle remplacèrent les mains de Darksky, Masamune sortit son révolver et Hélios…Ne bougea pas d’un pouce. Son regard était devenu vide et il continuait à fixer le cercueil d’or malgré la menace qui pesait sur nous.

Mon cœur s’accéléra et une goutte de sueur perla de mon front. A chaque fois que je me disais que les choses ne pouvaient pas empirer, ce monde me prouvait le contraire, je commençais à en avoir vraiment assez de subir les événements sans être capable de riposter !

La chose dans le noyau commença à s’agiter et on pouvait maintenant discerner qu’il s’agissait d’un dragon grâce à ce qui ressemblait à des ailes et à un long corps serpentin.

Soudain, la sphère vola en éclat, libérant la chose. Elle était…terrifiante…Longue de plus de quinze mètres, blanche comme un linge, parcourue de veines violettes sur tout le corps. Ses griffes devaient au moins faire la taille d’un homme et ses ailes de chauve-souris lui donnait une envergure quasiment égale à celle de Darkness. Mais le pire était sa tête : Deux longues cornes partaient vers l’arrière avant de se courber vers l’avant de son crâne fin et triangulaire…

De sa bouche sortait une épaisse fumée grisâtre et sa respiration saccadée suffisait à me mettre mal à l’aise…

Même Hélios se ressaisit devant cette créature des enfers, comprenant certainement qu’il ne fallait pas la prendre à la légère.

Cependant, alors que le monstre allait passer à l’attaque, le sol de la grotte se remit à trembler et la jeune femme écarquilla les yeux, interdite.

Toute la structure fut ébranlée par cette secousse. Les amphores s’écrasèrent sur le sol, de la poussière tomba depuis la voute en même temps que des gravats et des rochers de petite taille.

Notre premier réflexe fut de nous retourner vers Hélios mais il n’avait pas bougé d’un pouce et n’était même pas entouré de cette aura sombre qu’il arborait lorsqu’il activait ses pouvoirs.

« Qu’avez-vous fait ?! Hurla l’inconnue.

-Rien du tout ! Je vous le jure ! S’exclama Marie en se blottissant dans les bras de Darksky, effrayée. »

Ne croyant pas une seule seconde la jeune fille, Alice ordonna à son Spiritual de cracher une rafale de flammes violettes dans notre direction. Angéla s’interposa et bloqua l’attaque, non sans difficulté mais le dragon immaculé ne renonça pas et le flot redoubla d’intensité.

« Les gars, un coup de main serait le bienvenu…Grimaça la blonde dont le bouclier commençait déjà se fissurer. »

Sans se faire prier davantage, Darksky s’élança à l’assaut du reptile géant, prêt à lui lacérer le cou. Néanmoins, son attaque se solda par un échec cuisant lorsque le dragon le repoussa d’un simple revers de queue, comme une vache repousse une mouche trop agaçante.

Le garçon alla s’écraser sur le parterre de fleurs dans une pluie de pétales nacrés, étourdi par cette riposte. Mais ce ne fut qu’au moment où l’écran lumineux d’Angéla céda et que la jeune fille ne fut à son tour projetée en arrière que je commençai à réellement m’inquiéter pour notre survie.

Ce Spiritual possédait une puissance phénoménale. J’ignorais s’il atteignait le niveau d’Apophis, ou même de Darkness… Mais il était de loin le plus puissant esprit que nous ayons eu à affronter jusque-là.

Soudain, le monstre tourna son regard vers moi et je me figeai. Darksky et Angéla avaient été mis au tapis en un claquement de doigt…et apparemment, c’était à mon tour d’y passer…A l’exception que moi, je n’avais aucun pouvoir pour me protéger.

Avec un rugissement furieux, Naga se jeta sur moi, prêt à me dévorer, me transpercer ou me brûler sur place, je m’en fichais. Je fermai les yeux espérant simplement pouvoir encaisser le coup sans y perdre un organe vital.

Cependant, j’attendis le coup…mais celui-ci ne vint jamais. Je rouvris donc timidement les yeux et là, je pus voir que le dragon s’était arrêté à quelques centimètres de moi tandis que sa propriétaire me regardait avec des yeux exorbités.

Je ne compris pas immédiatement la raison de cet effarement jusqu’au moment où je remarquai que le sceptre Héqa que je portais autour du cou s’était mis à rayonner d’une intense lumière.

« Cet objet…C’est moi qui l’ai envoyé à ma mère…Murmura Alice, blême.

-Ou…Oui, et c’est elle qui me l’a confié aussi, bégayai-je, tremblant mais tentant de paraitre confiant alors que des crocs de dragons aussi long et aiguisés que ceux d’un tyrannosaure se trouvaient à moins d’un mètre de mon visage.

-Elle te l’a…confié ? Répéta-t-elle, toujours sur ses gardes. Mais alors, tu dois être…

-Je suis Drago, oui. Et maintenant que cela est dit…est-ce que tu pourrais éloigner ton lézard de moi ? Je ne suis pas très à l’aise en sa présence… »

De dragon, non sans grogner, retourna auprès de sa maitresse pendant qu’Angéla et Darksky se relevèrent, toujours sonnés par les coups qu’ils avaient encaissés.

« Que faites-vous ici ? Finit par dire la fille de Violet, désormais plus calme mais toujours sur la défensive. Ma mère m’a dit que vous étiez censés vous rendre au Caire. Comment avez-vous atterri dans les ruines d’Héliopolis ?

-Les…Les ruines d’Héliopolis ?! S’étrangla Darksky.

-Alors c’était bien ça que j’avais senti tout à l’heure…Murmura Marie. Nous sommes dans le tombeau de Celestia, n’est-ce pas Hélios ? »

En entendant ce nom, le roi lâcha un long soupir avant de plonger à nouveau son regard vers le sarcophage doré.

« C’est exact, dit-il d’une voix lasse. Nous sommes ici dans les ruines de ce qui fut autrefois mon royaume, et celui de ton père, Drago.

-Le…Le royaume de mon père ? Répétai-je, pensant avoir mal entendu.

-Je suis étonné de voir que des archéologues aient réussi à retrouver la trace de la sépulture de Celestia, reprit-il sans me répondre. Je pensais l’avoir entourée d’un champ protecteur suffisamment puissant pour éloigner et berner les intrus.

-C’est justement ce champ qui a trahi sa présence, enchaina Alice. Tout cela, c’est grâce à Nâga, mon Spiritual génétiquement modifié et conçu spécialement pour traquer l’énergie noire qui a englouti Tokyo, il y a vingt-cinq ans. »

Au même moment, le dragon pâle s’agita. Il grogna furieusement et leva la tête vers la voute tandis que le cristal sur sa poitrine se mit à luire d’une lueur sombre et inquiétante. Le visage d’Alice blêmit et elle recula d’un pas, affolée.

« Non…C’est impossible ! S’exclama-t-elle d’une voix tremblante. Hélios…Hélios est ici, alors comment…

-Un problème, Alice ? S’étonna Masamune.

-Nâga vient de détecter une puissante énergie au Caire. Une énergie semblable à celle ayant provoqué le Purple Requiem…

-Sawyer…Déclara Hélios, ayant soudain perdu toute sa nonchalance. Ce type…Je lui avais ordonné de ne pas agir sans moi… »

Sans nous laisser le temps de dire quoique ce soit, Hélios invoqua son Spiritual, Atoum. Le dragon d’or et de lumière déploya ses ailes et s’envola avec Hélios en transperçant la voute de pierre comme si elle n’existait pas.

Mon cœur s’accéléra et je lançai un regard inquiet à Angéla et Darksky qui me le rendirent.

Nous ne perdîmes pas une seconde de plus. Alice nous somma de nous accrocher à son dragon et, tout comme Hélios, nous passâmes au travers de la pierre illusoire pour ressortir dans le désert, à quelques pas à peine de l’avion laissé sur place.

Je ne cherchai même pas à comprendre le pourquoi du comment, d’autant plus que quelque chose de bien plus inquiétant attira mon attention.

Le soleil chaud et brûlant du désert avait disparu derrière une mer de nuages noirs, tourbillonnant autour d’un point au loin. Le vent s’était levé et avait créé une véritable tempête de sable qui m’obligeait à me protéger le visage si je ne voulais pas mourir asphyxié. Il était d’ailleurs tellement puissant que j’avais du mal à rester sur place. J’avais l’impression de pouvoir être emporté à tout moment comme une vulgaire brindille.

Tout autour de nous, le sifflement du vent portait avec lui une sorte de mélodie, un sifflement aigu et strident, ressemblant presque à un chant humain.

Mais le plus effrayant était certainement cette colonne de lumière mauve qui perçait à travers les nuages d’orage et de laquelle s’échappaient des éclairs pourpres.

En voyant cela, le regard de Masamune se teinta d’un voile de terreur et il recula, tremblant de tous ses membres, le visage livide tandis qu’une expression d’effroi déforma son visage.

« Non…Cette colonne de lumière…ce son…Pas encore…Je ne veux pas revivre ça une seconde fois…Lâcha Masamune d’une voix déformée par la peur. »

Soudain, au milieu de cette colonne de lumière un éclair mauve frappa la terre et illumina les ténèbres. Le sol trembla, le vent se déchaina et nous fûmes aveuglé par cet éclat mortel.


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Lorsque je recouvrai la vue, un mur de fumée grisâtre s’élevait haut dans le ciel et mon cœur s’arrêta soudain devant ce qui venait d’apparaitre au loin.

Angéla se couvrit la bouche de ses mains tant elle était abasourdie et effrayée, Marie se blottit contre son frère qui la prit dans ses bras, tout aussi terrifié que la blonde. Masamune fut comme vidé de ses forces et tomba à genoux, impuissant. Le dragon d’Alice rugit alors que son cristal scintillait de mille feux et Hélios, lui, regardait la scène, les dents serrés et le visage crispé.

Au loin, une créature immense avait surgi de nulle part et se mouvait lentement, faisant trembler la terre à chacun de ses pas. Elle devait se trouver à une dizaine de kilomètres et pourtant, je pouvais apercevoir ses traits aussi bien que ceux de Nâga qui n’était qu’à deux mètres de moi.

Un corps félin, des ailes aviaires et incandescentes, et un visage quasiment humain. Un sphinx…Un sphinx titanesque, bien plus impression qu’Apophis ou Drakon, avait surgit du néant. Il était entièrement recouvert d’une armure sombre tandis qu’une aura de ténèbres s’échappait de lui. A chacun de ses pas, le sable s’embrasait, laissant une longue trainée de flammes violettes sur son passage.

« Le Sphinx de Gizeh…Sawyer…Tu as osé le réveiller…Cracha Hélios, sur le point d’exploser.

-ça a commencé…Murmura Alice. Le second mouvement du Purple Requiem… »





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le bon temps…

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